Décès suspect de l’étudiante Julieta Ferminho de l’UPC : Kabange accuse l’hôpital du Cinquantenaire

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Hôpital du cinquantenaire à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John BompengoLe ministre de la Santé Publique, Félix Kabange, a dévoilé, lors de la plénière du vendredi 8 mai 2015 à l’Assemblée nationale, le rapport de la commission qu’il avait instituée pour élucider les circonstances du décès, le 15 février 2015, de l’étudiante Julieta Ferminho de l’UPC (Université Protestante au Congo). C’était en réponse à la question orale sans débat lui adressée par le député national Emery Okundji. 

On rappelle que cette étudiante, de nationalité angolaise, épouse d’un diplomate angolais en poste à Kinshasa, régulièrement inscrite en 3me graduat à la faculté de Droit, avait été reçue en consultation à l’hôpital du Cinquantenaire, avant d’être transférée en catastrophe à l’hôpital Ngaliema Center où elle avait tiré sa révérence.

Dans son exposé, le ministre de la Santé a révélé, sur la base du rapport de la commission technique instituée à sa demande, laquelle comprenait des délégués de son ministère, de l’Ordre national des Médecins, du Parquet général de la République… que la patiente avait succombé à la suite d’une insuffisance rénale due à une intoxication, provoquée par l’administration d’un produit alcalin, dont la nature reste à déterminer. A ce sujet, les enquêtes se poursuivent encore.

            Selon le même rapport, aucune trace de formol n’avait été trouvée dans le corps de la victime. Le patron du ministère de la Santé Publique a déclaré que la thèse de l’absorption, par erreur, du formol par la victime, soutenue par des responsables de l’hôpital du Cinquantenaire, n’était qu’une machination, pour étouffer la vérité.

            Eu égard à tout ce qui précède, Félix Kabange Numbi a souligné que le gouvernement est interpellé pour revoir son partenariat avec l’hôpital du Cinquantenaire, supposé répondre aux standards internationaux et être l’un des mieux équipés de l’Afrique Centrale.

            Dans sa conclusion, l’auteur de la question orale sans débat, Emery Okundji, a déploré le fait que l’hôpital du Cinquantenaire, pour lequel l’Etat congolais avait déboursé 100.000.000 de dollars, donne l‘image d’un éléphant blanc.

            Tout en rappelant que lors de son inauguration, le gouvernement avait promis son accès à toutes les couches sociales, pour des soins de haute qualité, l’élu de Lubefu a fustigé le fait que jusqu’à ce jour, la facture d’une intervention chirurgicale  est fixée à plus de 4.000 dollars, ce qui est loin d’être à la portée des bourses modestes. Quant à la qualité des soins, tout le monde constate, au fil des mois, qu’elle laisse à désirer, cette formation médicale étant passée spécialiste des transferts des malades vers d’autres centres de santé de standing présumé inférieur.

            Il a également dénoncé le transfert de feu l’ancien gouverneur de l’Equateur, Alphonse Koyagialo en Afrique du Sud, après son admission à l’hôpital du Cinquantenaire, alors que le ministre de la Santé avait soutenu, dans son discours d’inauguration de ce centre médical, que celui-ci était doté d’équipements ultra-modernes et d’un personnel hautement qualifié, ce qui devait mettre fin au phénomène des transferts des Congolais à l’étranger à bord d’avions médicalisés et permettre au trésor public congolais de faire d’importantes économies de devises étrangères.

            Emery Okundji a accusé le corps médical expatrié de l’hôpital du Cinquantenaire, majoritairement indien, de ne parler aucune langue nationale congolaise, ni le français élémentaire, ce qui complique le dialogue entre médecins et patients au moment des consultations.

            Pourtant, les médecins congolais qui émigrent vers l’Afrique du Sud, sont soumis à l’apprentissage de la  langue anglaise, avant d’intégrer  l’ordre des médecins sud-africains.

            Pour conclure,  ce député national a condamné, avec fermeté, des voies de fait commises sur la personne du ministre de la Santé publique par un médecin indien, responsable de l’hôpital du Cinquantenaire, en toute impunité. A son avis, pareil acte a consacré la désacralisation de la fonction de ministre en République Démocratique du Congo.

ERIC WEMBA