« Coup de gaz », le kuluna invisible de Bandalungwa, enfin neutralisé

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kuluna_0La série noire a certainement commencé en ce mois de mai, pour les anciens kuluna qui avaient installé l’insécurité dans la ville de Kinshasa. Le sol est en effet, en train de s’écrouler sous leurs pieds. Plus rien ne leur réussit comme à une certaine époque où ils avaient pris les populations de Kinshasa en otage, répandant la terreur par-ci, distribuant la mort par-là.

            Et un matin, les opérations «Likofi» sont arrivées.  Certains membres de ces bandes des délinquants sans foi ni loi seront appréhendés, les autres, poussés à l’exil forcé dans d’autres communes de la ville de Kinshasa, ou dans les provinces limitrophes, sont demeurés en hibernation pendant des mois. On les prenait pour morts. Or, ils étaient vivants, fulminant de rage et attendant le moment propice pour ressurgir, plus forts que jamais.

            Le week-end dernier, et à la satisfaction générale de la population,  le mythique «  Pull Over », a été capturé à Kintambo, son fief, grâce aux informations obtenues auprès de ses proches. Et le ciel est finalement tombé le lundi 12 mai 2014, sur la tête d’un autre redoutable «kuluna» de la commune de Bandalungwa, le célèbre « Coup de gaz », non autrement identifié.

            Alors qu’on l’avait oublié, un fait révoltant a fait brutalement remonter ses souvenirs dans la mémoire collective. Le samedi 10 mai 2014, un centre médical de Camp Luka recevait en urgence, un jeune garçon grièvement blessé à la machette par un «kuluna», et saignait abondamment.  La forte hémorragie aurait pu entraîner la mort de Mafuta, l’infortuné, dont on dit qu’il avait hébergé le célèbre «  Coup de gaz » toujours en cavale. Plusieurs points de suture ont permis de cicatriser la blessure béante et de le mettre hors de danger.

            Ayant compris que c’était là la signature propre à «  Coup de gaz », les membres de famille de Mafuta ont décidé de lancer une filature au tristement célèbre «kuluna». Le lundi 12 mai, l’antre du monstre a été enfin localisé. A 20 heures, les policiers du commissariat de Bandalungwa, armés jusqu’aux dents, circonscrivaient son refuge. Mû par ses fétiches, «  Coup de gaz » a pressenti à quelques minutes près, que l’étau se resserrait autour de lui. Tel un commando, l’homme a escaladé le mur de clôture et s’est échappé. La clameur publique a suivi la fuite. Tout Camp Luka debout était décidé cette nuit-là, à mettre fin à la légende d’invincibilité de «  Coup de gaz ». Armés de bâtons et de barres de fer, de pierres et des bouteilles, les habitants de tous les quartiers l’ont alors pourchassé. Ils ont fini par l’appréhender. Epuisé, le criminel a été tabassé par la foule, chacun lui administrant soit un coup de bâton, soit un coup de poing. Bien qu’il soit défiguré, des gourdins continuaient à s’abattre sur son corps, au point qu’il a subi plusieurs fractures. Visage tuméfié, le corps endolori, «Coup de gaz» a été récupéré par les policiers. On laisse même entendre que pour l’empêcher de s’envoler, il avait attrapé une balle à la cheville.

            Aujourd’hui, la terreur personnifiée de Bandalungwa et du Camp Luka, est hospitalisée dans un centre médical de la place où elle suit des soins appropriés.

            Pour la petite histoire, la fougue de ce jeune homme âgé de moins de 25 ans,  a commencé très tôt. Ne pouvant faire les études primaires, il préférait se joindre aux garnements qui brutalisaient les petits écoliers à qui ils arrachaient des biens et des billets de banque. Le goût de l’extorsion cultivé au fil des années, finira par le basculer dans la petite criminalité, avant la grande.

            Armé d’une machette, «  Coup de gaz » opérait avec son ami et alter ego, le sinistre «  Tsukuma », actuellement en fuite et toujours recherché par la police. Le duo avait pour terrain de prédilection, Bandalungwa, Selembao et Camp Luka. Quelquefois, ils étendaient leur fief au quartier Jamaïque, dans la commune de Kintambo.

            On leur attribue une série de meurtres à la machette, dont entre autres, la mort d’un jeune homme au quartier Moulaert, qui s’apprêtait à voyager pour rejoindre ses parents en Europe. L’année dernière, une vendeuse de pains revenant d’une fête de mariage qui s’est terminée très tard, en compagnie de sa nièce, a été violée et tuée par la bande de ces marginaux qui n’avaient rien pris sur elle. Ce crime a choqué et révolté les habitants de la commune de Bandalungwa. D’autres crimes aux auteurs non identifiés par la police, leur seraient également attribués. Il appartient au Commissariat provincial de la police d’approfondir les enquêtes pour préparer un dossier en béton contre ce malfaiteur hors pair. L’on pense en priorité à la collecte des plaintes des victimes encore en vie, et à celles des familles des victimes. Il suffit d’ouvrir un registre et de sillonner les quartiers pour amasser les doléances contre ces marginaux.           J.R.T.    

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