Le CSRP face aux nouveaux défis dans les nouvelles provinces

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Travail titanesque et de longue haleine, la réforme de la Police nationale congolaise se poursuit de manière intensive et méthodique, selon le plan d’action quinquennal élaboré et mis en œuvre par les membres du Comité de suivi de cette réforme. Si sous d’autres cieux, la réforme de la police a pris plus de 30 ans, voire 50 ans ou même plus, en RDC, les plus grandes étapes réalisées jusqu’ici, notamment l’élaboration des lois régissant le fonctionnement de la police, les
structures organiques du Commissariat général, de l’Inspection générale de la police, celles de Commissariats provinciaux, le statut du policier, et la mise en œuvre du projet-phare de la réforme à savoir la Police de proximité, pour ne citer que celles-là,
témoignent, à n’en point douter, de la qualité de l’expertise
technique du CSRP en majorité composée des officiers supérieurs
congolais de haut niveau et des juristes aux compétences éprouvées.

Cet organe-conseil du gouvernement en matière de réforme de la police
a su proposer à l’exécutif, comme il faudrait le souligner, des
avant-projets de lois qui, une fois approuvés pour leur clarté et la
pertinence de leur argumentation juridique, ont été envoyés à
l’Assemblée nationale pour leur adoption, avant leur promulgation par
le Chef de l’Etat, initiateur de cette réforme. C’est le lieu de
reconnaître les mérites de ce centre de réflexion qui n’a recruté que
des experts issus de plusieurs académies de police et universités du
monde et qui ont fait montre de grandes capacités techniques dans
leurs domaines d’activités, allant de la formation à la gestion de
ressources humaines, en passant par l’administration des services de
la police, la gestion des infrastructures, de la logistique et des
finances. D’autres techniciens de haut niveau sont venus renforcer cet
organe-conseil par leur savoir-faire en matière d’audit et de contrôle
des missions de la police.
C’est donc un centre nerveux très opérationnel que gère avec beaucoup
de maîtrise et de compétence son secrétaire exécutif, le général
Michel Elesse Yombentole qui, comme il faudrait le souligner ici, a su
non seulement bénéficier, mais aussi mériter de la confiance de
l’ensemble des partenaires techniques et financiers du gouvernement
congolais, tous mobilisés autour du projet de la réforme de la PNC.
D’ailleurs, à toutes les réunions du Comité politique de la réforme,
les ambassadeurs ou leurs représentants impliqués dans la réforme de
la PNC ont toujours apprécié le travail de qualité conçu par le CSRP
avec les conseils de ces principaux partenaires techniques comme
Eupol, la Police civile de la Monusco, DFID, GIZ, la Coopération
française, la Coopération belge et la Coopération japonaise et tant
d’autres.
Le CSRP a fait preuve des analyses pointues dans la conception de la
loi organique portant fonctionnement de la PNC, de ses services
centraux et provinciaux de la PNC en alignant ainsi notre police sur
les standards de grandes polices du monde. Ce qui est un point
d’honneur à mettre à l’actif de ce centre nerveux agissant comme une
moule où sont façonnées l’architecture, toute la législation et les
textes réglementaires, le plan de financement des infrastructures pour
la modernisation du patrimoine immobilier de la PNC.
Le Comité de suivi de la réforme de la Police nationale congolaise a
pu procéder depuis 2013, au transfert des travaux conceptualisés vers
le dispositif de mise en œuvre de la réforme au sein du Commissariat
général. Ce qui constitue une volonté de partager les résultats de ses
missions de suivi et évaluation en vue d’améliorer l’exécution de ses
recommandations.
Un site WEB et des bulletins d’informations périodiques donnent toute
la visibilité des actions menées par le CSRP sur l’état d’avancement
de la réforme de la police dans les anciennes provinces. Et une série
de nouvelles campagnes de sensibilisation et de vulgarisation figurent
au programme des missions dans les nouvelles provinces dont les
principaux thèmes demeurent la réforme de la police, la collecte des
données, la police de proximité et la loi organique.
C’est donc là de nouveaux défis que s’est fixés le secrétariat
exécutif du CSRP, à savoir sensibiliser les nouvelles autorités
provinciales et les responsables de nouvelles entités décentralisées
sur la vision du chef de l’Etat dans la réforme, les innovations et
les nombreux avantages qu’elle comporte, ses exigences et les
retombées positives qu’elle apporterait tant au niveau de changement
de mentalités et de comportements de policiers et de la population
congolaise.
Ces campagnes devraient être soutenues par le gouvernement pour
matérialiser son souci constant de faire aboutir la réforme, surtout
qu’il reste encore beaucoup à faire.
On ne peut que déplorer pour l’instant qu’en dépit des campagnes de
plaidoyer et de lobbying menées, aucun budget n’a été prévu depuis
quelques années, dans le cadre de la loi de programmation . Ce qui a
eu pour conséquence de retarder la mise en chantier de nombreux
projets d’infrastructures, d’acquisition des matériels techniques, de
l’amélioration substantielle de conditions socio-professionnelles du
policier et tant d’autres investissements aussi prioritaires
qu’urgents.

J.R.T.