Dans une lettre datée du 22 mai 2012 : Obama dénonce les violations des droits de l’homme en RDC

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“When innocents in places like Sudan, Syria, and the Democratic Republic of Congo are raped, murdered, or tortured, it is a stain on our collective conscience”
Lors des élections présidentielle et législatives bâclées du 28 novembre 2011 au Congo-Kinshasa, j’avais été, comme tous les congolais et leurs amis, profondément touché par l’incommensurable gâchis qui venait d’obscurcir une fois encore l’horizon d’un pays pourtant promis à un avenir meilleur.  J’étais dans une colère telle que ma réaction première était de m’adresser au Secrétaire Général de l’ONU, M.Ban ki-moon, pour dénoncer l’intolérable complicité des agences des Nations-Unies et de la Monusco dans la planification de la fraude électorale en République Démocratique du Congo.  
 
Mais après mûre réflexion, j’ai décidé d’écrire au Président Barack Obama pour exprimer mon indignation. Celle-ci était justifiée par le fait que c’est pour la deuxième fois en l’espace de cinq ans que des élections organisées au Congo ont été frappées du sceau de la fraude alors qu’au cœur du dispositif, on trouvait des citoyens américains. En 2006, William Swing, ancien ambassadeur des USA en RD Congo et Chef de la Mission onusienne dans ce pays, avait piloté un processus électoral marqué par la violence et le bourrage des urnes.  Cinq ans plus tard, c’est un autre ancien ambassadeur des USA en RD Congo et Chef de la Mission onusienne aussi, qui a autorisé le transport des millions de bulletins de vote en dehors du délai légal, contribuant ainsi au bourrage des urnes. Le peuple congolais qui avait été invité à faire un choix responsable pour donner au pays la chance de s’engager dans une bonne gouvernance, a vu ses voix détournées au profit des individus nommés par la Commission électorale de M.Ngoy Mulunda Daniel. 
 
Ces hommes ainsi nommés ne seront jamais comptables de leur action devant le souverain primaire et ne contribueront pas au relèvement du pays. C’est donc pour dénoncer tout cela que j’ai saisi, comme d’autres américains d’origine congolaise, le président Obama. Je suis heureux de constater que mon courrier a retenu sa particulière attention ainsi que l’atteste la réponse qu’il m’a réservée en date du 22 mai 2012.
 
Tout en exprimant ma joie de constater que la question congolaise préoccupe le président des Etats-Unis, je continue de formuler, ensemble avec toutes les personnes éprises de paix et de justice, l’espoir de voir cette préoccupation se traduire par des actions concrètes, allant dans le sens de la restauration de la République et de la démocratie, deux combats que les Congolais sont déterminés à remporter, pour mettre fin à l’humiliation sans bornes qui leur est infligée depuis la triste époque de l’AFDL. 
 
J’espère donc que mon effort et celui de tous ceux qui ont saisi les autorités américaines dans le même but, produiront des fruits. Tout le monde sait déjà que l’adversaire de Barak Obama à la présidentielle – le gouverneur Mit Romney – s’est prononcé en faveur de la démocratie au Congo.  Cet engagement du candidat républicain devrait pousser le candidat démocrate à mieux intégrer nos inquiétudes sur la République Démocratique du Congo dans sa vision d’une Afrique réhabilitée, débarrassée des oripeaux du gangstérisme affairiste. J’ai la conviction que nos inquiétudes seront considérées  car après tout, le Président des USA sait que nous avons aussi notre droit de vote ici. Il est bien informé de toutes les misères qui s’abattent à l’Est du Congo et sur l’ensemble de ce pays. 
 
Oui, il sait que tout ce qui se passe à l’Est du pays relève de la manipulation venue du Rwanda et des petits groupes de lobbistes. Et lorsque dans sa réponse, le président des Etats-Unis rappelle « qu’aucun pays ne devrait rester en marge du combat contre la violation des droits humains » avant de souligner que c’est « un cas de conscience de voir des innocents dans des pays comme le Soudan, la Syrie et la République Démocratique du Congo violés, assassinés et torturés », il adresse un message fort à tous les désespérés de notre pays qui doivent comprendre que dans toute lutte, ce qui compte c’est le résultat final. Unis par le sort, ainsi que le rappelle le chant de l’indépendance, les Congolais doivent maintenant plus que jamais dresser leurs fronts pour restaurer leur souveraineté mise à mal par moult agressions directes et indirectes, et mettre leurs richesses au service du pays et non des individus.
 
Vive le Congo!!!!
Long live President Barack Obama!!!. 
 
Jean Kadima-Schipa
jzpalmares@gmail.com

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