Consultations post-dialogue : la Cenco hier chez Tshisekedi

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Des évêques congolais membres de la Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des évêques congolais membres de la  Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Des évêques congolais membres de la Cenco le 23/6/2011 au centre Nganda à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Une délégation de la CENCO (Conférence Episcopale Nationale du Congo), conduite par son président en personne, Mgr Marcel Utembi, Archevêque de Kisangani, et composée de Mgr Ambongo, de l’abbé Sébastien Nshole et a été reçue hier lundi 07 novembre 2016 dans l’après-midi par Etienne Tshisekedi, président du Comité des Sages du Rassemblement, dans sa résidence de la rue Pétunias, dans la commune de Limete. Selon des sources dignes de foi, l’entretien a duré environ trois quarts d’heure.

Au sortir de cette audience, Mgr Utembi et sa suite se sont refusés à toute déclaration à la presse. Pour leur part, les observateurs notent que cette rencontre intervient 48 heures après l’interdiction du meeting du Rassemblement, assortie de la mise en résidence surveillée de Tshisekedi pendant environ 24 heures, du verrouillage par la police de toutes les voies conduisant à sa résidence ainsi que de l’improvisation d’un match de football à durée indéterminée à l’esplanade du boulevard Triomphal, sous haute surveillance policière.
 
            On croit savoir que le pourrissement continu des relations entre la Majorité présidentielle et l’Opposition réunie sous la bannière du Rassemblement des Forces Politiques et Sociales Acquises au Changement doit avoir interpellé et décidé la CENCO à aller échanger avec Etienne Tshisekedi autour des voies et moyens de sortir de la crise politique actuelle. On pense qu’elle a également été encouragée dans sa démarche par la concession majeure faite par le Rassemblement au pouvoir en place, dans son mémo remis le mercredi 02 novembre aux Evêques catholiques, et dans lequel ce regroupement politique se déclarait prêt à tolérer un court « glissement » du calendrier électoral jusqu’en 2017.
            Au regard des incidents du samedi 05 novembre qui risquaient d’hypothéquer les chances de rapprochement entre les partisans de l’Accord politique du 18 octobre signé à la Cité de l’Union Africaine et ceux qui l’ont rejeté, la CENCO s’est trouvée dans l’obligation de recréer la confiance en reprenant rapidement langue avec le numéro un du Rassemblement en vue de rediscuter ensemble des mesures de confiance attendues de la Majorité et contenues dans ledit mémorandum. On peut rappeler, à ce propos, que Tshisekedi et ses alliés politiques exigent la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinions, la cessation des poursuites judiciaires contre tous les opposants, le retour au pays des exilés politiques, la réouverture de tous les médias proches de l’opposition, l’ouverture des médias publics à tous les courants d’opinions, l’organisation jumelée des élections présidentielle et législatives nationales à une date très précise de l’année 2017,  la recomposition de la Cour Constitutionnelle, de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) et du CSAC (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication), la mise en place d’un comité de suivi de la transition, etc.
            Le passage de la CENCO hier par Limete, pense-t-on, laisse la porte ouverte à un nouveau round de consultations entre celle-ci et la Majorité présidentielle, en vue d’évaluer les chances d’harmonisation de ses divergences avec celles du Rassemblement. On croit que plusieurs missions de bons offices des Evêques catholiques en direction des deux camps seraient nécessaires pour évoluer vers un consensus politique autour de l’après décembre 2016.
            S’il y a un vœu qu’émettent nombre d’analystes politiques, c’est de voir les « faucons » de la famille politique du Chef de l’Etat cesser des actes de provocation en direction des forces politiques et sociales qui ne partagent pas leurs velléités de « glissement » par défi. Au-delà de leur survie politique et de leurs intérêts égoïstes, ils devraient savoir qu’il y a un peuple et un pays en danger à sauver par leur retour dans la voie de la démocratie. L’alternance politique au sommet de l’Etat, par des voies démocratiques, est capitale pour permettre au peuple, comme cela est si bien dit dans l’hymne national, de dresser son front et de sortir des humiliations de toutes sortes liées au manque de culture politique dans le chef de sa classe politique.
                                    Kimp