Contrats miniers léonins : Dan Gertler et consorts impliqués dans 22 sociétés offshore

0
51

 

C’est la principale information de la lettre ouverte publiée hier, lundi 28 mai, par Free Fair DRC, une structure qui travaille avec le député britannique Eric Joyce  et adressée à Aubin Minaku, président de l’Assemblée nationale pour procéder au nom du peuple congolais à la mise en place sans délai d’une commission d’enquête parlementaire sur les personnalités tant congolaises qu’étrangères impliquées dans la prédation des ressources du sol et du sous-sol. Selon cette lettre signée par Herman Nzeza Malungidi, le  représentant spécial de Free Fair DRC, il s’agit   notamment pour la chambre basse congolaise  de faire la lumière sur toutes les personnes qui se cachent derrière près de 59 compagnies fictives et écrans immatriculées aux iles Vierges   et sur le rocher de Gibraltar qui exploitent les mines congolaises Dan Gertler se trouve impliqué dans 22 d’entre elles.  Pour ce compatriote, il n’est un secret pour personne que le secteur minier congolais est géré comme un bien sans maitre, surtout ces derniers quatre ans, occasionnant un manque à gagner chiffré en milliards de dollars qui échappent à la fois au contrôle de l’Etat et au peuple congolais dont 71% vit dans la pauvreté extrême.   
 
Appel à la responsabilité  
 
Dans cette correspondance, Free Fair DRC indique clairement que toutes les informations qu’il apporte au speaker de l’Assemblée nationale sont de notoriété publique grâce au travail du parlementaire britannique qui avait mis en lumière  des transactions frauduleuses  entre le gouvernement congolais et les compagnies fictives installées dans de paradis fiscaux des îles de la couronne britannique dont le manque à gagner pour le trésor public congolais était évalué à 5,5 milliards de dollars. La disparité entre les deux parties est telle, dénonce  cette lettre,  que de carrés miniers bradés  aux vautours, pour la plupart sans aucune expérience dans le secteur minier  au prix d’une bouchée de pain, leur   rapportent  de sommes mirobolantes de manière que certaines de ces entreprises sont même  cotés en bourse en Grande Bretagne. Dans la foulée, la lettre  stigmatise si pas la complicité, mais la duplicité de la communauté internationale à travers les institutions de Breton Woods qui ferment les yeux devant cette situation et la misère de la population congolaise abandonnée par les grands du monde à son triste sort où son gouvernement vend secrètement les ressources de l’Etat à des mafieux soit disant compagnies fictives à de prix fortement en dessous de leur réelle valeur d’échange sans tenir compte de la population qui croupi dans la misère. Ces sociétés offshore sans morale, qui arrivent en Rd Congo n’investissent pas, n’apportent pas de capitaux au gouvernement congolais. Au contraire, rapporte Free fair DRC,  celles-ci par un jeu de passe-passe arrivent à  vendre de ressources acquises à faibles coûts aux sociétés minières pour de gros intérêts avec de profits pharaoniques.  Et si rien n’est fait,  prévient cette structure, des intérêts accrus de ces prédateurs vont éroder plusieurs milliards de dollars du trésor public congolais au cours de la prochaine décennie car le peuple congolais  ne connait pas du tout les clauses de ces contrats.     Bref, la gouvernance démocratique et la transparence dans le secteur minier ne sont pas près de voir le jour. Cela d’autant plus que l’évaluation minière en Rd Congo reste une chasse gardée de quelques initiés qui se comptent sur les bouts de doigts au détriment de fonctionnaires de ce ministère qui n’ont ni accès au code minier, ni règlement minier.  En substance, cette lettre met en lumière le paradoxe criant qui existe et est entretenu par de réseaux mafieux qui pillent la République parfois avec la complicité de fils et filles du pays. Elle demande à la représentation du peuple de s’en saisir. Car, nul n’est plus Congolais que d’autre. En définitive, par cette action, la lettre   voudrait que la RD Congo cesse d’être un pays assisté, car ayant tout pour se développer. Il faut surtout mettre fin à l’impunité et au déspotisme qui caractérise l’action publique en RD Congo. 
 
