Le curage des caniveaux récupéré» par des acteurs politiques

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Est-ce par manque d’imagination ou par le goût du lucre que des acteurs politiques se sont transformés en entrepreneurs des travaux de curage des caniveaux à travers certaines communes de la capitale ?

Ces opérations qui jadis étaient effectuées par les services de voirie urbaine ou communale ou par des entreprises privées appartenant à des particuliers ayant signé des contrats avec l’Hôtel de Ville sont de plus en plus courtisées par de membres de telle ou telle formation
politique. Certes, depuis peu, des ONG de développement sont entrées en danse. Malheureusement avec des moyens techniques rudimentaires, notamment des balais faits en en bois, pour curer les caniveaux des différentes avenues dans certaines communes de la capitale.

Conformément à une tradition héritée de l‘époque du MPR-Parti Etat
sous le vocable des travaux communautaires appelés « Salongo » et qui
sont effectués tous les samedis avant dix heures de la matinée, des
groupes des jeunes gens, tous sexes confondus, s’activent sur les
différentes avenues de la capitales et particulièrement dans les
quartiers des communes les plus fréquentés par des autorités
politico-administratives et militaires de la ville. Armés des bêches,
houes, machettes et autres matériels de travail manuel, ces jeunes
gens s’activent à déboucher les différents caniveaux de la capitale ou
à recouvrir des trous béants provoqués par les eaux des pluies sur les
principales avenues. Cependant, ce qui a attiré l’attention de
l’opinion, c’est que de plus en plus, ces jeunes gens arborent des
tee-shirts aux couleurs et effigies de tel ou tel parti politique.
Pendant tout le temps que dureront ces opérations, les passants ou les
voisins des ces chantiers sont sevrés par des chansons en l’honneur
des autorités morales des partis en question.
Des exemples abondent, notamment celui de la commune de Kintambo où
les trous béants qui dérangeaient le tronçon de dix mètres situé aux
croisements des avenues Bangala et Ngaliema. Le weekend end dernier,
un groupe des jeunes gens sous la direction de celui qui a apparu
comme l’un des hauts responsables du parti politique ayant pignon sur
rue a fait irruption pour effectuer des travaux de bouchage des divers
trous qui rendaient la circulation très difficile en ces lieux depuis
bientôt deux ans. A l’aide des brouettes, ces jeunes gens partaient à
la recherche des débris de construction à travers les différents
chantiers pour boucher ces trous.

Selon certaines sources, de telles opérations bénéficieraient d’un
financement des membres dudit parti politique tant de la commune que
d’ailleurs. Bien entendu, à la fin des travaux, ceux des jeunes gens
qui avaient pris part à ces opérations reçoivent une prime
d’encouragement à l’issue d’un cocktail offert par l’un des membres
influents locaux du parti.
Il va sans dire que ces opérations vont créer des émules et des
jaloux. Particulièrement au sein des agents des services de voirie
communale et urbaine qui se cachaient derrière des ONG de
développement ayant choisi ce genre des travaux pour bénéficier des
financements privés et étatiques. Une tradition inaugurée par le
programme PAR II de l’Union Européenne léguée à la Voirie urbaine
depuis bientôt trois ans.
Une certaine opinion applaudit ce genre d’initiatives mais regrette
sa politisation et surtout les moyens rudimentaires ne résistant pas à
l’usure du temps et des intempéries fréquentes. Vivement un appel à
des entreprises modernes utilisant une technologie adéquate.
Castro