Crash de Bandundu : qui a autorisé le LET 410 de Filair de voler ?

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Le crash de LET 410 de Filair, le mercredi 25 août 2010 à 300 mètres de la piste de l’aérodrome de la ville de Bandundu, avec à la clef une vingtaine de morts, dont le patron de cette compagnie, le commandant Philmotte, continue de faire couler encre et salive dans les milieux de l’aéronautique civile congolaise. Pendant que les spéculations se focalisent autour de la cause apparente de l’accident, à savoir une panne sèche de carburant, un nouvel élément vient de s’ajouter au dossier. 

            Il s’agit d’un communiqué de la Sonas (Société Nationale d’Assurance) diffusée le dernier week-end et faisant état de l’inexistence de Filair sur la liste de ses « clients ». Pour une société aérienne immatriculée en République Démocratique du Congo, cela parait surprenant et porte à croire que l’avion accident n’était pas couvert par une police d’assurance.

         Si cette thèse se confirmait, la grande interrogation serait de savoir qui a autorisé l’Antonov de Filair à voler.

         Car, selon la législation en la matière, l’assurance fait partie des conditions à remplir pour l’octroi du « Certificat de navigabilité » à un aéronef. En principe, l’Antonov de Filair devait être cloué au sol tant que cette formalité n’était pas remplie. L’on peut, à ce stade, se demander si, du côté de l’Autorité de l’Aviation Civile, il n’y a pas eu un petit jeu de magouille, comme cela arrive souvent dans le fonctionnement du secteur aérien domestique congolais.

         D’aucuns pensent d’ailleurs que l’Autorité de l’Aviation Civile est le ventre mou du transport aérien dans notre pays, où des certificats de navigabilité et des licences de pilotage sont délivrées aux personnes morales et physiques au mépris des normes internationales et nationales l’aviation civile. C’est le système des dessous de table, dit-on, qui dicte la conduite des fonctionnaires commis à la surveillance des standards techniques et des formalités administratives en rapport avec l’exploitation du trafic aérien.

         C’est en raison du désordre qui sévit à la Direction de l’Aéronautique Civile du ministère des Transports et Voies de Communication ainsi qu’au niveau de l’Autorité de l’Aviation Civile que l’Union Européenne a étendu la mesure portant interdiction de vol dans l’espace européen à tous les avions immatriculés en République Démocratique du Congo. Cela sous-entend que notre pays est desservi plus par des fula-fula aériens que par des aéronefs administrativement et techniquement en règle.

          S’agissant du cas du LET 410 de Filair, la boîte noire pourra éclairer davantage l’opinion sur la ou les causes majeures du crash. Toutefois, la réaction de la Sonas constitue un indice sérieux de la manière dont l’aviation civile est gérée par ceux qui ont la charge de faire respecter les règles du jeu.

                                      Kimp

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