La magouille à fond
 
  Comme pour étayer ce safari minier planifié dont le peuple est victime et pousser les députés à dépasser le clivage majorité-opposition, la lettre pour faire bouger les lignes, reprend quatre contrats léonins   déjà publiés par l’enquête d’Eric Joyce  mondialement connus. 
Le premier en 2009, porte sur le projet massif de résidus de Kolwezi, un actif minier évalué par les experts miniers de « Numis Securities » à près de 2,5 milliards de dollars. Cette co-entreprise entre la Banque mondiale, la Gécamines et First Quantum Minerals. Cet actif a été saisi par le gouvernement et 70% des avoirs ont été secrètement attribués    à quatre sociétés fictives(Highwind)  basées dans les Iles vierges britanniques  n’ayant aucun antécédent professionnel dans le monde minier. Ce rapport regrette en substance que cette cession de gré à gré se soit fait sans aucun appel d’offres. Pour preuve, le nouvel acquéreur au lieu de prendre ses intérêts à 70%, a plutôt promis de payer 60 millions qui on été couverts par ENRC, une entreprise cotée en bourse à Londres à qui Highwind avait vendu  50% de ses intérêts. En quelques mois, Highwind, dont Dan Gertler et consorts sont parmi les premiers propriétaires   en vendant ses parts à ENRC à 175 Millions  de dollars, avait obtenu un autre prêt de 400 millions pour couvrir  toutes les obligations financières de la co-entreprise. Bref, pour n’avoir mis aucun sous dans la joint venture, Highwind a empoché de l’argent et une plus value de 35%  de la jointe venture. D’après l’enquête il y a un dividende plus élevée que l’intérêt du gouvernement congolais dans cette affaire.
Le deuxième cas, est celui de Glencore qui exploite les mines de cuivre et de cobalt   de Mutanda, dans lesquelles l’Etat possédait jadis  20%. En 2011, une société fictive, « Rowny Assets », sans activités connues a été créée dans les Iles vierges britanniques. Et seulement après un mois d’existence, cette société  sans un appel d’offres connu s’est adjugé la part du gouvernement pour 120 millions de dollars. Et quand on fait de projection sur ce que va gagner cette entreprise dans les 20 prochaines années, cela paraît scandaleux au regard de la participation de 20% des minerais qui ont été évalués à 850 millions de dollars. Rien que cette année, les 20% de cette offshore  vont générer 178 millions de dollars. De quoi récupérer déjà  sa mise et un intérêt  colossal de 58 millions de dollars. Cette enquête révèlé que Glencoré  qui prévoyait exploiter cette mine pour quarante ou cinquante ans a  affirmé que Rowny au même titre qu’Emerald Star et Highwind était associée à Dan Gertler.
Le troisième cas est celui de la mine de Kansuki dont la Deutsche Bank a estimé qu’elle pourra générer des recettes beaucoup plus importante que les mines de Mutanda. Dans cette mine, les 25% des parts de l’Etat, sans respect de la procédure et dans une opacité que seuls les Congolais connaissent  ont été vendues à vil prix à une nébuleuse dénommée  Biko Investcorp, toujours basée aux Iles Vierges. Cette société sans une histoire connue a acquis ses parts pour une modique somme de 17 millions de dollars. Encore une fois, cette société a été rattachée à Dan Gertler. 
Le dernier cas qui date de 29 octobre 2009, est celui de tour de magie autour d’Esmerald Star, toujours immatriculée aux Iles Vierges Britanniques qui a conclu un marché avec ENRC (Eurasian Natural Ressources Corporation) dans laquelle le nom de Dan Gertler apparait une fois de plus. ENRC a accepté de prendre 50% des parts pour 75 millions de dollars au sein de SMKK qui ne possède pas encore cette société au moment de l’accord. Et c’est seulement deux mois plus tard qu’Esmerald Star grâce à la première tranche de 25 millions versée par ENRC va acheter SMKK au gouvernement pour 15 millions de dollars. Au même moment, SMKK avait été évaluée une année plus tôt à 170 millions. Par ailleurs, en dépit de conditions de  gouvernance et de transparence édictées par le Fmi, à ce jour, le gouvernement congolais n’a jamais daigné révéler les conditions de ce marché.
 
  A.V       

LEAVE A REPLY

*