Coopération militaire RDC-Russie : les Sénateurs sont restés sur leur soif !

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Malgré le quitus donné par la majorité des votants pour la
ratification de la Convention sur la coopération militaire et
technique entre le gouvernement de la Fédération de Russie et celui de
la République Démocratique du Congo, les Sénateurs ont affiché le
sentiment de n’avoir pas trouvé satisfaction dans les explications
fournies par le ministre de la Défense nationale, Anciens combattants
et réinsertion, Crispin Atama Tabe, à leurs préoccupations lui
exprimées lors du débat.
Le ministre de la Défense nationale, Anciens combattants et
Réinsertion était venu, au nom du gouvernement, solliciter
l’autorisation de la chambre haute du Parlement pour la ratification
de la Convention sur la coopération militaire et technique conclue
avec la Fédération Russie en 1999.

Présentant l’économie générale de la Convention, Crispin Atama Tabe a
soutenu que le rapprochement avec la Russie pour la coopération
militaire, comme ce fut le cas avec la Chine il y a quelques années,
est motivé par des enjeux sécuritaires auxquels le pays fait face. Et
cela ne met pas fin aux accords et alliances militaires que la
République Démocratique du Congo avait conclus avec ses partenaires
traditionnels occidentaux.

Les Sénateurs veulent savoir ce que la RDC donnera en contrepartie

D’abord, il importe de signaler que lorsque le ministre de la Défense
a expliqué le bien-fondé de la Convention sur la coopération militaire
signée avec la Russie en vue d’obtenir l’aval du Sénat pour la
ratification de l’accord, les sénateurs n’étaient pas encore en
possession du texte de ladite convention. Sa distribution est
intervenue pendant le débat. Ce qui fait que les premiers intervenants
avaient exprimé leur inquiétude sur le fait qu’on leur demandait
d’accorder leur aval pour un texte dont ils n’avaient aucune
connaissance.
Dans le débat, les intervenants ont posé un certain nombre de
questions au ministre de la Défense, parmi lesquelles : pourquoi
solliciter l’autorisation de ratification en ce moment pour un accord
signé en 1999, soit 19 ans ? Qu’est-ce qui a motivé cette démarche en
ce moment ? Qu’est-ce que la RDC donnera en contre- partie des armes
que la Russie lui livrera ? Qui sont ces ennemis qui veulent attaquer
le Congo aujourd’hui, en juin 2018, pour que grâce à la coopération
militaire avec la Russie, nous puissions les mettre hors état de nuire
? Quels dividendes le pays a-t-il tirés de tous les accords militaires
conclus jusqu’ici ? Qu’est devenue la coopération la militaire avec la
Chine pour se retourner vers la Russie ?
Les sénateurs ont aussi voulu connaître l’identité des personnes qui
avaient apposé leurs signatures au nom du pays sur ladite Convention,
parce que leurs noms n’y figurent pas. Ils ont, en outre, voulu savoir
ce que l’accord signé est devenu du côté de la Russie.
Un autre intervenant s’est appesanti sur la problématique du
vieillissement des militaires congolais qui deviennent incapables de
défendre le territoire. Qu’attend le gouvernement pour procéder au
recrutement des jeunes en remplacement des militaires rongés par l’âge
?
Prenant la parole pour tenter d’apporter des réponses aux
préoccupations des sénateurs, le ministre de la Défense a réaffirmé
avec insistance que la signature de la Convention sur la coopération
militaire et technique avec la Russie, ne met pas fin aux accords et
alliances militaires conclus antérieurement avec les partenaires
occidentaux.
Concernant le contenu de l’accord, Crispin Atama a dit qu’il porte
sur la livraison des armes et autres matériels militaires par la
Russie à la RDC. Toutefois, le ministre est resté muet sur la contre
partie que le pays va apporter dans le cadre de cette convention.
Idem en ce qui concerne son activation en ce moment, 19 ans après sa
signature.
Concernant le vieillissement des militaires, il a signalé que de 2003
à 2015, plus de 15.000 militaires ont été envoyés à la retraite. Mais,
par manque des moyens, leurs indemnités de sortie ne sont pas encore
payées. Raison pour laquelle, l’opération se trouve bloquée par manque
de budget. Pour ce qui est du casernement, il a laissé entendre que la
réforme est appliquée de façon mitigée.

Kengo impose son veto

Comme ce fut le cas lors de l’examen et du vote de la loi portant
répartition des sièges dans les circonscriptions électorales, le
président du Sénat a décidé de «libéraliser» le ministre sans
soumettre la loi au vote de recevabilité. Cela s’est répété hier face
au refus de la plénière de mettre fin au débat aussi longtemps que le
ministre n’avait pas apporté de réponse sur l’identité des personnes
ayant signé la Convention au nom du pays. Malgré l’assentiment négatif
de la plénière, Léon Kengo a décidé de clore le débat et demandé au
rapporteur de procéder à l’appel nominal en vue de voter
définitivement la loi.
Avant le vote, des sénateurs sont revenus à la charge pour rappeler
qu’ils n’ont pas eu de réponses notamment sur la contrepartie que la
RDC pourra fournir à la Russie, et l’identité des personnes ayant
paraphé l’accord.
Sur les 66 sénateurs qui ont participé au vote, 57 ont dit oui, 1 non
et 8 abstentions.
Dom