Contentieux électoral : Kamerhe saisit la Cour Suprême de Justice

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Vital Kamerhe, président national de l’UNC (Union pour la Nation Congolaise), un des candidats à l’élection présidentielle du 28 novembre 2011, a déposé hier lundi 12 décembre dans l’après-midi au Greffe de la Cour Suprême de Justice (CSJ), au nom de l’ensemble de l’Opposition (ailes Fatima et Sultani) une requête en annulation des résultats de ce scrutin. Accompagné de plusieurs de ses pairs de cette famille politique, notamment Serge Mayamba et Félix Tshisekedi (UDPS), Franck Diongo, Claudel Lubaya (UNC), l’ancien speaker de l’Assemblée Nationale s’est présenté au siège de la haute cour vers 15 heures. Il s’est plié à toutes les formalités de la procédure édictée par la Loi Electorale en matière de saisine, en ses articles 73, 74, 75 et 79.

Aussitôt après s’être plié aux exigences procédurales, Vital Kamerhe a improvisé un point de presse dans l’enceinte même de la Cour Suprême de Justice. Souriant, il a justifié la requête de l’Opposition par la nécessité de faire échec au « hold up électoral » organisé, selon lui, par la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante). Il a précisé que sa démarche avait reçu l’aval de tous les leaders de l’Opposition, y compris Etienne Tshisekedi. Il a tenu à relever toutefois que sa plate-forme politique ne se faisait pas d’illusion au sujet de la suite que cette juridiction va y réserver.

A l’en croire, la Cour Suprême de Justice, vidée de son indépendance car inféodée au pouvoir en place, ne saurait remettre en cause les résultats provisoires de la présidentielle rendus publics par la CENI le vendredi 09 décembre 2011. En sa qualité d’ancien président du Bureau de l’Assemblée Nationale, il a rappelé que les magistrats qui composent actuellement cette haute cour avaient été nommés en pleine campagne électorale et avaient prêté serment devant le Chef de l’Etat sortant, candidat à sa propre succession, le 26 novembre 2011 à Lubumbashi, soit 48 heures avant la présentation des électeurs devant les urnes. L’ordonnance de nomination de ces magistrats était prise, selon Kamerhe, en violation de la Constitution de la République.

En dépit du dysfonctionnement de la justice congolaise, a-t-il expliqué, l’Opposition a tout de même décidé de se conformer aux prescrits de la Loi Electoral en matière de contentieux électoral à la suite des appels de la Communauté Internationale et du Cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, Archevêque de Kinshasa, qui ont recommandé à cette plate-forme politique de privilégier les voies légales, sous la haute surveillance du peuple congolais. Ce dernier, selon Kamerhe, ne demande rien d’autre que le respect strict de sa volonté, telle qu’exprimée dans les urnes le 28 novembre 2011. Ainsi, la fête de la victoire de l’Opposition à l’élection présidentielle serait légale et totale sur l’ensemble du territoire national, au lieu des réjouissances sélectives et en catimini.

Le candidat numéro 5 a enfin demandé à la Cour Suprême de Justice (CSJ) de dire réellement le droit afin de redorer le blason terni de la justice congolaise jugée incapable de gérer avec transparence et impartialité les contentieux électoraux.

Peu après cette sortie médiatique, Vital Kamerhe a pris le chemin de la salle des conférences de la paroisse Notre Dame de Fatima, où il a été accueilli chaleureusement par d’autres membres de l’Opposition, notamment Chalupa, Fayulu, Lumeya, Olenghankoyi, Lisanga Bonganga, Vuemba, etc. C’était pour faire la restitution de sa « mission » à la Cour Suprême de Justice. Il en a appelé à la consolidation de l’unité de cette famille politique, pour l’intérêt supérieur de la Nation. Dans ce même registre, l’ancien président de l’Assemblée Nationale s’est réjoui de la réaction du Cardinal Monsengwo, qui a apporté un grand réconfort moral à ses compagnons en estimant que les résultats publiés par la CENI n’étaient conformes ni à la justice, ni à la vérité.

Vital Kamerhe a révélé que 165 avocats se sont offerts pour soutenir gratuitement la cause de l’Opposition devant la Cour Suprême de Justice. Au vu de ce panel des toges noires, les observateurs pensent que les débats s’annoncent houleux devant la Cour Suprême de Justice.

Eric Wembakungu

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