Convention de Ramsar : un accord entre les deux Congo sur les lacs Tumba et Télé

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« Grâce à l’appui du Programme régional pour l’Afrique centrale (Carpe) à travers l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’accord de coopération entre les gouvernements de la Rd Congo et du Congo relatif à la mise en place de la binationale lac Tumba- lac Télé a été signé à Brazzaville le 5 aout 2010». C’est l’information livrée hier au siège de l’UICN par Toussaint Molenge Mangenza, point focal Carpe pour l’environnement. Bientôt, il y aura la cérémonie de présentation officielle de cet accord à Kinshasa, a-t-il signalé, pour entre autre, informer officiellement toutes les parties prenantes, la communauté nationale et internationale; avoir l’engagement des parties prenantes et définir une feuille de route pour la suite du processus… 

            Avec cet accord, a-t-il dit, les Etats parties s’engagent à coopérer, à mettre en place et définir les structures ou mécanismes de gestion rationnelle et durable des ressources naturelles de ce paysage transfrontalier.

            Le paysage du lac Tumba en Rd Congo et du lac Télé au Congo est la plus grande zone de marais et des forêts inondées en Afrique. Il s’étend sur 126.000 km2 entre ces deux pays et comporte deux aires protégées à savoir : la réserve communautaire du lac Télé (Congo) et la réserve naturelle de lac Tumba- Ledima (Rd Congo). C’est la plus basse des zones humides dans le bassin du Congo, et contient de nombreux types d’habitats, allant de forêts marécageuses et des prairies de savane jusqu’aux prairies aquatiques le long du fleuve Congo et ses affluents. Il est particulièrement important en biodiversité unique, notamment en espèces de grands singes comme les bonobos, chimpanzés et gorilles et des cultures humaines diversifiées.

            La binationale lac Tumba- lac Télé est le plus grand site Ramsar en Afrique centrale, a dit le point focal Carpe. La convention sur les zones humides, appelée Convention de Ramsar, est un traité intergouvernemental qui sert de cadre à l’action nationale et internationale pour la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources. Négocié tout au long des années 1960 par des pays et des organisations non gouvernementales préoccupés par la perte et la dégradation croissantes des zones humides qui servaient d’habitats aux oiseaux d’eau migrateurs, le traité a été adopté dans la ville iranienne de Ramsar, en 1971, et est entré en vigueur en 1975. C’est le seul traité mondial du domaine de l’environnement qui porte sur un écosystème particulier.

            La mission de cette convention est la conservation et l’utilisation rationnelle des zones humides par des actions locales, régionales et nationales et par la coopération internationale, en tant que contribution à la réalisation du développement durable dans le monde entier. La convention adopte une optique large pour définir les zones humides qui relèvent de sa mission, à savoir marais et marécages, lacs et cours d’eau, prairies humides et tourbières, oasis, estuaires, deltas et étendues à marée, zones marines proches du rivage, mangroves et récifs coralliens, sans oublier les sites artificiels tels que les bassins de pisciculture, les rizières, les réservoirs et les marais salants. La Convention de Ramsar définit l’utilisation rationnelle des zones humides comme étant le maintien de leurs caractéristiques écologiques obtenu par la mise en œuvre d’approches par écosystème dans le contexte du développement durable.

            Ainsi, a insisté Toussaint Molenge Mangenza, l’un des objectifs de cet accord est d’impliquer les communautés locales et de renforcer leurs capacités pour la gestion participative des ressources. Il y est aussi question de sensibiliser les communautés nationales et internationales sur l’importance de la biodiversité du complexe transfrontalier concerné. Ce paysage est l’un des douze sites du partenariat pour les Forêts du bassin du Congo, endossés par la Commission des Forêts d’Afrique centrale (COMIFAC) comme sites prioritaires pour la conservation de la nature. Cet accord est le tout premier passé sous la bénédiction de COMIFAC.

Jean- René Bompolonga

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