De la caravane du cinéma mobile fait tabac au Sankuru

0
68
La 7ème édition de la Caravane de cinéma mobile pour le Sankuru a vécu. Organisée dans le cadre du projet Cinétoile initié par Africalia, avec l’appui de l’Union Européenne, le Festival de la région de Lubefu a été prolifique à plusieurs titres. Envers le public, d’abord, qui a savouré  cinq films issus de l’univers cinématographique de l’espace francophone et anglophone, partenaires dans le Projet Cinétoile. Leurs thématiques étaient partagées entre l’histoire de l’Afrique, les conflits Nord/Sud, la ville et le village, entre la tradition et la modernité… 
            Il s’agit, entre autres, des films « Lumumba » de Raoul Peck, « Samba Traoré » d’Idrissa Ouédraogo, « Maa Saah Sah » de Daniel Kamwa, « Héritage Africa » de Know P. Ansah et « From a whisper » de Wanuri Kahiu. 
            Les organisateurs soulignent dans un rapport-bilan: « Toutes les projections ont rencontré un fort succès, notamment dans les localités de Shenga et de Mukundji où la Caravane assurait pour la première fois des projections. Le jeune public a été partout au rendez-vous mais les adultes ont été également très intéressés par les projections. De même les autorités locales ont assisté avec plaisir aux soirées, soulignant lors de leurs interventions l’importance de cette initiative pour le combat contre l’exode rural et pour le développement de la population villageoise dans cette région excentrée. Certaines soirées se sont prolongées jusque très tard dans la nuit, permettant la projection de  deux longs métrages, ainsi que de courts métrages. Les soirées se sont terminées par un programme musical. »
 
            Selon Jean Michel KIBUSHI NDJATE WOOTO, Administrateur Délégué, Coordinateur du Studio Malembe Maa,  le bilan de la 7ème édition est largement positif. En amont de la 7ème édition de la Caravane  de Cinéma Mobile pour le Sankuru, le Studio Malembe Maa a organisé le 22 juin à Kinshasa un colloque intitulé « La Problématique des politiques culturelles : Cas du Cinéma en RDC ». Cette rencontre a permis l’analyse des maux qui rongent la diffusion et la promotion du cinéma en République Démocratique du Congo. Au-delà de l’état des lieux, des propositions et des stratégies liées à la problématique de la diffusion du cinéma tant en milieu urbain que rural ont été formulées.
 
             Cette édition a également été marquée par la mise en service de l’Espace Culturel à Lubefu, siège de l’association qui est dorénavant le point de départ pour les projections dans le sud du Sankuru, Tshumbe restant la deuxième entité dotée de matériel. 
Malgré les conditions difficiles sur terrain, l’équipe organisatrice explique. En effet, le générateur étant en panne, un accord était passé avec l’antenne locale de Vodacom pour permettre l’obtention de l’électricité afin d’organiser les projections sur le parvis de la cathédrale de Tshumbe. A Lubefu, une nouvelle équipe locale très motivée a été formée. Elle assurera les projections tout au long de l’année de manière hebdomadaire. »
 
            Selon toujours le rapport : « Tout le matériel de projection fourni par Africalia dans le cadre du projet Cinétoile a été acheminé par avion de Kinshasa à Tshumbe, puis par vélo de Tshumbe à Lubefu (150 km). Malgré ce long périple, tout le matériel est arrivé en bon état à destination. Nous avions pris la précaution de fabriquer des caisses capitonnées en bois pour acheminer le matériel. »  
 
            Un partenariat scolaire efficace Initié en son temps entre des établissements scolaires de Lodja, un collège de Bischwiller (France) et un lycée de Rastatt (Allemagne) tient la route. « Du matériel de projection est mis à disposition de l’équipe enseignante du Lycée Lokenye de Lodja afin d’assurer des projections scolaires et de former les jeunes à l’analyse filmique. L’école primaire de Gambsheim (France) s’est associée au projet et a réalisé avec les élèves de Lodja un travail sur la thématique de l’eau. La transmission des informations, documents pédagogiques, etc. reste difficile en raison de l’inexistence du service postal dans le Sankuru. Néanmoins les documents écrits par les élèves ont pu être échangés à plusieurs reprises dans l’année. De même, l’échange électronique reste difficile à envisager, étant donné qu’il n’existe que 4 postes de contact internet dans tout le Sankuru (2 à Lodja, 2 à Tshumbe), difficilement  accessibles aux particuliers, enseignants ou élèves (tarifs prohibitifs). L’existence de réseaux téléphoniques a permis un contact entre les enseignants responsables du projet. » 
 
Des perspectives d’avenir
 
            L’Asbl Studio Malembe Maa a pour priorité de de pérenniser le projet et de mieux le structurer localement en vue de multiplier les projections tout au long de l’année et de contribuer ainsi à la promotion du film d’auteur africain dans les zones rurales et à l’ouverture culturelle de la population… Un partenariat vient d’être mis en place avec SESAM (Services pour l’Education, les Savoirs et l’Appui à la Maîtrise et à l’usage du français), projet de la Coopération Franco-Congolaise. L’Espace Culturel de Lubefu permettra la création d’un centre de lecture et de documentation pour les enseignants et les élèves. Les projections de films d’auteurs serviront de soutien au travail pédagogique de Maîtrise de la langue française. L’ingénierie pédagogique sera mise en place par le Studio Malembe Maa…
            En somme, les 7 partenaires du Cinétoile sont : CNA Mali-Burkina Faso, Lola Screen Kenya, Amakula Uganda, ZIFF Tanzanie, Red Flag Afrique du Sud, International Video Fair Trust Zimbabwe. Il reste que le Gouvernement congolais et les autorités locales puissent réellement s’impliquer dans cette manifestation qui vend la visibilité positive de la RD Congo. 
 
                  Eddy Kabeya

LEAVE A REPLY

*