Corruption et le trafic d’influence : le secteur syndical de plus en plus au service des hommes politiques

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Ayant abandonné leur  terrain de prédilection et de bataille classique pour la corruption politique et le trafic d’influence, bon nombre des syndicats de la RDC, surtout ceux évoluant dans le secteur minier, sont confrontés à des sérieuses difficultés. Dont particulièrement en face des travailleurs totalisant des arriérés des salaires durant de nombreux mois car leurs dirigeants ne sont en fait que des marionnettes manipulées par des hommes politiques, eux aussi soudoyés par des employeurs utilisant des moyens financiers des entreprises pour corrompre au lieu de veiller aux règles de la gestion moderne en payant les salaires à temps et régulièrement.

            Pour s’en convaincre, a indiqué Gabriel TAMBALA, Secrétaire général de FOSCYCO, il suffit de surveiller les dernières élections syndicales où des prétendus dirigeants des syndicats se sont comportés en hommes de paille au service de certains acteurs politiques. C’est le cas de la société minière FRONTIER située à Sakania tout près de la frontière avec la Zambie, qui utilise une main-d’œuvre de l’ordre de 1.500 travailleurs et cadres supérieurs où un employé de la Société Nationale des Chemins de fer du Congo (SNCC) se retrouve par un heureux hasard comme secrétaire général d’un des syndicats- maison. Cet homme, qui se cache derrière un membre de la majorité présidentielle et député national élu du coin se sert aussi d’un chef coutumier pour sensibiliser les travailleurs en vue d’empêcher toute revendication salariale. Toujours selon ces sources, ce syndicaliste s’est tapé le luxe de louer un avion pour effectuer le déplacement de Sakania en compagnie d’autres acteurs politiques du coin pour surveiller les élections syndicales en vue d’y placer leurs hommes de paille. Selon TAMBALA Gabriel, le dirigeant de ce syndicat maison aurait remis la somme de vingt dollars à chacun des travailleurs pour bloquer la grève annoncée et destinée à revendiquer le paiement des arriérés des salaires de 70 mois. Il s’agit là d’un achat des consciences des travailleurs et un véritable trafic d’influence auquel il recourt régulièrement, a soutenu le secrétaire général de FOSYCO.

            Au cours de la même conférence de presse tenue au siège du FOSCYCO à Limete, Gabriel TAMBALA a dénoncé un litige des quatre mois d’arriérés des salaires à la Gécamines qui est à la base de la grève observée au niveau des usines et mines de Kolwezi. Un autre syndicat est dirigé comme par hasard par le fils d’un ancien ADG de la Gécamines, aujourd’hui député national et qui a été récemment interpellé à l’aéroport de Jobourg.

            A cause de ce trafic d’influence et d’achat massif des consciences des travailleurs, ces derniers totalisent 70 mois d’arriérés des salaires pénalisant ainsi le paiement régulier des cotisations syndicales. Une autre révélation faite par l’orateur, c’est que les élections syndicales n’ont pas eu lieu à la SNEL car le président de la délégation syndicale maison avait été recalé lors des primaires organisées et tenues par son propre syndicat. C’est ainsi que lesdites élections ont été renvoyées sine die. Voilà la situation dans ce secteur pourtant clé du monde des travailleurs et qui menace l’existence même du syndicalisme en RDC. Peut-on rêver encore des dirigeants de la trempe de Raphaël BINTOU, Alphonse-Roger KITHIMA, Cyrille ADOULA, BELCHIKA ?

F.M.

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