Criminalité pharmaceutique : Kinshasa trace des pistes

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téléchargement (5)Après trois jours des travaux, le IVème Salon international de la pharmacie du Congo(SIPHACO) a fermé ses portes, le vendredi 20 décembre 2013 à l’hôtel Sultani de la Gombe, autour du thème « Tous contre la criminalité pharmaceutique ». Foire initiée par le pharmacien Clément Wuteji depuis 2008, cette session 2013 s’est appesantie sur un phénomène profondément ancré dans notre pays, la criminalité pharmaceutique, caractérisée par la contrefaction de médicaments ; le trafic illicite des produits faits avec des principes actifs corrects, avec des principes actifs erronés, sans principes actifs, à des doses trop faibles ou trop fortes, ou avec des conditionnements falsifiés ; Les médicaments de qualité inférieure ; ceux ne répondant pas aux normes scientifiques et qui sont, par conséquent inefficaces et souvent dangereux pour le patient, etc.

Compte tenu de la nature variée et complexe des enjeux et défis liés aux produits médicaux de qualité inférieure/faux/faussement étiquetés/falsifiés/contrefaits, le docteur Boniface Okouya, président honoraire Inter Syndicale des Pharmaciens d’Afrique, a estimé qu’il est nécessaire de mettre en œuvre une vaste gamme d’interventions pour leur trouver des solutions efficaces.

 En effet, soutient-il d’abord, les Etats devraient réaffirmer leur engagement à combattre les produits médicaux contrefaits et s’attacher à mettre à jour, élaborer, mettre en œuvre et suivre les politiques pharmaceutiques nationales. Les Etats Membres devraient créer des autorités nationales de règlementation pharmaceutique (ANRP) dotées d’un mandat juridique, d’une autonomie et de capacités institutionnelles appropriés pour s’assurer que les produits médicaux répondent strictement aux normes de qualité, d’innocuité et d’efficacité, et pour contrôler efficacement la fabrication, l’exportation et la distribution des produits médicaux de qualité inférieure/faux/faussement étiquetés/falsifiés/contrefaits.

Les Etats devraient mettre en place des systèmes d’approvisionnement fiables et mobiliser les ressources financières requises, afin de garantir la disponibilité de produits médicaux essentiels de qualité et d’un prix abordable dans les formations sanitaires publiques.

Les Etats Membres devraient élaborés et mettre en œuvre une stratégie viable pour les ressources humaines dans le secteur pharmaceutique, Pour améliorer les connaissances et les compétences des personnels de santé pour qu’ils soient à même de prévenir, de détecter et de résoudre les problèmes liés aux produits médicaux contrefaits. Ils devraient mettre en place des systèmes efficaces pour la conduite d’études spécifiques et la surveillance systématique du marché, afin de quantifier l’ampleur du problème des produits médicaux de qualité inférieure/faux/faussement étiquetés/falsifiés/contrefaits, et guider ainsi l’élaboration et la mise en œuvre de politiques et règlementations appropriées.

            Les Etats Membres devraient mettre en place des mécanismes efficaces de coopération et de collaboration aux niveaux national, régional et international, notamment en renforçant les réseaux de règlementation et en encourageant l’échange d’informations entre les autorités de santé publique, les organismes d’application de la loi, les associations professionnelles, les ONG et les autres organismes appropriés, afin d’améliorer les processus de prévention, de détection, d’investigation et de poursuites judiciaires concernant les produits médicaux de qualité inférieure/faux/faussement étiquetés/falsifiés/contrefaits.

Session ayant connu la participation de l’INTERPOL, son délégué du bureau de Kinshasa, Robert Ompen Empar, a noté que son organisation assiste actuellement  à un important développement dans le secteur caractérisé par la fabrication, le commerce, la distribution de médicaments et de dispositifs médicaux contrefaits, détournés, volés, et illicites. « Les patients du monde entier mettent leur santé voire leur vie en danger en consommant sans le savoir des faux médicaments ou des médicaments authentiques trafiqués, stockés dans des mauvaises conditions ou périmés… » a-t-il renseigné, faisant noter que les réseaux criminels organisés sont attirés par les considérables profits qu’ils peuvent tirés de la criminalité pharmaceutique.

D’où son appel à une action coordonnée de la part de tous les secteurs au niveau international pour identifier, enquêter et traduire en justice.

Quant à INTERPOL, elle s’emploie à lutter contre ce problème majeur, en combattant les réseaux criminels, en développant les compétences et les connaissances(dispenser des formations ciblées visant à renforcer et améliorer les capacités au sein de tous les organismes participant à la lutte contre la criminalité pharmaceutique) et en apportant un appui aux agents sur terrain, en établissant des partenariats dans différents secteurs et coordonnant des actions conjointes. « Grâce à cette vision, du 04 au 05 juin à Brazzaville, et en RDC du 10 au 11 juin, INTERPOL a permis de retirer du marché plus de 70 tonnes de produits médicaux illicites et de contrefaçon » a-t-il révélé, tout en soulignant que l’opération a permis, en outre, aux forces d’application de la loi  et régulateurs de la santé de travailler ensemble et de jeter les bases d’un partenariat nécessaire dans la lutte contre la criminalité pharmaceutique.

Tshieke Bukasa

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