CPI : Bemba, le gâchis !

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Cela fait bel et bien 29 mois depuis que le Sénateur et ancien Vice-président de la République Démocratique du Congo (2003-2006), Jean-Pierre Bemba, est privé de liberté. Arrêté en mai 2008 à Bruxelles dans le dossier des présumés massacres, actes de tortures, de pillages et de viols commis par les troupes du MLC (Mouvement de Libération du Congo) à Bangui, en République Centrafricaine d’octobre 2002 à mars 2003, dont il était le commandant suprême, il a passé plus de deux ans dans l’attente du dénouement des querelles de procédure entre ses avocats et le Procureur près cette juridiction, Moreno Ocampo.

            Le flottement intervenu dans l’affaire Bemba paraît, aux yeux de certains, comme un énorme gâchis en termes de temps, d’argent, de ressources morales pour le prévenu, ses proches et les avocats de la défense mais aussi pour la Cour Pénale Internationale, ses juges et l’animateur principal de l’accusation. 

Il est difficile pour le commun de Congolais d’accepter que de mai 2008 à octobre 2010, le procès de Jean-Pierre Bemba n’ait toujours pas commencé. Les torts, à ce qui semble, sont partagés. D’une part, l’accusation s’est illustrée par des appels et  demandes à répétition des délais supplémentaires pour des compléments d’informations relatives aux préventions et témoignages ; tandis que d’autre part, la défense y allée d’exceptions en appels, contestant tantôt la compétence de la justice belge qui avait procédé à l’arrestation de Bemba, tantôt celle de la CPI même au motif que l’affaire aurait déjà été jugée par le Tribunal de Bangui, ou encore exigeant la remise en liberté provisoire du prévenu avant l’ouverture du procès.

            L’on ose croire qu’après ce long « round d’observation » entre parties, les choses vont enfin s’accélérer. Les Congolais notamment brûlent d’envie de connaître le sort d’un opérateur politique qui était candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2006 et dont les ambitions politiques, pour la bataille électorale de 2011, ne sont ignorées de personne. Libre avant les échéances électorales, il pourrait se positionner comme un outsider de taille face aux autres prétendants à la magistrature suprême.

            Prévenu ou condamné, sa carrière politique serait fortement gênée, sinon brisée. Mais plus le temps passe, et davantage une certaine opinion congolaise est tentée de penser à un procès fortement politisé. D’où, quelque part, la CPI aurait intérêt à jouer la carte de la diligence pour ne pas continuer à donner l’impression de vouloir casser politiquement le président national du Mouvement de Libération du Congo.

                                                                                                                                        Kimp.

 

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