Côte d’Ivoire : élection présidentielle : les préalables de transparence remplis

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Pays sortant d’une longue période de rébellion, la Côte-d’Ivoire va évacuer ce dimanche, l’épineuse question de la crise de légitimité qui a longtemps déchiré l’ex-colonie française, et renouer avec l’alternance au pouvoir par des voies démocratiques. La solution convenue par tous les protagonistes de la scène politique ivoirienne à l’issue de nombreux rounds de négociations, on le sait, passe nécessairement par les élections libres, démocratiques et transparentes. Et c’est ce dimanche, on garde encore son souffle,  que les scrutins vont enfin, départager les candidats en lice et dévoiler le futur président de la république de Côte-d’Ivoire. Trois prétendants au fauteuil présidentiel partent avec des pronostics favorables des sondages et l’appui de leurs partisans. Il s’agit de Laurent Gbagbo, le président sortant et candidat à sa propre succession, Henri Konan Bedié, ancien chef de l’Etat aussi et Alassane Dramane Ouattara.

Aux craintes émises par les uns et aux réticences exprimées par les autres, toute la classe politique ivoirienne et les autorités ivoiriennes ont fini par accepter que ces élections présidentielles puissent se dérouler dans la transparence.

On indique à ce sujet que le problème des garanties de crédibilité a été réglé avec le respect des préalables. Le recensement de la population ivoirienne a été organisé. On a pu ensuite identifier tous les électeurs à l’âge de voter. Et, on a publié les listes électorales, afin que les partis politiques puissent les consulter à leur guise pour s’assurer qu’elles n’ont pas été gonflées avec de personnes fictives, ni ne comportent des irrégularités.

            A la vue de tous ces efforts, de nombreux observateurs électoraux prédisent des scrutins apaisés pouvant servir d’exemple pour d’autres pays post-conflits du continent.  

            S’il y a eu débat sur le comptage, c’est pour éviter que les différences notoires des voix entre le nombre déclaré des votants et le nombre total des suffrages exprimés ne soient de nouveau, source des déchirements et des conflits interminables pouvant entraîner ce pays de l’Afrique de l’Ouest dans une nouvelle guerre.

            Aussi pour montrer que ces élections devaient être entourées de toutes les précautions d’usage et pour conjurer une fois pour toutes les démons de la contestation, ce  paquet des précautions a été requis quand on sait que dans les pays africains et autres de l’hémisphère sud, les perdants acceptent difficilement les défaites. Ce qui entraîne des affrontements entre partisans des vainqueurs des élections et ceux des perdants.

La classe politique ivoirienne a fait là, preuve d’un esprit de consensus sur un certain nombre des questions et de la volonté d’asseoir la démocratie véritable en Côte-d’Ivoire.

            A des milliers de kilomètres de là, la RDC, un autre pays post-conflit qui partage avec lui, autant des similitudes, est loin de suivre ce bel exemple de respect des préalables.

            Que ce soit lors des élections de 2006 ou pour les scrutins de 2011, les préalables du processus électoral n’ont jamais été la préoccupation des dirigeants de la Commission électorale indépendante.

            Les partis politiques de l’opposition se sont toujours époumonés  pour arracher la réalisation des préalables, afin que ces élections soient couvertes du sceau de crédibilité. Ces exigences ont été reléguées dans les oubliettes, comme si elles ne constituaient pas de gage de transparence.

L’opinion nationale qui suit avec curiosité, l’organisation de l’élection présidentielle de ce dimanche en Côte-d’Ivoire, se pose une foule des questions. Est-ce si difficile à la RDC de faire ce que font les autres pays du continent ?

            Pourquoi notre pays refuse t-il d’être le bon élève de l’application des principes démocratiques ?  Pourquoi veut-on entretenir autant de mystère sur la réalisation des préalables, comme si l’on avait beaucoup des choses à dissimuler ? Alors que la population congolaise dans sa majorité réclame à cor et à cris, des élections libres, crédibles, démocratiques et transparentes.

            Pas celles qui généreraient des contestations majeures et plongeraient le pays dans une confusion généralisée comme celle enregistrée en décembre 2006.

            Ce n’est pas sorcier, ni un miracle, ce qui est fait de bon en Côte-d’Ivoire ! 

                J.R.T.

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