De Mitendi à Mpasa : le grand flou !

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Mercredi 02 juin, c’était déjà le flou autour de la disparition brutale et douloureuse de Floribert Chebeya, Directeur Exécutif de la « Voix des Sans Voix ». En effets, des détails troublants faisaient partie du décor de la découverte de son cadavre : site de Mitendi, voiture intacte, mains menottées, pantalons et culotte descendus jusqu’au niveau des genoux, préservatifs, mèches féminines…Alors qu’on cherchait à savoir comment la victime, qui ne savait pas conduire, s’était retrouvée avec sa voiture à Mitendi, à l’extrême Ouest de Kinshasa, pourquoi avait-elle les mains liées, que d’où provenaient les préservatifs et les mèches féminines qui traînaient à ses côtés…la découverte du corps inanimé de son chauffeur, Fidèle Bazana à Mpasa, à l’extrême Est de la ville, a provoqué le grand flou.

Les interrogations ne font que s’entrechoquer dans les esprits : qui a tué Chebeya et son chauffeur ? Où et quand ? Ont-ils été exécutés le même jour et parmi les mêmes bourreaux ? Pourquoi a-t-on jeté le corps de l’un à Mitendi et celui de l’autre à Mpasa, à pratiquement une centaine de kilomètres l’un de l’autre ? Que serait parti chercher Chebeya nuitamment à Mitendi, dans sa voiture, lui qui avait horreur de tenir le volant ? Par quel miracle le chauffeur Fidèle Bazana s’est-il retrouvé à Mpasa, au-delà de l’aéroport de Ndjili, loin de son patron et sans la voiture qu’il avait l’habitude de conduire ? Qui avait lié les mains de Chebeya, placé des préservatifs et des cheveux artificiels féminins à côté de son cadavre ?

Les questions sont tellement nombreuses et sans réponses qu’à force de se les poser, on finit par perdre son latin. Le mystère de la mort de Chebeya et de son chauffeur est donc là, en gros plan. Mais, de l’avis de nombreux observateurs, une chose est désormais certaine : on est en face d’un crime planifié. Hélas, le scénario de leur liquidation physique pue l’amateurisme, car il laisse des zones d’ombres qui exigent d’être absolument éclairées.

Ce double crime qui trouble tant les consciences à Kinshasa, en provinces comme en dehors du pays, a laissé des indices tels que les enquêteurs ont la lourde charge de ne pas se tromper ni de piste, ni de cible. Tout le monde est curieux de connaître le mobile de la « convocation » ou « invitation » de Chebeya à l’Inspection Générale de la Police Nationale, à l’office du général Numbi. On aimerait savoir quel rôle a joué le mystérieux nommé « Michel » dans le rendez-vous manqué entre la victime et le numéro un de la Police Nationale Congolaise.

Par ailleurs, avant de couper tout contact avec son épouse et ses enfants, Chebeya aurait expédié des curieux messages téléphoniques à sa petite famille, non signés ni codés. Qui en serait le véritable rédacteur et auteur ? Pourquoi, ce père et mari tranquille, qui n’avait pas coutume de s’attarder en chemin aussitôt son boulot terminé, se serait-il offert une interminable balade mardi soir, entre 17 H 30 et 21 h00, avec une escale suspecte du côté de l’UPN ?

Les Kinoises et Kinois, les Congolaises et Congolais, les expatriés veulent savoir… ils veulent connaître la vérité. Ils refusent que l’assassinat de Chebeya ne révèle pas ses secrets. Le gouvernement a pris l’engagement de secouer tous ses services spéciaux dans le souci de faire éclater la vérité et d’évacuer la peur qui habite désormais de nombreux concitoyens. L’inspecteur provincial de la police ville de Kinshasa a promis que ses services vont faire tout leur possible pour traquer les auteurs de l’odieux crime. On attend.                       

    Kimp.

 

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