Crash de l’aéronef de Service Air : le comité de soutien aux victimes réclame des enquêtes approfondies

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Crash2Deux événements majeurs ont marqué la journée de lundi en ce qui concerne le crash de l’aéronef de Service Air qui s’est produit le jeudi 24 décembre  à l’aéroport de Mbuji-Mayi. Tout d’abord, les services de la Province du Kasaï Oriental, en accord avec les familles des victimes, ont organisé des funérailles dignes de ce nom pour les 9 morts. La Province a pris en charge non seulement ces obsèques mais aussi les soins administrés aux blessés. A Kinshasa, des ressortissants de cette province ainsi que des amis et connaissances des familles endeuillées ont organisé dans l’après-midi un culte d’actions de grâce à l’Eglise de la Paroisse Notre-Dame de Fatima.

Au cours de cette cérémonie religieuse, outre le sermon du prêtre officiant, les membres du comité de soutien aux victimes composé de Kanyinda Yvette, André Kadima et Kabeya ont d’abord remercié tous ceux qui ont sacrifié une partie de leur journée pour rehausser de leur présence ce culte d’actions de grâces.

Ce crash, a-t-on rappelé, a causé des dégâts et pertes énormes tant sur l’aéronef, les hommes, les marchandises, sans compter des traumatismes au niveau des populations de cette ville et à travers toute la République. Selon le bilan dressé par les services de la Régie des Voies Aériennes, l’on a dénombré 13 blessés graves et 9 morts, qui se recrutent particulièrement parmi des gens habitant aux environs de cet aéroport. Car, ont-ils souligné, l’aéronef de Service Air, un cargo, a quitté la piste pour aller finir sa course folle dans un quartier situé aux alentours de cet aéroport de Bipemba.

Enquêtes approfondies exigées

Les trois responsables de ce comité de soutien aux victimes ont alors réclamé des enquêtes approfondies pour établir les responsabilités au niveau technique, de la piste d’atterrissage, du personnel ayant œuvré ce jour-là dans la tour de contrôle et à tous les bureaux des agences de voyage affectées à cet aéroport. Yvette Kanyinda, Kabeya et André Kadima ont insisté surtout sur la vérification de l’état technique de l’aéronef, notamment l’année de  sa fabrication et de  sa mise en service, le dernier contrôle dans un centre spécialisé, notamment les différents check A, B, C, D, la charge utile de sa cargaison, le type et la compagnie d’assurance.

Ensuite, les trois responsables de ce comité ont insisté sur le contrôle des états de service des membres de l’équipage, dont surtout les deux pilotes, les mécaniciens de bord et les autres agents d’accompagnement. Particulièrement le type et la validité des licences de deux pilotes, le nombre d’heures de vols effectués, les certificats médicaux, le dernier passage au simulateur et l’identité des autres compagnies aériennes où ils ont eu à exercer.

Pour les responsables de ce comité de soutien aux victimes, il ne faudrait pas revivre les cas douloureux d’autres crashes tels que ceux de l’Antonov fou à Kingasani en 2006, du Boeing 737 de la compagnie Hewa Bora à l’aéroport de Bagboka de Kisangani en 2011. On sait que les victimes du crash de l’Antonov de la compagnie El Sam n’ont jamais été indemnisées car, après ce crash, cette compagnie a disparu dans la nature sans laisser des traces ni de ses propriétaires, encore moins de ses données tant administratives que techniques. Comme ce fut le cas du crash historique d’un autre Antonov au Marché Type Ka en 1996 ayant causé la mort de plus de cinq cents  personnes.

Cri de cœur aux décideurs politiques

Une autre préoccupation soulevée par ce comité de soutien s’adresse aux décideurs politiques et à tous les hommes de bonne volonté pour mobiliser des fonds en vue de relancer les travaux de la réfection de cet aéroport de Mbuji-Mayi qui demeure encore et pour longtemps l’unique voie encore viable parmi les autres voies principales d’entrée et de sortie de cette province fortement enclavée. Mais qui rapporte beaucoup des recettes tant à la RVA qu’à la province du fait d’un trafic intense dans le secteur économique, commercial et humain. Il suffit de regarder le tableau des rotations d’avions en partance vers la capitale mondiale du diamant pour s’en rendre compte, s’est écrié André Kadima.

            Les autorités politico-administratives feraient œuvre utile en procédant au déplacement des populations vivant aux alentours de cet aéroport pour les installer dans d’autres sites en vue d’éviter ce genre de tragédie qui a encore une fois endeuillé le peuple congolais. Vivement aussi la réfection  de la voie ferrée de la SNCC pour diminuer la pression sur cet aéroport tout comme les routes reliant la province du Kasaï Oriental aux autres provinces voisines et l’Angola.

            Des comptes bancaires ont été ouverts à Kinshasa, Mbuji-Mayi, Bruxelles pour soutenir les familles des victimes pour leur logement et autres besoins.                                  F.M.