Pas de bouc émissaire au banc des accusés !

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Les observateurs ont l’impression, après l’interminable bras de fer entre la CENI et l’Opposition au sujet de la « pollution » du fichier électoral avec la présence de plus de 10 millions d’électeurs sans empreintes digitales, de la machine à voter, de l’opacité de la cartographie des bureaux de vote, de la non publication des listes des électeurs, de l’invalidation de certains candidats à la présidentielle…que le pouvoir en place était à la recherche d’un bouc émissaire. Pendant un temps plus ou moins long, l’Opposition et la Société civile  paraissaient répondre au profil, suite à leur rejet catégorique de la machine à voter et leur exigence formelle des bulletins-papiers.

 

Tout portait à croire qu’on s’acheminait vers le boycott des élections, ce qui n’était pas pour déplaire à la famille politique du Chef de l’Etat, qui voyait s’ouvrir devant elle un large « boulevard » pour son candidat à la magistrature suprême. Le premier grain de sable, dans l’engrenage, était venu de l’UDPS, dont le staff avait décidé, peu après le dépôt de la candidature de son leader, d’aller aux élections avec ou sans la machine à voter.

Selon les responsables de ce parti, il fallait mettre la CENI à l’épreuve pour savoir si elle allait réellement tenir la date du 23 décembre 2018.

Personne n’ignore le tollé soulevé, dans le camp de l’Opposition, par une prise de position assimilée, alors, à une collusion avec le pouvoir en place, sur fond de prébendes libellées en millions de dollars américains. Mais, à une semaine des scrutins, la coalition « Lamuka » a fini, à son tour, par rejoindre l’UDPS, même si elle a tenu à nuancer sa position en insistant sur le comptage manuel des bulletins de vote.

Comme si le scénario du boycott était déjà intégré dans le plan de travail de la CENI, le revirement du camp de Martin Fayulu, a installé un terrible malaise du côté du pouvoir. Tout le monde pressentait, à travers l’accident d’un véhicule transportant des kits électoraux sur la route de Bandundu, l’incendie du dépôt central de la Ceni à Kinshasa, l’attaque avortée de son dépôt par les Mai-Mai à Beni, le destruction de toute la logistique électorale à Yumbi (province du Mai-Ndombe), l’impossibilité d’accès à plusieurs de ses antennes sous le contrôle des forces négatives en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, la suspension de la campagne électorale pour la présidentielle à Kinshasa… que le report des élections était en l’air.

A défaut de faire porter le chapeau à l’Opposition, le pouvoir en place est contraint de s’accrocher aux « pyromanes » non identifiés pour leur imputer l’impasse technique du processus électoral. Mais, est-elle sûre de surmonter, en l’espace d’une semaine, les obstacles logistiques sans nombre qui se présentent encore à elle dans un pays sans routes et sans électricité, où les forces négatives n’ont pas encore dit leur dernier mot ?

Kimp

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