Corruption : les vérités d’un ministre honoraire

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1307434195126Conscient qu’il n’y avait  rien de neuf que les gens ne puissent connaitre  en matière de combat contre la corruption dans notre pays, le député national Dieudonné Upira Sunguma Kagimbi, ministre honoraire de la Fonction Publique, a tout de même fait son état de lieu de la Législation congolaise en cette matière, lundi 11 novembre 2013 au Centre Cepas. A l’occasion d’une session de formation de renforcement de capacités des organisations de la Société civile et des médias dans le suivi des Accords régionaux et internationaux de la RDC en matière de lutte contre la corruption, l’ancien ministre a été tranchant en tentant de répondre à la question : A qui la faute ? « Nous le sommes tous ! », a-t-il répondu.

            En effet, en introduisant sa réponse, malheureusement, dans  une précipitation et une simplicité très  déconcertante de fois, tout le monde dit: « C’est le Gouvernement, parce que  le poisson pourri par la tête ou  qu’il n y a pas une mauvaise troupe mais de mauvais chefs ; C’est la volonté politique qui manque ; Le dysfonctionnement du secteur judiciaire ; etc. Et là tout le monde a raison !» a reconnu Dieudonné Upira.

Cependant, pour lui, la responsabilité est partagée. Tous sommes responsables, chacun selon ses capacités, de l’enlisement du combat contre la Corruption en RDC. « Nous nous enfermons dans d’autres  justifications, parce que nous ne sommes pas encore convaincus que la corruption fait plus  de victimes que  le VIH/SIDA, que  le paludisme et plus que  les forces négatives comme les M23. Et, au moment où,  toutes les parties prenantes (Environnement international, africaine, régional, sous régionale, national , provincial et local) réaliseront que la corruption en RDC tue plus que le VIH/SIDA, plus que le paludisme, que les maladies Chroniques non transmissibles… plus que le M23 et les autres  forces négatives ; alors l’on distribuera des ‘ARVAC =Anti Retro Viro Anti-corruption’, l’on distribuera le MIC (Moustiquaires Imprégnée de Corrumpicide, alors l’ONU  créera une Brigade Intégrée en RDC, elle  enverra une Madame Mary ROBINSON ;  l’Union Africaine enverra  une Madame ZUMA, Son excellence M. le Secrétaire général de l’ONU  nommera un Martin KOBLER et  les grands du monde parleront .

            Alors l’on convoquera les Concertations Nationales et il y aura le Congrès. Et alors ; la corruption reculera, comme reculent le VIH/SIDA, le Paludisme et pas plus tard que la semaine passée, comme  le M23 » a-t-il illustré, avec un brin d’humour, avant de se résigner de donner les résultats de l’opération « Tolérance-Zéro », lancée au lendemain des élections de 2006, par le président Joseph Kabila.

            Soutenant par ailleurs que le mal étant profond, ce président de l’Action des Parlementaires Anticorruption (APAC) et membre de Réseau des  Parlementaires  Africains  Anti-corruption (APNAC) a exhorté chacun où il se trouve de s’engager dans ce combat, non contre un esprit, mais une multitude d’esprits. « Notre problème, c’est le fait que nous regardons tous au sommet, alors que la Révolution française, c’est le produit du petit peuple ! Nous manquons de courage, nous pleurnichons beaucoup ! » a-t-il clamé.

            En conclusion, pour un  combat efficace contre la Corruption en RDC, l’ancien ministre préconise la combinaison de l’approche préventive et l’approche curative ; la poursuite des  responsables reconnus coupables de faits de corruption avérés ; l’autonomisation de l’organe de combat contre la corruption qui être rendu indépendant et lui allouer un budget conséquent; la clarification et la popularisation par le gouvernement de sa vision de combat contre la corruption ; la décentralisation de ce combat ; la mobilisation et l’adoption d’une stratégie commune, intégrée et concertée des pays de la Sous-région pour combattre  réellement  la corruption en RDC ; etc.

            Terminant son exposé sur fond d’une pensée de Franz Fanon « l’Afrique a la forme d’un révolver dont la gâchette se trouve en RDC», il a fait noter qu’avec toutes les richesses du sol, du sous-sol et du sur sol ainsi que toutes  les potentialités économiques dont regorge la RDC, si l’on veut réellement  combattre la Corruption dans le monde, il faut commencer par la combattre en RDC. « Et si l’on n’y prête pas attention  comme on l’a fait   jusque lors, la Corruption de la RDC finira par corrompre le Monde. Un homme averti en vaut deux ! »

            Notons par ailleurs que cette session se poursuit ce mardi 12 jusqu’à  vendredi 15 novembre 2013, sur fond des exposés des éminents orateurs Philippe Kayumba, Polydor Muboyayi, prof. Muteba, Ernest Mpararo, etc.

            Soutenue par l’ONG Open Society Initiative for Southern Africa( Osisa), la formation vise le renforcement du plaidoyer et du monitoring des organisations de la société civile(OSC) pour le respect des engagements internationaux et nationaux de la RDC en matière de lutte contre la corruption et aussi de renforcer l’échange des connaissances et la synergie du travail de la société civile dans l’analyse de la mise en œuvre des traités, protocoles et conventions relatifs à cette lutte.

Tshieke Bukasa

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