Contrats chinois et Initiative PPTE : RDC, pari risqué et réussi !

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Le gouvernement congolais avait pris un gros risque en 2007. C’était celui de signer une convention de coopération avec l’Etat chinois, en vue du financement des travaux d’infrastructures, alors qu’il était engagé dans une course de fond avec le FMI, la Banque Mondiale, la BAD ainsi que ses partenaires bilatéraux, dans le cadre de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative pays pauvres très endettés. La République Démocratique du Congo avait pratiquement le couteau sous la gorge. Il y avait d’une part l’impératif de se doter absolument d’infrastructures de base compatibles avec les besoins de son développement et, d’autre part, le souci de sortir du cercle vicieux de l’endettement extérieur et du service de la dette.

Double pari, mais aussi double risque : celui de compromettre des opportunités de financement des travaux de construction de ses routes, chemins de fer, aéroports, ports, ponts, bâtiments publics, hôpitaux, universités et écoles…et celui de perdre le bénéfice de l’allègement de sa dette extérieure publique à une hauteur proche de 90 %.

Le Président de la République, Joseph Kabila d’abord, et le Premier ministre, Adolphe Muzito ensuite, ont toutes les raisons de crier victoire sur les deux tableaux. Car, en assumant avec responsabilité, détermination et lucidité les engagements pris tant avec les partenaires chinois qu’avec ceux des institutions de Bretton Wood, ils ont réussi là où beaucoup redoutaient un double désaveu. Le sérieux et l’honneur des Congolais et de leurs gouvernants sont donc saufs.

Hier jeudi 08 juillet 2010, devant un partenaire d’invités dont des diplomates, des chefs d’entreprises publiques et privés, qui se sont joints aux membres du gouvernement, Adolphe Muzito a fixé les esprits sur les performances que tout le monde est en train de saluer. En effet, de 13,7 milliards de dollars américains, le stock de la dette extérieure publique de notre pays va se situer, à la fin de l’exercice 2010, à 3 milliards Usd, soit une chute libre de 125 % à 24% du produit intérieur brut.

Le Premier ministre s’est empressé de souligner que l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE ne donne pas à notre pays le visa du gain facile. Bien au contraire ! Les nouveaux défis se déclinent en termes de stabilité macro-économique, d’accroissement des recettes intérieures, d’amélioration du climat des affaires, de lutte contre la pauvreté, de réformes des entreprises publiques, de transparence dans la passation des marchés publics, de boostage du système bancaire, etc.

L’Etat et les privés devraient pratiquement se donner la main pour la création de nouvelles richesses.

Non seulement il va falloir faire attention au risque d’un endettement aveugle mais aussi jouer la carte de la transparence dans les secteurs les plus porteurs, notamment ceux des mines et du pétrole. L’Etat congolais devrait d’urgence réaménager le budget 2010 en fonction des recettes additionnelles provenant de la réduction sensible du service de la dette. A ce sujet, Adolphe Muzito s’est engagé à rencontrer les attentes de notre peuple dans le volet social, sous le contrôle du Chef de l’Etat.

Le temps du pessimisme ambiant sur l’avenir collectif est révolu. Il faut toutefois se garder de tomber dans des excès de nature à remettre en cause les acquis du PPTE et des contrats chinois. 

Kimp

 

 

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