Décentralisation : la Cenco déblaie le terrain

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cenco-cardinal-et-eveques-rdcC’est le samedi 20 juin 2015 que la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), à travers sa commission Justice et Paix (CEJP/Kinshasa),  a clôturé la campagne de formation de 26 animateurs des comités locaux de gouvernance participative (CLGP), qui étaient déployés dans les communes de districts du Mont-Amba et de la Funa. Il s’agit des communes de Matete, Lemba, Ngaba, Limete, Mont-Ngafula, Kisenso, Bandalugwa, Makala, Selembao, Bumbu, Ngiri-Ngiri, Kasa-Vubu et Kalamu.

« Appropriation du processus de décentralisation par la population en vue da sa participation active au développement local intégré et durable», tel était le thème central de cette campagne de vulgarisation.  En clair, la finalité de cette campagne de sensibilisation entamée depuis le mois de mars 2015 était de rendre le processus de décentralisation plus opérationnel et mieux partagé et ainsi contribuer à améliorer les conditions de vie et à réduire en perspective la pauvreté des populations à la base, dans les provinces et  entités territoriales décentralisées de la RDC.

Il convient de signaler que c’est à travers cinq agglomérations de la RDC (Kinshasa, Kisangani, Goma, Butembo- Beni et Bunia) que la CENCO, à travers sa commission Justice et Paix, avait lancé cette campagne. Seuls les animateurs de la province de Kinshasa ont terminé leur travail sur terrain. Par contre ceux de Butembo … sont encore en train de travailler.

A l’issue de cette séance de clôture, les participants ont recommandé à la population de s’acquitter de ses obligations fiscales pour permettre un bon fonctionnement des entités territoriales décentralisées, de mener le plaidoyer pour l’organisation des élections locales, mettre en place des mécanismes citoyens de monitoring de la décentralisation au niveau local, contribuer à la promotion d’une bonne gouvernance locale par sa participation, mener le plaidoyer pour la révision de la nomenclature des taxes, exiger la quittance en contre partie de la paie d’une taxe, veiller au respect de compétences fiscales dévolues à chaque entité par les textes réglementaires.

En ce qui concerne les bourgmestres, ils leur est recommandé de reconnaitre les comités locaux de gouvernance participative  comme des partenaires dans le processus de la bonne gouvernance participative et de la décentralisation, de s’activer pour les itinérances dans les communes reconnues dans leurs fonctions, mobiliser les ressources par le partenariat public-privé et de les utiliser avec efficience et efficacité, de présenter leurs projections à la communauté.

À la cellule d’Etat à la décentralisation et aux affaires coutumières, il est recommandé de mener une action de plaidoyer auprès du gouvernement pour la prise en compte de toutes les recommandations formulées à l’issue de cette tribune d’expression populaire, contribuer à promouvoir leur appropriation par tous les acteurs du processus.

Au gouvernement, il est demandé de revoir la nomenclature des taxes en octroyant aux entités territoriales décentralisées des taxes conséquentes à leur autonomie financière et à la réalisation de leur plan de développement, appliquer effectivement les textes réglementaires relatifs  à la décentralisation, en respectant les attributions et compétences des acteurs clés dans le processus, accélérer la mise en œuvre des lois votées et promulguées par la prise des mesures d’application réglementaires adéquates, permettant aux provinces de disposer des ressources nécessaires au fonctionnement.

Et au Parlement, d’accélérer le processus de l’adoption des textes législatifs en chantier relatifs à la décentralisation.

L’aumônier diocésain de la commission justice et Paix de Kinshasa, Romain Nyanga, a indiqué que l’implication et l’engagement de l’église dans l’accompagnement des communautés se justifie par le fait qu’elle contribue à la promotion et à la dignité de la personne humaine, de toute sa personne, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu.

Il a soutenu que le processus de décentralisation n’est pas connu par les citoyens congolais. Ils sont dans une totale ignorance des lois de leur pays.

 

Le chargé des projets CDJP/Kinshasa (commission diocésaine Justice et Paix, Samuel Ntumba, a l’état des lieux. Il a martelé que c’est un mode d’organisation et de gestion par lequel l’Etat transfert une partie de ses pouvoirs, des compétences, des responsabilités et des ressources aux provinces et aux entités territoriales décentralisées. Ce nouveau mode de gestion présente des enjeux et défis énormes pour sa réussite.

Murka