D’ACCORD, PAS D’ACCORD – Le cinquantenaire: recul de la RD Congo

0
45

(PAR LE PROFESSEUR MBA EBER)

Selon l’imaginaire populaire «  en politique, le Congolais sait ou aime  tout faire mais ne sait rien faire de bon et jamais pour du bon». Cela tient au fait que la Compétence et la spécialité de connaissances sont au service de l’Ambition puérile et parfois mal placée.
 En effet, en République Démocratique du Congo, on a vu un Ingénieur électricien, un Ingénieur Agronome, un Architecte, des hommes d’affaires, des  juristes à la tête du Ministère des Finances et de l’Economie ,  des chimistes du niveau  à la tête du Ministère de l’Intérieur ou voire même du Budget, des juristes à la tête du Ministère des Hydrocarbures ou celui du Portefeuille économique de l’Etat, des journalistes aux Affaires Etrangères, des Diplômés en sciences de communication devenir Ministre de l’Agriculture,  des diplômés de sciences politiques , des Pharmaciens et des Diplômés d’études sociales à la tête du Ministères des Travaux Publics, des Ménagères à la tête du Ministère de Commerce Extérieur, un Policier de profession à la tête du Ministère des Cultures et Arts, un Agronome à la tête de l’ONATRA, un Mathématicien, un Diamantaire trafiquant, un Médecin, un Cambiste usurier, un artiste musicien, un Prêtre défroqué , un Garagiste de profession sans aucune expérience politique  devenir Gouverneur, un Galonné chargé de travaux de mémoire historique, etc..
Un autre adage populaire reconnait au congolais la particularité d’être grand jouisseur (Sai Sai) et grand collecteur de dons (Sema bilokota ou Bisenga senga)
C’est peut-être là qu’il faut rechercher la cause du drame que connaît le Congo, cinquante ans après son indépendance.

 Les commémorations de deux grands événements de l’année 2010, notamment celle du mois de la femme avec un défilé de corps frivolement trémmulants et  celle de Cinquante années d’indépendance avec la caravane bizarrement motorisée ont davantage confirmé la nature même du congolais qui sait ou aime tout faire, mais ne sait rien faire de bon et jamais pour du bon. Tout comme il est remarquablement jouisseur, car tout commence et fini par la jouissance populaire.
 En effet, pendant que la femme est accablée de toutes les charges et malfaçons  provoquées par le chômage, les conflits armés, l’avortement, les brimades de veuves, la privation ou l’insuffisance de soins pendant la grossesse et lors de l’accouchement, les discriminations de tout genre, le harcèlement dans les services, la prostitution et autres expositions obscènes à la télévision pour la survie, le message dominant du mois de la femme était celui de la parité dans l‘exercice de la fonction politique ou de mandat public. La recette  de la parité en vaut sa pesée d’or, mais certainement et uniquement pour les « miziki ya kilo ou les mamans ya talo ».
 Et donc l’effet attendu de la parité porte déjà le germe de la discrimination de la femme anonyme, comme la femme enseignante, la femme de la fonction publique ou femme agents subalternes du secteur privé, la femme du petit commerce ambulant ou sous-traitant , la femme ouvrière, la femme paysanne vivant toutes comme femmes abandonnées en toute indifférence, surtout si le charme ne se manifeste pas ou l’intégrité morale gêne les mœurs courantes de décideurs à tous les niveaux de responsabilité.
 Si il est vrai que l’égalité entre l’homme et la femme devant les droits et la parité dans l’exercice des fonctions entre l’homme et la femme sont des exigences légitimes, mais elles ne constituent pas le seul poids d’anéantissement de la femme et de sa réduction en un simple objet social de jouissance ou de parure. Aussi, faut-il faire remarquer, les différentes Organisation Non-Gouvernementales  et les ministères chargés de la condition féminine ont fait des manifestations en faveur des femmes, un bien marchand auprès des Donateurs extérieurs.
 Et comme hier du temps de régime dictatorial passé, l’indécent spectacle « saka-yonso ou buka loketo » a été remplacé par celui proche d’un défilé de mode des femmes, toutes générations confondues, à la grande satisfaction d’admirateurs masochistes, des jouisseurs pédophiles, de chasseurs d’images aux exhibitions corporelles très sensuelles.
 Et pour bannir de nombreuses discriminations et atteintes aux droits de la femme et de l’homme, l’histoire a démontré que les principales voies sont celle d’inculturation de valeurs liées à la dignité humaine, de la formation professionnelle et de l’éducation de l’être féminin et de l’être masculin. La moralité et maîtrise de la connaissance et de la technologie sont donc des voies les mieux indiquées pour sauver l’humanité de toute forme d’aliénation, d’asservissement et de pauvreté qui accablent plus les femmes, mais également les hommes soumis à toute sorte de dépravation et de dénouement.
