De nouveaux leaders et de nouveaux outils peuvent transformer la lutte contre le paludisme

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On se souviendra du sommet de l’Union Africaine de cette semaine pour son courage. Quelques semaines seulement après une attaque terroriste dévastatrice à Kampala, l’Union Africaine s’est malgré tout réunie dans la capitale de l’Ouganda pour débattre de nos priorités les plus urgentes. L’attentat encore présent dans nos esprits et avec quelques jours de discussions devant nous, il est enthousiasmant de voir que les chefs d’Etat africains trouvent le temps, en cette période, de participer aux sessions de la récente Alliance des Dirigeants Africains contre le Paludisme (ALMA, African Leaders Malaria Alliance).  

ALMA est un groupe qui se consacre à trouver de nouvelles solutions aux problèmes du paludisme et s’est engagé à faire de réels progrès dans la lutte contre cette maladie à l’aide de tous les outils existants dans la communauté internationale, tels que les moustiquaires, la pulvérisation résiduelle intra-domiciliaire et des médicaments de haute qualité. Nous devons aussi penser à de nouveaux outils tel que le vaccin qui pourrait compléter les interventions actuelles. Lors des dernières décennies, les services de vaccinations et d’immunisations ont été essentielles  dans l’amélioration de la santé en Afrique. Tous ceux dont l’enfant a souffert de paludisme – et rares sont ceux qui, parmi nous, n’ont pas été touchés par cette maladie – peuvent mesurer ce qu’un vaccin antipaludique signifie.

Il y a plusiers années, quand j’ai commencé à travailler dans un laboratoire pharmaceutique, un vaccin antipaludique n’était qu’un rêve lointain. Mais aujourd’hui, les essais cliniques du candidat vaccin le plus avancé sont en phase III dans sept pays d’Afrique. Ce candidat vaccin, appelé le RTS,S , est le produit de nombreuses années de collaboration. Il a vu le jour, il y a vingt ans dans les laboratoires de GlaxoSmithKline et a été testé ces dix dernières années par d’éminents chercheurs africains en partenariat avec Path Malaria Vaccine Initiative (MVI, Initiative pour un vaccin contre le paludisme). Pour cet essai clinique décisif, 10 000 nourrissons et enfants en bas âge ont été recrutés au Burkina Faso, au Gabon, au Ghana, au Kenya, au Malawi, en Mozambique et en Tanzanie. 

La longue aventure du candidat vaccin touche bientôt à sa fin. Les résultats des essais cliniques ont constamment montré que le RTS,S a un profil d’innocuité acceptable et peut réduire le risque de paludisme de moitié chez les enfants vivant dans les régions endémiques de l’Afrique subsaharienne.  Les études cliniques ont aussi montré que le RTS,S peut aussi être administré en même temps que d’autres vaccins standards reçus par les enfant, tels que les vaccins contre le tétanos, la diphtérie, la coqueluche, l’hépatite B, la polio et la rougeole. La base de données de l’essai clinique de phase III sera disponible en fin d’année prochaine. Si tout se passe bien, l’introduction du RTS,S pour les enfants pourrait commencer dans les cinq ans à venir. 

Un candidat vaccin est maintenant à l’horizon, il est temps de préparer son introduction, car cinq ans sont vite passés. Les partenaires doivent se mobiliser et nous devons commencer à penser à la manière de garantir l’accès au RTS,S à ceux qui en ont le plus besoin: les enfants d’Afrique. 

On pourrait engager le processus en mobilisant des groupes comme l’ALMA et des organisations internationales telles que le Roll Back Malaria Partnership et le Fonds Mondial qui, ces dix dernières années, ont aidé à financer et à introduire les meilleures interventions contre le paludisme. L’ALMA est conscient que les responsables politiques devront dessiner un cadre décisionnel et devront aussi renforcer le système de santé national de sorte que, le jour venu et si approprié, le vaccin antipaludique soit utilisable conjointement avec les moyens déjà existants la lutte contre le paludisme et les programmes de vaccination. Cela implique de tout renforcer, des infrastructures au système de distribution jusqu’à la formation des travailleurs de la santé pour administrer un nouveau vaccin. Ces efforts peuvent se baser sur les travaux en cours d’autres nouveaux outils, tels que les vaccins contre le rotavirus et contre le pneumocoque. 

De notre côté, GSK fait tout son possible pour garantir que le prix du vaccin RTS,S ne soit pas une barrière à son adoption. Cette année, notre PDG Andrew Witty a ainsi annoncé que GSK vendra le RTS,S au prix coûtant avec une faible marge bénéficiaire de 5% , marge qui sera directement réinvestie dans la recherche pour la prochaine génération de vaccins antipaludiques ou pour le développement de vaccins de maladies négligées. Cette approche devrait garantir la poursuite des investissements des compagnies pharmaceutiques dans la recherche de vaccins similaires. Pour développer la recherche contre des maladies telle que le paludisme, GSK croit aux grandes collaborations et a ainsi décidé de mettre à la disposition des chercheurs du monde entier sa bibliothèque de composés pharmaceutiques antipaludéens. 

Partout dans le monde, des pays, des organismes multilatéraux, des ONG et des chercheurs sont résolus à faire progresser la lutte contre le paludisme.  ALMA est un excellent exemple de ce que l’on peut réaliser lorsque l’on travaille ensemble au plus haut niveau. Dans les années à venir, alors qu’on se rapprochera de la mise en place du candidat vaccin, j’espère qu’ALMA et ses amis pourront se réunir à un autre sommet de l’Union Africaine pour discuter de nouvelles interventions tel que le RTS,S si les résultats de la phase III confirment les études à ce jour. Nous devons commencer à travailler ensemble dès maintenant pour nous assurer que l’Afrique est prête à accueillir un vaccin. Un jour, nous pourrions avoir les moyens de sauver beaucoup plus de vies et changer définitivement la dynamique de la lutte contre le paludisme. 

(PAR MADIKE SEYE, VICE-PRÉSIDENT POUR L’AFRIQUE, GLAXOSMITHKLINE)

 

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