Corruption : la balle dans le camp des « grands »

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 Nombre de Congolais sont fatigués de débattre de la corruption. La société congolaise a désormais besoin d’actes significatifs en rapport avec la volonté de tous de rompre avec cette anti-valeur. Dans cette optique, d’aucuns pensent que la balle se trouve dans le camp des « grands ». Ici, une allusion claire est faite aux compatriotes chargés de la gestion des affaires publiques au sein des institutions tant nationales que provinciales, aux mandataires des entreprises du Portefeuille à ceux chargés, de négocier des contrats divers pour le compte de la République, de la passation des marchés publics, de la distribution des aides humanitaires, bref aux grands commis de l’Etat.
En fait, la corruption qui cause le plus de tort à la communauté nationale est celle qui concerne les dessous de table en termes de millions de Francs congolais ou de dollars américains. Lorsqu’un Congolais apprend que la signature d’un contrat léonin a rapporté gros à un membre du gouvernement ou à un manager d’entreprise publique, sa première préoccupation est de s’interroger sur ce qui va lui arriver en ces temps de la « tolérance-zéro ».
 Lorsqu’en lieu et place des poursuites judiciaires et d’une condamnation à une lourde peine de prison, le « corrompu » aligne un impressionnant parc automobile et se constitue un empire immobilier, cela donne tout de suite de mauvaises idées. Le magistrat, le huissier, le policier, le douanier, le fonctionnaire de l’administration fiscale, l’agent de l’hygiène, le maître d’école, l’élève, l’étudiant, le professeur, le journaliste, le footballeur, le musicien, le paysan, le cordonnier, le couturier …congolais ne peuvent être convaincus d’abandonner ce «sport national»si l’impunité règne en maître dans la cour des « grands ».
 Le policier de roulage peut-il se gêner de quémander 500 FC à un chauffeur de taxi-bus, au vu et su de tout le monde, s’il sait que des citoyens qui évoluent à l’étage supérieur pillent sans merci le patrimoine communautaire ? Quel remord peut ressentir un enseignant qui se contente de piquer 50 dollars à une étudiant pour un TFC (Travail de Fin de Cycle) face à un « grand » qui brille par un enrichissement rapide et illicite ?
 Le combat contre la corruption n’a de chance d’aboutir dans notre pays que si les « grands » donnent un signal fort dans le sens de l’intégrité morale, de la culture de l’intérêt général, du respect du bien commun, du partage équitable des richesses nationales. Tant que les prisons ne vont pas se remplir de ces « intouchables » qui se font corrompre à longueur de journée, au préjudice du grand nombre, il serait utopique de rêver de la fin de cette vilaine pratique. La balle est dans le camp des « grands ». Il leur appartient d’apporter à tous les preuves de leur volonté de tourner le dos au mal. Sinon, le pays va continuer de baigner dans l’hypocrisie.
   Kimp.

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