Aussi, pensons-nous que puisque l’émancipation de la femme est presqu’acquise en République Démocratie du Congo, l’Etat et les Organisations Non Gouvernementales devraient davantage améliorer les stratégies de grande sensibilisation et moralisation systématique contre certaines pratiques sociales comme l’esclavage ou le tourisme sexuel, le mauvais traitement de veuves pendant et après le deuil, la surcharge de jeunes filles voire même des femmes pour des travaux ménagers et domestiques, la dévalorisation du statut social des femmes vivant dans des mariages extra-monogamiques (deuxième bureau ), alors qu’elles méritent autant de considération que leurs coépouses (premier bureau) et l’abandon des enfants issus de relations extraconjugales dans la succession. Il s’agit également de développer des stratégies de lutte plus subtiles et mieux réfléchies  contre les expressions culturelles dégradantes aussi bien dans le vocabulaire populaire courant comme « ka-muke sukali, mère-full, elengi eye » que dans les chansons comme « motuka monene eleki, tia-pression, sim’ekoli, biberon, mabel’elisa » ou encore contre les danses avilissantes de sauteries et de singeries sans esthétique et ni harmonie, pourtant fortement reproduites dans nombreuses chaînes de télévisions que possède le Pays.  
 En ce qui concerne les manifestations du Cinquantenaire, il y a lieu d’observer que le message dominant  est celui relatif au poids de colonisation, la dette coloniale et la dette extérieure handicape l’élan vers le développement et la reconstruction nationale depuis 1960.
 Ainsi, au sujet de la dette coloniale, il y a d’une part,  le discours politique sur le paiement par la Belgique de la dette coloniale sur fond du contentieux belgo-congolais au sujet de sociétés à charte et autres patrimoines du Congo-belge , y compris celui immobilier et l’héritage culturel ancestral confisqué particulièrement les œuvres d’art, les connaissances et pratiques de guérison et les symboliques magiques ou religieuses et d’autre part la réparation des méfaits et autres exactions de la période léopoldienne.
 Au sujet de la dette postcoloniale,  l’argumentaire sur l’annulation de la dette vis-à-vis  des créanciers étrangers se fonde sur le délit d’incapacité et d’ignorance dont se sont rendus coupables les Pays développés dans la conclusion de contrats léonins avec le Congo pour nombreux investissements réalisés à de taux d’intérêt prohibitif et avec des applications technologiques soit très peu maîtrisées par les congolais soit obsolètes.
En ce qui concerne la reconstruction nationale, la principale préoccupation devrait être la recherche des fondamentales causes de la faillite de l’Etat congolais postcolonial. Il s’agit principalement de causes ayant conduit au désinvestissement dans tous les secteurs des infrastructures économiques et sociales voire même sportives, au dépérissement systématique de l’outil de production industrielle et agricole dans presque toutes les entreprises et activités nationales surtout publiques, à la dépréciation permanente de la monnaie nationale et au regorgement de la monnaie flottante en devises dans toutes les filiales  bancaires  privées qui sont revenues s’installer au Congo et fort réputées dans les opérations de  blanchiment d’argent, au dépérissement du système éducatif et sanitaire, le délabrement de toutes les équipements des services publics . De même, la recherche de solutions à ces nombreux problèmes  devraient être les axes de la grande problématique du cinquantenaire et le grand enjeu pour le développement de la République Démocratique du Congo.
Mais ce paradoxe entre un état colonial en essor de développement et un état postcolonial en faillite, interpelle les consciences. Une opinion populaire répandue et des réflexions scientifiques soutenues convergent pour affirmer et confirmer l’hypothèse selon laquelle,   c’est à cause justement de Dirigeants politiques après les indépendances que le congolais à régressé jusqu’à la limite de l’infra-humanité ou la sous-humanité, dans tous les aspects de la vie.
 Sur le plan de la moralité publique, les anti-valeurs se sont installées suivant les modèles de perversion véhiculés par les nouveaux Dirigeants politiques. Les valeurs de mérite pour effort personnel, de patriotisme, de solidarité sociale, de pudeur publique, de respect du bien public et de la vie humaine, ainsi la prime de compétences dans l’exécution de tâches sont remplacées par la médiocrité généralisée des prestataires dans les services publics voire même privés et l’incivisme, l’égoïsme, les pratiques courantes d’atteinte à la pudeur et l’immoralité dans les mœurs publiques étalée dans la vie courante, dans les théâtres et  les médias audio-visuels, ainsi que par la prime aux thuriféraires et aux mécréants.
