Kodjo démarre avec la société civile

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Edem-KodjoEdem Kodjo est à bout de patience. Le facilitateur désigné par la présidente de l’Union Africaine pour conduire le dialogue en République Démocratique du Congo a décidé de confier les préparatifs de ce forum à un « groupe de travail » composé exclusivement de 10 délégués de la Société civile.

Raison avancée : l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), parti phare de l’opposition et principal protagoniste à ce dialogue, traîne les pieds pour déposer la liste de ses délégués au Comité préparatoire.

Au cours de son point de presse du vendredi 20 mai 2016  dans son cabinet de travail situé dans l’immeuble Serkas, sur le boulevard du 30 Juin, dans la commune de Gombe, l’ancien premier ministre togolais a fait part des difficultés à obtenir la liste des délégués de l’UDPS au Comité préparatoire.

Il a révélé avoir fait le déplacement de Bruxelles, sans succès, dans le but de recevoir ladite liste, en mains propres, de Tshisekedi lui-même.

Pour parer au plus pressé, Kodjo a annoncé le démarrage, cette semaine, des travaux préparatoires du dialogue au niveau d’un groupe de travail de 10 membres de la Société civile. Toutefois, il a été formel : le dialogue ne se tiendra pas sans l’UDPS, compte tenu de son poids politique. Lors des élections de 2011, a-t-il souligné, le parti d’Etienne Tshisekedi avait démontré son poids politique et sociologique incontestable en République Démocratique du Congo, en remportant de nombreux sièges à l’Assemblée nationale.

Kodjo a souligné que le dialogue serait sans objet sans la participation de l’UDPS et de son président, Etienne Tshisekedi, qui mène un combat noble pour la démocratie dans son pays, admiré par tous les Africains qui aspirent à la liberté et au respect des droits de l’homme dans leurs pays. « Prions pour que le Saint Esprit, en cette période de Pentecôte, puisse convaincre l’UDPS et son président de déposer la liste de leurs
délégués pour débloquer le dialogue qui n’a que trop traîné », a indiqué l’ancien Secrétaire Général de l’ex-OUA (Organisation del’Union Africaine).

S’agissant de l’idée d’un panel pour l’aider dans sa lourde charge,
le diplomate togolais n’y trouve pas d’inconvénient, mais regrette
l’argumentaire développé par la Dynamique pour la justifier.
Concernant une frange de l’opposition favorable au dialogue, notamment
le groupe de Bitakwira et de Mbikayi, le facilitateur a affirmé qu’il
ne représente pas grand-chose pour prétendre à un poste au Comité
préparatoire.
A l’en croire, sa main reste toujours tendue en direction des
anti-dialogue, qui se recrutent au sein du G7 et de la Dynamique de
l’Opposition.
Il a indiqué avoir pris des contacts pour rencontrer le candidat du
G7 et de l’AR à la présidence de la République, Moïse Katumbi. Mais
une lettre du président de l’UNAFEC, Gabriel Kyungu, lui avait fait
savoir qu’il n’était pas le bienvenu au Katanga. Kodjo reconnaît que
le dialogue a besoin d’un environnement propice pour se tenir et
donner les résultats escomptés.
ERIC WEMBA
Composition du Groupe de Travail
1. Abbé Donatien NSHOLE (CENCO)
2.Révérend Pasteur François-David EKOFO
3. Marie-Madeleine KALALA (CNC)
4. Jonas TSHIOMBELA (CNC)
5. Jérôme BONSO (RECIC/AETA)
6. Maguy KYALA (Forces Vives)
7. Albert YUMA (FEC)
8. Dirk SHAKA (LUCHA)
9. Jean-Pierre ALUMBA LUKAMBA (Diaspora)
10. Juliette MUCHOLE (Députée MSR)