Dangereuse campagne anti-Occident en RDC

2
1086
carte rdcDepuis que plusieurs pays occidentaux, à travers leurs décideurs politiques et diplomates, se sont mis à appeler ceux qui gouvernent la République Démocratique du Congo à respecter leur Constitution en ce qui concerne la tenue de l’élection présidentielle, on assiste à une véritable levée de boucliers contre eux du côté de Kinshasa. Points de presse, éditoriaux, débats, sketches, spots, calicots, meetings diffusés en boucles dans les médias publics et ceux privés proches du pouvoir…sont mis à contribution pour répliquer à la manière du « berger à la bergère ». Cette campagne anti-occidentale a pris une ampleur insoupçonnée au lendemain de vives condamnations, par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme et plusieurs capitales occidentales, des violences des 19 et 20 septembre 2016, entièrement imputées aux autorités civiles et militaires congolaises ainsi qu’aux forces de l’ordre, à la police et aux délinquants instrumentalisés par elles.
A Kinshasa, on s’attaque indistinctement et en termes virulents aux Etats-Unis d’Amérique, au Canada, à la Grande-Bretagne, à la France, à la Belgique, à l’Allemagne Fédérale… ainsi qu’à ceux qui y détiennent le pouvoir de décision. La question que tout le monde se pose est de savoir quels objectifs poursuivent les hommes au pouvoir à Kinshasa en tenant à répondre, à tous les coups, aux observations de l’Occident sur le blocage du processus électoral congolais. S’agit-il réellement de chercher à les fragiliser ou de se donner en spectacle pour la consommation interne ?
Conseil de Sécurité, UE, FMI, BM, BAD…
            C’est le lieu de relever que les autorités congolaises prennent de gros risques en diabolisant les pays de l’Occident et leurs gouvernants, dont les avis pèsent lourdement dans des structures telles que le Conseil de Sécurité des Nations Unies, l’Union Européenne (UE), le Fonds Monétaire International (FMI), la Banque Mondiale (BM), la Banque Africaine de Développement (BAD). Le paradoxe veut que Kinshasa, qui n’hésite pas à déverser sa bile sur l’Occident à la moindre observation concernant les velléités de « glissement » du calendrier électoral, porte tous ses espoirs sur le même bloc occidental pour la défense de ses dossiers sécuritaires aux Nations Unies, de ses dossiers économiques et financiers à l’Union Européenne, au Fonds Monétaire International, à la Banque Mondiale, à la Banque Africaine de Développement…
            Au regard de tout ce que les gouvernants de la RDC racontent sur les Américains, les Canadiens, les Britanniques, les Français, les Belges, les Allemands…présentés comme les pires ennemis de la stabilité politique et économique de leur pays, vers qui vont-ils se tourner demain en cas d’agression du Rwanda ou de l’Ouganda… de quête de financement pour des projets de développement auprès des institutions financières internationales… d’épidémies (choléra, fièvre jaune, ebola, poliomyélite)…
            La question de fond est finalement de savoir si le pays dispose de reins suffisamment solides pour se passer de l’Occident et tailler tout seul son chemin en matières de défense de son intégrité territoriale, de démocratie, de progrès socio-économique, etc. Ceux qui cherchent à fermer les portes du grand Congo aux Occidentaux visent-ils leurs intérêts personnels ou le suicide collectif, tant il est démontré qu’un Etat aussi fragile que la RDC ne peut se permettre le luxe de vivre en vase clos ? Kinshasa compte-t-il sur la fameuse « Coopération Sud-Sud », qui a montré ses limites voici des lustres ? L’histoire n’a-t-elle pas montré que derrière chaque organisation politique ou économique continentale ou régionale africaine, chaque banque, chaque multinationale, compagnie aérienne… se cache la main noire de l’Occident ?
            La moralité de l’histoire est que la défense de l’indépendance et de la dignité nationale devrait tenir compte des rapports de forces avec les maitres du monde, que les Africains adorent dans la quête du pouvoir et diabolisent dès qu’il s’agit de passer la main. S’il est vraiment établi que Kinshasa ne doit rien à Washington, New York, Ottawa, Londres, Paris, Bruxelles et Bonn…cela devrait être dit à visages découverts et en termes clairs. Dans le cas contraire, ceux qui gouvernent la RDC devraient faire attention aux avertissements allant dans le sens de la recherche d’un vrai consensus pour la résolution de la crise politique au sommet de l’Etat.
                                                                                                                                    Kimp

2 COMMENTS

  1. si aujourd’hui ns peuples africains ns avons qu il faut faire les élections grâce aux occidentaux maintenant la MP veut blagué avec eux Barack Obama François hollande ns peuples de la RDC ont veut que vs envoyer vos troupes avec ns pour chassé kanambe et ses compagnons ns sommes prét pour vous aceuir

  2. Avec un Français clair, le message passe telle l’homélie lors de la bénédiction nuptiale. J’espère que ce message sera bien capté même si ça fait mâle, il n’est jamais tard pour mieux faire!

Comments are closed.