 Sur le plan agricole, tous les efforts entrepris par l’administration coloniale jusqu’à imposer la culture aux paysans congolais comme une obligation d’état au même titre que l’impôt et malgré l’avantage de saisons alternées au Nord et au Sud du Pays, ainsi que la fertilité du sol dans la plus grande partie du Pays, la République Démocratique du Pays se  retrouve aujourd’hui en déshérence agricole. L’agriculture, dont la prise en compte au Budget national représente une moyenne de moins de 2% depuis l’indépendance du Congo se retrouve totalement  annihilée par le gaspillage, le manque des politiques agricoles cohérentes et efficientes, ainsi que par l’absence criante de voies de desserte agricole. Au mieux, les Dirigeants qui se livrent à l’activité agricole comme passe-temps de jouissance ou une expression d’ostentation déploient de gros moyens pour donner un rendement généralement très faible et économiquement peu utilitaire. 
 Sur le plan de l’alimentation, il s’est imposé des biens de consommation alimentaire impropres à l’hygiène et insuffisante à la bonne nutrition avec les « bibembe ya Adoula et autres congelés périmés », les «  boulgors destinés à la consommation animale » immédiatement après l’indépendance et suivi de l’introduction frauduleuses des condiments et autres aliments de très mauvaise qualité mais de très grande consommation populaire avec les « mpiodi », « mapa kanga journée », « biloko ya bitula ya zando », «   mataku ma dindon », « malewa », « eau-pire », «supu ya tolo », etc…
Sur le plan de l’habillement et d’accoutrement vestimentaire, les tenues populaires sont tirées de « tombola-bwaka ou les délavés en ballons ou en vrac », « bilamba ya mbata ou pagne de très mauvaise qualité »,«  misuni ya bata »  « tricot effigie ya bakabi distribués par les Politiciens et Hommes en quête de popularité».
 Sur le transport commun, les véhicules d’occasion pullulent dans toutes les viles avec les  fula-fula ou taxi-bus qui pratiquent le système d’arrêt improvisé sur demande des clients ou le vert-vert reconnu pour leur niveau de haut risque et faisant souvent le forcing de passage par dépassement intempestif et par le remplissage de clients à tous les arrêts et à leur choix sous les cris alarmants consacrés par des idiomes populaires comme « pesa munu passage », « tindika sima » « sangisa sangisa », « nzela nzela », la réapparition de bicyclettes (toleka) et motocyclettes (simba ngai) comme moyens de transport courant de biens et des personnes.
 Sur le plan de transport fluvial, les bateaux de gros tonnage sont presque disparus ou inexistants et remplacés par des embarcations de fortune comme des baleinières périlleuses avec des hors bords pour de très longue distance et confrontés à la navigation sans balisage et ni curage de cours d’eau et sans disposition de secours en cas d’accident par ailleurs très fréquents.
 Sur le plan de transport aérien,  alors que la flotte aérienne civile et militaire congolaise était une des mieux étoffées en Afrique Centrale et mieux dotée de plus performants avions comparativement aux Pays voisins, aujourd’hui les avions de la flotte aérienne congolaise sont caractérisés par le plus bas niveau d’entretien, de maintenance et  contrôle technique avec généralement des rotations et des surcharges hors normes . D’où les termes populaires qui leur sont réservés comme «fula-fula signifiant rotation excessive » , « bishakushaku  signifiant un fourre-tout insalubre» ou encore «  tia motu bakata signifiant prend ton risque mortel»
 Sur le plan de communication et télécommunication, la République Démocratique du Congo est aujourd’hui un grand trou noir, comme le disent les plus grandes agences publicitaires et touristiques internationales et cela malgré ses nombreux cours d’eau navigables jadis soumis régulièrement au balisage et curage, ses longues pistes et routes carrossables jadis entretenues par les travaux de cantonnage à l’époque coloniale et un réseau ferroviaire bien étoffé de l’Ouest à l’Est, du Nord au Sud du Pays, jusqu’aux confins frontaliers du territoire congolais. Le grand réseau de télécommunication qui avait permis de relier tout le territoire congolais par la télégraphie, la phonie, la téléphonie fixe , le Courrier postal est totalement défait et remplacé par un réseau de téléphone mobile, dont les sociétés multinationales installées au Congo tirent des plus grands bénéfices. Ces derniers sont réalisés grâce au mauvais système d’imposition de ces Sociétés, à la prise en charge par les bénéficiaires de services ou par les communautés ou à leur participation préalable au coût d’implantation de réseaux cellulaires dans l’arrière-pays et au faible contrôle du coût unitaire pour le temps modulaire de communication, ainsi qu’à la cartellisation très poussée de ces sociétés frisant un monopole camouflé.
