Curieux message des Sénateurs américains : RDC solution politique, un voeux refrain !

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Le drapeau des Etats-Unis d'Amérique. witchofthecity.comAlors qu’ils pensaient voir le bout du tunnel avec le début du déploiement de la Brigade d’Intervention au Nord-Kivu et l’installation en personne, à Gombe, du nouveau Représentant du Secrétaire Général de l’ONU, l’Allemand Martin Kobler, les Congolais sont de nouveau troublés. Ils le sont depuis le dernier week-end, à la suite de la déclaration de six sénateurs américains de passage par le chef-lieu du Nord Kivu, en route pour Kigali, dans laquelle ils affirment que pour résoudre la crise congolaise, il faut absolument une solution politique.

Sans mâcher leurs mots, ils ont souligné que la présence militaire onusienne, bien qu’elle soit indispensable, n’est pas une solution au problème congolais.

Cette prise de position rejoint non seulement celles exprimées dernièrement par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban ki-moon, et l’Envoyée Spéciale des Nations Unies pour les Grands Lacs, Mary Robinson, qui ont insisté sur l’impératif d’un dialogue global entre Congolais mais, surtout, rappelle à nos compatriotes les points de vue de Paul Kagame du Rwanda et Yoweri Museveni de l’Ouganda, convaincus que la Monusco et la Brigade d’Intervention ne sont d’aucune utilité pour la résolution de la crise congolaise. Les maîtres de Kigali et Kampala ont toujours soutenu l’idée d’un dialogue congolo-congolais, c’est-à-dire entre Kinshasa et le M23, si la communauté internationale tient à obtenir une paix durable à l’Est de la République Démocratique du Congo.

Ce qui se dit autour de la guerre de l’Est, principal soubassement de la crise congolaise, commence à inquiéter sérieusement les Congolais. Car, il est tantôt question de traquer et éradiquer les « forces négatives », dont le M23, tantôt de traduire devant la Cour Pénale Internationale tous ses responsables politiques et militaires impliqués dans des crimes de guerre et crimes contre l’humanité, tantôt de renvoyer le gouvernement congolais et les rebelles du M23 à la table des négociations.

Pas plus tard que le vendredi 23 août, en marge du sommet tripartite RDC-Angola-RSA, le président angolais Eduardo Dos Santos a encore martelé que les auteurs des crimes de guerre et crimes contre l’humanité en RDCongo devaient être traduits devant la justice internationale. Ce n’est pas la première fois que le peuple congolais entend pareil propos. Aussi, s’il y a réellement, dans le chef des décideurs de la planète, une volonté de sanctionner ceux qui sèment mort et désolation dans la partie Est du pays, l’on devrait mener une vaste opération de type « mains propres » dans les milieux des seigneurs de guerre congolais afin de séparer les « diables » des « saints ».

Dans ce cas, ne pourraient être éligibles au dialogue congolo-congolais que ceux qui ne portent pas le sang d’innocents sur leur conscience. Aussi, dans le contexte actuel de grande confusion entre criminels et ceux recherchent réellement la paix, les Congolais ont le droit de douter de bonnes intentions de la communauté internationale. Car, si les actions conjointes FARDC-Monusco-Brigade Internationale doivent être suspendues à une solution politique aux contours très flous, l’on serait tenté de donner raison aux populations congolaises du Nord-Kivu qui redoutent un agenda caché de la part de ceux qui sont censés les protéger mais qui ne donnent pas suffisamment des signes allant dans le sens de cette mission. Il va falloir peut-être aux troupes onusiennes un réajustement de leur verrou autour de Goma, de manière  à éloigner davantage le M23 de cette ville et permettre à tous et chacun de savoir exactement d’où proviennent les obus qui blessent et tuent des innocents.

Pendant que le commun de Congolais croit qu’il y a lieu de mettre sur la table à la fois des actions politiques, diplomatiques et militaires, un discours autre que celui-là passe mal et fait penser à la mise en route du fameux schéma de balkanisation du territoire national, sur fond des négociations suivies des concessions de tous ordres à faire au M23 et ses parrains.

Kimp

3 COMMENTS

  1. Nzee Kabila l’avait bien dit, paix à son âme, il faut que la guerre rentrer là où elle est venue, càd, du rwanda, pour ce faire la RDC doit impérativement organiser son armée en le faisant extirper de tous les rwandais infiltrés qui servent leur Pays. Nous devons éviter d’avoir un cheval de Troie comme maintenant. Nous savons bien que les anglo-saxons roulent pour le rwanda et l’ouganda. Tournons nous vers les chinois pour organiser notre chère armée.

  2. Les congolais ont acquis la performance en intelligence analytique, Cet article fait ressortir toute la vérité en terme d’évidence. Nos commentaires faits à ce sujet sur Radio Okapi n’ont pas été publiés. Tenez pour dit que même s’il y a cinquante millions de morts dans l’Est du Congo, cela n’émeut personne car seuls les intérêts occidentaux et régionaux des acteurs impliqués comptent. La mobilisation de la population locale dans le Nord Kivu reste l’une des voies pour maintenir la pression et se faire ainsi entendre, le reste entre dans le bla bla.

  3. Les Etats Unies font clairement volteface aux thèses et recommandations de Ladsous.

    Écrit dans RwandaNews

    Mr Graham Lindsey, le porte-parole d’une délégation de six sénateurs Américain dans la Région des Grands Lacs n’y est pas allé par le dos de la cuillère : «La présence des Nations unies ici est très importante mais la solution ne viendra pas de Nations unies. Il doit y avoir une solution politique. Les Nations unies ont maintenant un nouveau leadership. Nous allons solliciter plus de supports pour lui mais il doit y avoir une solution entre le peuple de cette région et du Congo entier mais également avec les voisins»
    Cette déclaration a été faite hier à Goma, après une entrevue avec le nouveau représentant spécial du secrétaire général de l’Onu en RDC, Monsieur Martin Kobler.
    Les Etats Unies affirment par cette déclaration que la Paix à l’Est du Congo ne pourrait se concevoir par une force qui ne tiendrait pas compte des droits des populations d’expression Rwandaise.
    Mieux, le Congo devrait s’atteler à cultiver les relations de bon voisinage avec ses voisins qu’il rend a tort responsable des conséquences de la mauvaise gouvernance de ses politiciens.
    Le Gouvernement Américain a beaucoup de mal à comprendre que l’on accuse des tous les maux la population Rwandophone du Kivu, alors que des milliers des situations similaires ont élu lieu sur toute l’étendue du territoire Congolais.
    Après le Congo, la délégation Américaine se dirigerait aujourd’hui vers Kigali.
    Sur le terrain, une relative accalmie est observée depuis hier. Malgré les déclarations des FARDC et de la Monusco, Il semble plutôt que le M23 ait repris du poil de la bête car ses positions se situent actuellement à quinze kilomètres de Goma.
    La manifestation de la Population a fortement limite les déplacements des agents de la Monusco à travers la ville. Des policiers auraient tirés sur la foule, tuant 2 enfants. Les rapports de la Monusco place cependant ces tueries sur le compte des obus tirés par le M23.

    Posté par rwandaises.com

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