Consultations au titre de l’Article IV : Gouvernement-FMI : après la tempête, le beau temps

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patrice_kitebi_0Le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Finances, Patrice Kitebi, et le chef de mission du Fonds Monétaire International( FMI) en RDC, Norbert Toe, ont conjointement animé, vendredi 21 février 2014 au ministère des Finances, une conférence de presse pour rendre compte des résultats partiels recueillis après échanges avec différents partenaires congolais( le gouvernement, la Banque Centrale du Congo, les services mobilisateurs des recettes, la Société civile, le secteur privé, les députés et sénateurs, etc.) .  Et ce, avant l’étape finale de Lubumbashi où la mission devrait entreprendre des discussions dès le week-end dernier avec les opérateurs du secteur minier.

Devant la presse, Patrice Kitebi et Norbert Toe ont salué des « convergences de vues » sur les cinq thèmes principaux de ces consultations pour l’année 2014.  Il s’agit, au regard du contexte et des réalités de l’économie congolaise, de « la préservation de la stabilité macroéconomique ; la promotion d’une croissance inclusive reposant sur une économie diversifiée ; le défi de la mobilisation de recettes publiques pour financer le développement ; l’amélioration de la transparence et de la gestion dans le secteur des ressources naturelles ; et la promotion de la stabilité et du développement financiers ».

A l’expiration du Programme Economique du Gouvernement (PEG 2), rappelons-le, en décembre 2012, le ciel s’était assombri entre le gouvernement congolais et le FMI. Une indignation avait été même exprimée par le gouvernement car  la mesure de suspension s’était avérée « disproportionnée » par rapport aux réalités du terrain.

Beaucoup d’eau avait coulé sous le pont depuis l’expiration de ce second Programme, sans pour autant voir le FMI se  détourner de la RDC. Preuve de son attachement au pays – bien qu’aucun accord formel ne les lie depuis décembre 2012 – cette  délégation du FMI qui a pris contact avec différents experts congolais, publics et privés, dans le cadre des consultations au titre de l’article IV des statuts du FMI.

Cependant, de l’avis du ministre délégué aux Finances, cette décrispation n’ouvre pas automatiquement la voie à la relance des discussions pour la conclusion d’un nouvel accord formel avec le FMI, dans la mesure où, s’est-il défendu, ce point n’a été inscrit à l’ordre du jour de la mission en séjour en RDC. « La mission n’a pas vocation de relancer les discussions sur la négociation d’un nouveau programme. Il s’est limité aux consultations au titre de l’article IV des statuts du FMI », a précisé l’argentier national, faisant tout de même penser que le fait d’harmoniser les vues sur des thèmes qui ont pendant longtemps fait polémique, est la preuve qu’entre les deux parties, l’heure est à la décrispation. D’autant plus que la RDC n’a jamais renoncé aux services du FMI.

Le ministre délégué aux Finances a, au finish,  salué la présence en RDC d’une mission du FMI dans le cadre des consultations au titre de l’article IV de son statut. Autrement dit, l’harmonie est au beau fixe car la RDC rentre dans le giron du FMI.

Rappelant pour sa part, les contours du concept « Article 4 », Norbert TOE a indiqué que chaque année, une mission du FMI se rend une fois dans un pays pour discuter avec les autorités sur l’évolution de l’activité économique et financière en faire une analyse qui sera soumise au gouvernement. « Ce dernier, à son tour, va y réagir et nous reportons le tout à notre conseil d’administration qui, sur cette base, fait des recommandations au gouvernement…», a-t-il indiqué, tout en précisant que leurs discussions avec les officiels congolais ont porté sur ce qui s’est déjà fait en 2013.

Paraphrasant le ministre délégué aux Finances à l’ouverture de cette évaluation au Cercle de Kinshasa, Toué a fait noter que la croissance économique a été très forte en 2013 en RDC, tirée par le secteur minier, essentiellement avec le cuivre qui, grâce à la production de 900.000 tonnes l’année passée, est en train de revêtir sa robe d’antan. Conséquence : la croissance s’est fortement confortée à 8,5%.

Concernant l’inflation, elle est tombée à un niveau historiquement bas en 2013, un glissement annuel de décembre 2012 à décembre 2013(1,07%).

Quid du taux de change ? Le Franc congolais a connu une stabilité remarquable car, il y a quelques années pour dîner à Kinshasa, il fallait amener un sac d’argent.

Questions-réponses

            Le FMI avait interrompu son programme dans la gestion des ressources naturelles, y a-t-il eu amélioration en 2013 ? La libéralisation du secteur des assurances ? Dédollarisation ? La croissance à deux chiffres, dans quel secteur allez-vous le trouver pour l’atteindre ? La question de l’inclusivité de la croissance ? Tel est l’échantillon des préoccupations soumises par les journalistes au tandem gouvernement-FMI.

Toe a expliqué, entre autres, que le programme avait expiré en décembre 2012 et non interrompu. «Il n’a pas été renouveler pour des questions de transparence dans la gestion des ressources naturelles. Après la réunion de Tokyo, beaucoup de progrès ont été faits. Malgré tout, quelques dossiers résiduels qui restaient ont été résolus puis qu’en mai moi-même, j’ai envoyé une lettre au ministre pour dire que le FMI était prêt pour entamer des discussions sur un nouveau programme. Déjà, le gouvernement lui-même a décidé de rendre publics, dans les 60 jours, tous les contrats relatifs aux ressources naturelles. Pour nous, cela constitue une avancée significative et encourageons le gouvernement à amener les entreprises et les acteurs du secteur des ressources naturelles à se conformer aux décisions du gouvernement », a-t-il longuement expliqué.

Pour Kitebi, il y a eu des progrès substantiels au cours de la dernière période. Le projet de libéralisation du secteur des assurances a été bien préparé et finalement l’assemblée nationale l’a adopté. Il espère qu’au cours des semaines qui arrivent, il serra effectivement promulgué car ce domaine est essentiel. «Vous ne pouvez pas imaginer que les gens qui prennent le risque d’investir ne soient pas couverts pas une assurance crédible. Je suis désolé, ‘Jeudi Sinistre’, ce n’est pas ça l’assurance… ».

Pour dédollariser, le gouvernement n’a pas du tout l’intention de réquisitionner les fonds des entreprises publiques, privées, ou des agents économiques, des ménages qui sont dans des banques.

Enfin, conscient que le passage au taux de croissance à deux chiffres n’est pas un jeu d’enfant, il a réaffirmé l’engagement de continuer de faire des réformes importantes, notamment l’amélioration du climat des affaires, la mise en place des parcs agricoles, etc.

 

Tshieke Bukasa

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