Sur le plan de  l’énergie, les services de fourniture d’électricité, de carburant et les services de desserte en eau potable se sont illustrés par des coupes intempestives et prolongées, mais souvent allégées par l’usage de bougies, du pétrole rampant pour l’éclairage, de braises makala  pour le chauffage, ainsi que par les ruptures de stocks de carburant à cause de l’absence de stations et de pipe-line pour la fourniture régulière du carburant dans l’arrière-pays . Ainsi, par exemple à Kinshasa, ce sont les jeunes vendeurs ambulants de pétrole et d’autres produits pétroliers ou de bougies qui se signalent par des appels de vente sur toutes les rues avec des cris suivants de signalisation de leur passage « psi psi somba bougie »,  « pétrole esili eleki eh », « saki ya makala yang’oyo » et « keba kadaffi mokonzi » pour les vendeurs de carburant. Aussi, les programmes d’électrification  et d’approvisionnement en eau potable dans l’arrière-pays se sont estompés et parfois les installations jadis opérationnelles ont été démontées dans plusieurs agglomérations de province, sans oublier l’abandon de presque tous les dépôts de carburant dans l’arrière-pays.
 Sur le plan de l’éducation, la République Démocratique du Congo qui était jadis le modèle de couverture scolaire avec des primaires, des écoles moyennes et professionnelles, la formation des régents pour l’enseignement secondaire complet renforcée vers les années 70 avec la création des instituts pédagogiques et techniques du niveau supérieur, ainsi qu’avec la grande réputation universitaire se retrouve aujourd’hui comme un des modèles le plus dégradé du monde, avec un taux de scolarisation parmi le plus bas de Pays africains et un taux de déperdition scolaire et universitaire très élevé  et une dépréciation très avancée de la qualité de l’enseignement supérieur et universitaire. Mais paradoxalement, l’essaimage des universités et instituts supérieurs s’est opéré avec une accélération très prononcée et hors normes parfois pour des buts lucratifs.
 Su le plan économique et financier, la République Démocratique du Congo a connu pendant toute la colonisation, un PNB et un PIB des plus élevés de l’Afrique Centrale avec une balance commerciale en boni jusqu’à l’indépendance et une réserve en devise de près de 4 milliards de francs belges pour une parité équivalente en francs congolais. Le secteur primaire était performant pour l’exploitation de minerais et le conditionnement pour exportation de produits agricoles avec une qualité et une valeur ajoutée remarquable. Le secteur de transformation et le traitement industriel de produits primaires était très avancé avec des huileries, les usines de tabac, des minoteries, des usines de traitement et conditionnement de café et de cacao, usines de traitement de plantes médicinales, usines de conditionnement des produits pharmaceutiques, de Fournaux et fonderies pour alliage métallique, usines de matières plastiques, des biscuiteries, des cotonneries et usines de textiles, des tôleries, des tuileries, de cimenteries, de conserveries, des papeteries, de sucreries, etc… Le secteur de services était également en pleine expansion vers les années 50 avec le déploiement du système de banques commerciales, de coopératives et de caisses d’épargne et de crédit, de fonds d’avance, de fonds de sécurité sociale, d’assurance, de services de frets et d’agences de dédouanement,  de fonds de garantie pour export et import, d’agences immobilières, de services fiduciaires, de mandats et chèques postaux, etc..
 Sur le plan de la santé, la République Démocratique du Congo qui a hérité d’un système sanitaire très organisé à travers tout le Pays, avec une accélération de formation d’Assistants médicaux en médecins et plutard avec les spécialisation de très haut niveau, ainsi que la dotation de laboratoires en équipement appropriés se classe aujourd’hui comme un des Pays Africains ayant une des plus faibles couvertures sanitaires et un état déplorable des laboratoires en équipements et où circule abondamment les médicaments périmés et les surdoses  tradi-praticiennes. Enfin, relevons que les maladies endémiques et de grande contagion jadis éradiquées reviennent en force, par manque de prévention et de suivi médical.
