Constitution : la bataille sera longue

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IMG_0308La coïncidence est presque troublante. Au moment où Lambert Mende, ministre de la Communication et Médias soulignait hier matin à l’intention de la presse et de l’opinion la détermination de la Majorité au pouvoir d’aller jusqu’au bout de sa logique en ce qui concerne la loi fondamentale du pays, les acteurs de la Société civile se réunissaient au CEPAS pour débattre de la même matière et réaffirmer leur opposition farouche à la révision ou au changement de Constitution.

Pendant de nombreuses heures, la question a été analysée sous toutes les coutures et il est apparu aux yeux des acteurs de la Société civile que ce serait trahir tous ceux qui sont morts pour l’avènement d’un système démocratique dans notre pays que de laisser passer des actes dont la finalité est de ressusciter la dictature en RDC au moment où, partout à travers la planète, tous les peuples aspirent à des systèmes de liberté pour accéder à un véritable développement.

Disant non à la privatisation de la République, ils ont rappelé qu’il n’y a pas de pays sans peuple et que nul n’a donc le droit de traiter d’une question aussi cruciale en ignorant complètement la population vers qui on s’était dirigé pour adopter le texte que l’on conteste aujourd’hui. Ne pas ignorer la population, c’est d’abord et avant tout s’assurer que les imperfections que l’on prétend déceler dans la loi fondamentale en vigueur sont aussi considérées comme telles par le peuple. Et si tel n’est pas le cas, cela signifie simplement qu’on a aucun respect pour le peuple et que tout ce qui est entrepris l’est uniquement pour assurer le confort de ceux qui dirigent.

Pour mieux comprendre la démarche des partisans des tripatouillages de la Constitution, les organisations de la Société civile ont analysé les raisons qui fondent la démarche des révisionnistes de la M.P.  Ils ont également analysé la loi portant propositions des garanties pour les anciens chefs de l’Etat, et l’opportunité d’un referendum populaire.  Après débats et délibérations,  les participants ont émis une série de recommandations qui seront portées à la connaissance de toutes les parties y compris les deux Chambres du Parlement. Ils se sont également engagés à sensibiliser la population sur le risque réel du retour au régime de la pensée unique caractérisé par des dérives autoritaires et des atteintes aux droits fondamentaux de l’homme. C’est pour toutes ces raisons qu’ils vont s’employer à mobiliser la population contre toute tentative de révision de la Constitution.    Quant à l’opportunité d’un referendum populaire, elles se sont juste appropriées d’un extrait tiré du livre d’Evariste Boshab intitulé «Entre la révision de la constitution et l’inanition de la nation », publié à Bruxelles en 2013, aux pages 320-321. Dans cet extrait, l’auteur révèle que le referendum pose des difficultés quand à la capacité du peuple à se prononcer en connaissance de cause… Celui-ci ne permet pas à ceux appelés à se prononcer de saisir les vrais enjeux puisque la matière dont la question du referendum est élaborée, semble être entourée d’une certaine ambigüité. «Tout se réduit, en définitive, à une sorte de plébiscite » : on s’accorde plus sur la personnalité qui  pose la question que sur la question elle-même…», affirme l’auteur.

En ce qui concerne la proposition des lois portant garanties pour les anciens chefs de l’Etat, les acteurs de la société civile estiment que ladite loi devrait revêtir un caractère impersonnel et être complémentaire à l’article 104 de la constitution qui stipule  que les anciens présidents élus sont de droit, sénateurs à vie. Cette loi devrait aussi renforcer les garanties judiciaires, sécuritaires, matérielles, protocolaires des anciens chefs de l’état tout en conciliant les impératifs de la lutte contre l’impunité avec le respect des droits de l’homme.

Mise à jour des résolutions du sommet USA-Afrique

Le sécrétaire exécutif de l’A.E.T.A, Gérard Bisambu, l’un des représentants de la société civile à ce sommet, a fait la restitution des travaux et les différentes recommandations émises à cette occasion par la société civile congolaise. Notamment s’abstenir de changer la constitution en période préélectorale,  organiser des élections de manière démocratique, soutenir la lutte contre l’impunité, etc.  Il a aussi fait savoir les raisons avancées par la M.P sur la révision de la constitution, les points de vue de l’opposition et celles de la société civile.

Pour l’opposition par exemple, la majorité tente de changer la constitution pour se maintenir au pouvoir. Chose qui fera en sorte que l’opposition ne soit jamais à la tête du pays. Pour s’y faire, a-t-il rapporté, l’opposition a fait savoir  qu’elle serait contrainte de mettre en action l’art 64 de la constitution, qui recommande aux congolais de faire échec à tout individu qui prend le pouvoir par la force.

Quant à la majorité, la constitution souffrirait d’un déficit de légitimité puisque le peuple n’aurait pas été bien consulté, elle serait souillée par la marque des belligérants,  celle-ci aurait été imposée par la communauté internationale, etc.

Conclusion de l’Abbé José Pundu

L’important est de s’engager dans une autre manière de faire les choses. C’est-à-dire veiller sur trois choses : la vision que la Société civile a du Congo, les personnes susceptibles de porter cette vision et réfléchir sur les ressources matérielles et financières dont doit disposer la RDC pour promouvoir son indépendance.

Perside DIAWAKU

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