Crise de confiance interne et externe : comment sauver la RD Congo ?

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Le Congo démocratique souffre d’une grave crise politique post-électorale interne, laquelle vient d’avoir pour conséquence de refroidir sa coopération avec les institutions financières internationales, avec en tête le Fonds Monétaire International (FMI). Celui-ci pose comme préalable à tout décaissement des fonds en faveur de Kinshasa le respect de l’Etat de droit. Dans les chancelleries occidentales, le climat n’est plus au grand amour avec les autorités congolaises.

Manifestement, les fraudes électorales massives constatées lors des élections présidentielle et législatives nationales du 28 novembre 2011 ont été très mal accueillies par les partenaires traditionnels de notre pays. Selon Hermann Cohen, ancien Sous-Secrétaire d’Etat américain aux Affaires Africaines, une des recettes à appliquer en urgence par le Chef de l’Etat élu sur fond de forte contestation post-électorale serait de se débarrasser de ses proches collaborateurs actuels, coupables à yeux d’actes de corruption dont les échos ont déjà fait le tour de la planète. Il lui faudrait ensuite recréer la confiance avec ses adversaires politiques et les partenaires extérieurs du pays.

En d’autres termes, la situation de la République Démocratique du Congo est si critique avec, d’une part, la contestation qui gronde à l’intérieur de ses frontières, et, d’autre part, son isolement diplomatique doublé d’un embargo financier que l’heure doit être à la recherche d’une thérapie de choc pour lui éviter la descente aux enfers. Mais, comment sauver le Congo ? Logiquement, le plus simple aurait été d’annuler purement et simplement les deux scrutins qui viennent de mettre le feu aux poudres.

Mais le pays dispose-t-il des moyens qu’exige un nouveau round électoral au sommet de l’Etat et à la députation nationale ? Certains n’hésitent pas de répondre par l’affirmative, estimant que les ressources internes, si elles sont effectivement canalisées vers les caisses de l’Etat, seraient suffisantes pour financer, dans un délai raisonnable, de nouvelles élections présidentielle et législatives, voulues réellement démocratiques et transparentes. La communauté internationale pourrait être sollicitée pour participer aux frais, à la seule condition que le « pouvoir organisateur » de ce nouveau rendez-vous des Congolais avec les urnes lui garantisse un travail propre et neutre.
La grande difficulté du moment, pour réconcilier les Congolais avec eux-mêmes et leurs gouvernants avec l’étranger est que les victimes de la tricherie électorale se comptent en si grand nombre que les frustrations provoquées chez elles paraissent irréparables tant qu’elles resteraient avec le sentiment que la vérité des urnes a été étouffée.

Peu avant la fin de l’année 2011, un mince espoir était apparu à l’horizon avec la décision de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) portant suspension des opérations de compilation des résultats des élections législatives nationales et sa promesse d’associer des experts internationaux aux opérations futures de compilation desdits scrutins. Hélas, quelques jours seulement après cette mesure, elle a recommencé à compiler, sans attendre l’arrivée des partenaires qui devaient apporter aux candidats et aux électeurs la preuve de la transparence des scrutins.
La méfiance a ainsi été relancée de plus belle. Aux quatre coins du pays et à l’étranger, des millions de compatriotes sont de plus en plus convaincus que la République Démocratique du Congo n’a pas envie de cheminer dans la voie de la démocratie. Du fait que leur choix a été ignoré au niveau des urnes, ils pensent qu’à l’avenir, le dernier mot va revenir aux officines obscures dans les élections des députés provinciaux, des maires des villes, des bourgmestres et des chefs de secteurs.

Ce qu’il faut désormais craindre est que des millions de voix qui n’ont pu s’exprimer à travers les urnes, par la faute des planificateurs des fraudes électorales massives, ne s’orientent vers des canaux d’expression anti-démocratiques. L’implosion guette ainsi au quotidien un Etat qui a cru refaire son unité et construire son développement à partir des urnes mais qui, à l’arrivée, en sort plus que jamais divisé. Tant que ceux qui ont poignardé la démocratie dans le dos vont persister à gouverner par défi, face à la grogne interne et au mépris extérieur, le pire est à venir.

Kimp

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