 Sur le plan politique et diplomatique, l’administration coloniale a  placé le Congo dans un régime paternaliste fort contraignant et fort anachronique par rapport aux avancées de Pays voisins anglophones et francophones dans le domaine de formation civique et  de la promotion de l’élite politique, de la liberté politique et de l’encadrement des masses par des partis politiques. Ce qui expliquerait certainement l’infantilisation de la classe politique, dont quelques vaillants leaders pro-indépendantistes ont porté le poids d’inertie de nombreux autres politiciens improvisés sur la scène politique par la force de l’histoire. Mais le débat sur la responsabilité de la Belgique dans le déliquescence du nouvel Etat indépendant penchent à valider l’idée d’un plan prémédité de la Belgique contre la souveraineté du Congo. Il s’agit surtout de l’abandon précoce de son ancienne colonie dans tous les secteurs de prestations techniques, de tentatives de spoliation du portefeuille économique et du patrimoine congolais par des subtilités juridiques et de l’instrumentalisation de sécessions de certaines provinces riches en minerais, de la provocation de mutineries, de la déstabilisation du pays par les mercenaires étrangers, enfin du déploiement d’une stratégie d’isolement diplomatique du Congo sur la scène internationale. Mais, cela pose également la question de maturité de la classe politique congolaise, lorsqu’on relève le bâclage et l’irresponsabilité affichée de nombreux Délégués congolais lors de la Table Ronde de 1960 , qui semblaient ne pas avoir une conscience élaborée des enjeux de l‘indépendance, alors que moins instruits et moins encadrés politiquement par les Partis Politiques socialistes et socio-libéraux étrangers qu’eux, les premiers Patriotes congolais ayant enduré les épreuves de prisons, de relégations et de privation de leurs droits citoyenneté ont résisté avec détermination jusqu’au bout de leurs options pour la libération économique, politique et culturelle du Congo. Donc, la responsabilité pour la suite du débâcle du nouvel Etat congolais reste partagée entre la Belgique et la classe politique congolaise des années de l’indépendance et qui s’est même poursuive jusque plutard.
 Ainsi, dans l’évaluation de nos cinquante années d’indépendance, si il est vrai que le poids de la colonisation et particulièrement celui de la dette coloniale et de toute autre forme de domination est une abomination que toute l’Afrique a vécu dans sa chair et dans son âme, mais la responsabilité pour la faillite de l’Etat et pour la liquidation des Congolais, pour la paupérisation généralisée et par l’auto-exclusion dans l’échiquier international revient principalement aux Dirigeants politiques, à cause de leur incurie, de leur incompétence et de leur mauvaise gouvernance. 
 En dépit de tous les discours politiques du genre « plus ne sera comme avant ; la lutte contre le mal zaïrois et contre les antivaleurs ; la lutte contre l’impunité et la tolérance zéro »,  les Dirigeants politiques congolais sont viscéralement anti-démocrates, anti-républicains anti-sociaux et immoraux. Aussi, ont-ils fait développer chez tous les congolais de réflexes de débrouillardise et ont imposé des modèles pervers de survie tout en reléguant en arrière-plan les politiques d’emploi, de l’éducation et de la santé en faveur des congolais, pourtant déclarées comme prioritaires jusqu’ au dernier programme national du Gouvernement issu des élections.
 La persistance du chômage structurel même là il ya possibilité d’emploi pour les nationaux, l’indifférence et l’insouciance devant les mauvaises conditions de vie et de travail de tous les prestataires dans les services publics, l’absence des politiques cohérentes et efficaces dans les domaines vitaux de l’agriculture, de l’éducation et de la santé indiquent que le cinquantenaire donne l’image d’ un recul cinglant pour un Pays, dont pourtant le gros héritage colonial dans nombreux secteurs et les grandes potentialités en ressources énergétiques et naturelles prédisposaient à devenir une puissance régionale à l’instar de Nigeria, du Kenya, de l’Afrique du Sud, de la Lybie voire du Soudan.
 Devant ce constat malheureux, le cinquantenaire caporalisé et ravalé en clips médiatiques et enseignes publicitaires, en logos marchands, en dîner de gala, en caravane motorisée et finalement en un simple marché de travaux publics sans adjudication est tout simplement une démonstration de l’incurie, de l’incompétence et de l’irresponsabilité politique des Dirigeants congolais.  Et pour le cinquantenaire, la véritable question de ce grand recul historique pour le Développement de la République Démocratique du Congo devra faire l’objet d’une relecture objective et scientifique, au lieu de réduire le cinquantenaire en des grandes manifestations de jouissance populaire et les meetings populaires avec des slogans creux du genre «  Nye Nye ! Nye » « Nasopa, Nasakola  ! Olukaka makombo ! Okozwa ! »
 Ainsi  donc, après cinquante années d’indépendance,  le résultat est « nkatu».  Sai Sai pour les Dirigeants politiques et Pasi na Pasi pour la population déshumanisée et  paupérisée.

LEAVE A REPLY

*