Congrès de l’UNPC : sévère diagnostic des médias

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Le 8ème Congrès de l’UNPC a été ouvert le samedi 19 juillet 2014, en présence du Ministre des Médias, Lambert MENDE, et des membres effectifs et les délégués des organisations associées ainsi que des invités de marque dont le Délégué principal de l’Union Européenne.

 Hormis la cérémonie d’ouverture officielle des travaux qui s’est déroulée au Centre d’accueil CARITAS, la deuxième partie de cette première journée du congrès était consacrée entre autres à l’intervention du ministre de tutelle, qui a planché sur le thème de la «Nouvelle citoyenneté et la mission sociale des médias». Dans son exposé, il s’est focalisé sur les attitudes et caractéristiques d’un bon citoyen en général et du journaliste en particulier.

Il a, en outre, prôné une nouvelle politique de gestion du secteur de la presse qui devra tenir compte de plusieurs questions pertinentes et essentielles. Pour lui, il faudrait mettre en place « un ordre professionnel  des  journalistes ».

Comme remède aux différents fléaux qui rongent le secteur de la presse, le gouvernement, par le biais de son porte-parole, a donné un moratoire de 45 jours aux médias qui ne sont pas en règle avec les prescrits de la loi sur la liberté de la presse en RDC.

La deuxième communication était celle du secrétaire permanant du Conseil Supérieur de la Magistrature, qui a réfléchi sur « l’impact juridique de la carte de presse ». Pour lui, la carte  de presse est une carte de service qui permet juste aux journalistes de travailler. Mais cela ne les exonère pas des poursuites en cas d’infractions.

Hier dans l’avant-midi, l’on a assisté à une panoplie des communications sur le thème « de la collaboration entre la Police Nationale Congolaise et la presse : quelle valeur juridique au laissez-passer presse ? » par le général Djoka Kamanda, chargé de la réforme de la police.

L’abbé Jean Bosco Bahala, président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication,  a parlé du fonctionnement de son institution qui est une instance de régulation des médias congolais. Il a expliqué les objectifs et tâches qui ont été confiées à son institution, selon le décret présidentiel la créant et des différents l’opposant aux entreprises de presse d’une part et la mauvaise perception par les particuliers des missions dévolues au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication.

En début d’après-midi, trois panels étaient au rendez-vous, notamment celui de Polydor Muboyayi Mubanga, président de l’Observatoire des Médias Congolais et Editeur du quotidien « Le Phare » qui s’est focalisé sur « la viabilité des médias en République Démocratique du Congo». L’orateur a fait savoir que la résolution des problèmes et difficultés auxquels sont butés les médias congolais émanent de la loi qui régit ledit secteur dont la loi de 1996.

Il a plaidé pour que la loi sur « l’accès à l’information » soit votée et promulguée. Pour ce faire, il a suggéré que les organisations étroitement liées au secteur de la presse organisent des actions de plaidoyer et de lobbying auprès des différentes instances étatiques.

Il a terminée sa communication en examinant les bienfaits de l’aide directe et indirecte à la presse. En parlant de l’aide, il a évoqué l’article 24 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, qui garantit à chaque Citoyen le droit d’être informé.

Quant à la deuxième intervention, Moise Musangana, directeur des Programmes à Canal Kin Télévision, s’est étendu sur « la place prépondérante des médias modernes en RDC ». Il a épinglé les questions de fond sur l’organisation des organes de presse et celle de la compétence et devoirs des professionnels dans la société congolaise. Il a proposé quelques pistes de solutions, telles que mettre place un comité directeur constitué  des personnes compétentes pouvant redorer l’image de la presse ; l’aménagement d’un bon environnement  juridique sain.

La troisième communication a porté sur « l’état des lieux de la viabilité en province, cas du Sud Kivu », par Solange Lusiku, éditrice du journal « le Souverain ». En province, a-t-elle précisé, les difficultés sont multiples, telles que  le manque d’imprimerie. Cela  fait que les patrons de presse sont obligés de se rendre à Kampala pour imprimer les journaux ; le manque de financement, des installations, etc.

La quatrième intervention était celle de Stanislas Nkundiye, Secrétaire du Syndicat national des professionnels de presse (SNPP). Pour sa part, il a évoqué deux points essentiels que sont la qualité des ressources humaines  et la quête des ressources financières dans les différents organes de presse.

Parlant des ressources humaines, Stanislas Nkundiye a fait savoir qu’il y a belle et bien des journalistes qui ne répondent pas au profil.

 Quant aux ressources financières, il a indiqué que la majorité des entreprises de presse n’ont pas de services requis, notamment, commercial, marketing, etc. Bref, tous éléments évoqués par les différents intervenants prouvent à suffisance que le secteur des médias du Congo connait des sérieux problèmes.

    La soirée était consacrée à l’audition des rapports des différentes commissions membres de l’Union Nationale de la Presse du Congo et celles des sections provinciales.

Dorcas NSOMUE

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