Couverture médiatique en période électorale : les journalistes appelés à se surpasser

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L’Union Nationale de la Presse du Congo  (UNPC)  a avec l’appui de la Monusco, plus précisément du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH), a  organisé hier  mardi 19 juin 2018  dans la concession de l’Utex Africa une  journée d’échanges sur la responsabilité des journalistes en période électorale.

Etaient présents à la tribune : le président de l’UNPC, Boucar Kasonga et le représentant du BCNUDH, Koffi Kounte…

Dans son mot de circonstance, le président de l’UNPC a rappelé à ses hôtes les dérapages enregistrés dans les médias lors des élections de 2006 et 2011.  Il a expliqué que c’est la raison pour laquelle l’UNPC a organisé l’activité de ce mois. Il a fait savoir qu’en période
électorale, les politiciens ont souvent l’habitude de placer à avant-plan les journalistes. Il a salué la présence des responsables de services de sécurité et autres à la journée d’échanges.

Koffi Kounte s’est appesanti sur l’importance de la liberté
d’expression dans le paysage médiatique, la nécessité pour les médias
de traiter de manière équilibrée les informations, les dangers
qu’encourent les journalistes en période électorale…
Le délégué du BCNUDH a appelé les journalistes  à appliquer les
recommandations contenues dans la Charte de responsabilité des
journalistes  en période électorale.
Me Charles Mushizi, directeur de centre d’échanges  pour les
réformes juridiques et institutionnelles,  a axé son intervention  sur
les fautes déontologiques et autres commises souvent par les
journalistes.
Rappelant la tenue des élections à la finfait savoir ajouté que les
journalistes sont mieux protégés s’ils diffusent des informations
équilibrées. S’appuyant sur les Codes pénal et militaire, ainsi que la
loi de 1996 sur les médias…. il s’est attardé sur  la diffamation, la
propagation de fausses nouvelles, la dénonciation calomnieuse. Dans la
foulée, il a fait état des cas d’incitation à l’homicide volontaire,
menaces d’attentat, outrages aux décideurs politiques, contrefaçon,
plagiat… Il a reconnu que les journalistes dits engagés sont dans
plusieurs coins de la terre mais qu’il n’est pas aisé de pratiquer ce
genre. Selon lui, des juges profitent parfois des plaintes relatives à
la diffamation pour se saisir des auteurs de cette infraction. En
France,  où  un opérateur politique n’est pas un être exceptionnel,
les procès relatifs aux cas de diffamation sont rares.  Chez nous, a
énoncé Mushizi, on a tout fait pour faire taire les critiques.
Le journaliste est appelé à voir la possibilité ou encore la nécessité
de donner l’information sans diffamer.
Ce juriste a énuméré d’autres infractions pouvant amener leurs
auteurs en prison, à savoir les cas d’apologie à la haine raciale, à
la désobéissance des institutions établies…
Ce juriste a appuyé ses remarques par des coupures de presse
reprenant les dérives énoncées.
Le professeur Emmanuel Kabongo a planché sur la couverture médiatique
en période préélectorale, électorale et post-électorale.
Commençant son exposé sur le rôle du journaliste dans la société, il
a demandé aux chevaliers de la plume de ne plus être timorés.
Il a expliqué  aux journalistes qu’ils ont intérêt à valoriser leur
métier en dépit des contraintes liées à l’exercice de leur métier.
Dans l’après-midi, Boucar Kasonga a lu attentivement la Charte  sus évoquée.
Les chevaliers de la plume ont à travers leurs  questions, cherché des
éclairages sur les exposés développés par les intervenants ou avoir
des solutions aux problèmes qu’ils rencontrent dans l’exercice de leur
métier. Kasonga et Kabongo ont donné des réponses appropriées aux
questions posées, s’appuyant parfois sur des cas bien précis.
Jean-Pierre Nkutu.