DC : 2 milliards Usd perdus en 2014 à cause de la malnutrition

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L’atelier de validation des données de l’étude sur le coût de la faim en RDC s’est clôturé hier mercredi 14 décembre 2016 au cercle Elaeis, dans la commune de Gombe, en présence du directeur-pays du Programme Alimentaire Mondial (PAM), Claude Jibidar, du représentant du PAM auprès de l’Union Africaine, Thomas Yanga et de la représentante de la Commission de l’Union Africaine, Janet Byaruhanga.
 
L’étude sur le coût de la faim en RDC est une initiative de l’Union Africaine et du Nouveau Partenariat pour l’Afrique (NEPAD), appuyée par le Programme Alimentaire Mondial et mise en œuvre par une équipe pluridisciplinaire composée de plusieurs ministères. Elle vise à quantifier les impacts sociaux et économiques de la sous-nutrition infantile dans trois domaines : la santé, l’éducation et la productivité.
Réalisée par une équipe technique composée d’experts venus de la Primature, des ministères du Plan, de l’Agriculture, de la Santé, de l’EPS et de la Femme, Famille et Enfant, de l’Ecole de Santé Publique de l’ISTM/Kinshasa ainsi que du PRONANUT (Programme national de nutrition), elle révèle que la République Démocratique du Congo a perdu 4,56 pourcent de son produit intérieur brut en 2014 du fait de la sous-nutrition. Ce qui représente près de deux milliards de dollars américains de pertes.
En terme de statistiques, l’étude montre également que :
– 43% d’enfants en RDC continuent de souffrir d’un retard de croissance ;
– plus de 4 millions d’épisodes de maladies sont dus à la sous-nutrition ;
– 49,8% d’adultes en âge de travailler ont souffert de retard de croissance ;
– 31,5% de cas de mortalité infantile sont associés à la sous-nutrition ;
– 36,8% de redoublements de classes en RDC sont associés à la sous-nutrition ;
           de pertes économiques considérables de près de 1 milliard 800 millions de dollars américains ont été engendrées par les conséquences de la sous-nutrition, soit 4,56% du Produit Intérieur Brut du pays.
            Dans son discours de circonstance, le directeur pays du PAM a indiqué que ces résultats interpellent tout le monde à agir maintenant pour éviter des pertes futures liées à la faim. Les recommandations formulées lors de cet atelier de validation des données, a-t-il soutenu, devront être consolidées dans le rapport final de l’étude, et par la suite, être intégrées dans les différentes politiques et programmes de développement de la République Démocratique du Congo.
            « Ces résultats, validés par tous, renforcent notre plaidoyer commun pour une hausse significative des investissements pour prévenir et lutter contre la faim en République Démocratique du Congo », a affirmé Claude Jibidar. Au nom du PAM, je réitère notre soutien au gouvernement de la République Démocratique du Congo dans la mise en œuvre de cette étude et je félicite l’équipe technique-pays pour le travail accompli au cours des quatre derniers mois ».
            Pour sa part, Thomas Yanga a expliqué que l’étude sur le coût de la faim en République Démocratique du Congo, comme partout ailleurs, a démontré l’ampleur et les conséquences sociales et économiques désastreuses de la malnutrition infantile. « Ces résultats sont une révélation mais aussi une interpellation pour nous tous », a-t-il souligné.
            « Beaucoup de travail nous attend encore au vu des évidences que je viens d’évoquer, et nous comptons sur votre entière collaboration en tant que points focaux de l’équipe nationale, partenaires techniques et financiers, afin de faciliter au mieux, voire participer et vous impliquer pleinement dans la réalisation de notre rêve commun pour un monde où la Faim Zéro deviendra une réalité », a indiqué le représentant du PAM à l’UA.
            Au nom de l’équipe technique des experts, Dieudonné Kwete a remercié les différents partenaires techniques et financiers, notamment le PAM et l’UA, qui ont concouru à la réalisation de cette étude, qui constitue un document dont dispose désormais la RDC pour mesurer correctement l’impact de la sous-nutrition dans le pays. Elle tombe, selon lui, à point nommé, d’autant plus qu’elle va permettre de faire le plaidoyer pour la mobilisation des ressources.
Myriam Iragi