Congolaise : quel avenir dans 50 ans ?

0
37

Les structures associatives membres du Réseau d’Organisations des Droits de l’Homme et d’Education Civique d’Inspiration Chrétienne (Rodhecic) et d’autres ong se sont retrouvées ce lundi 8 mars au siège du Cepas, à Gombe, pour commémorer la journée de la femme. L’allocution du permanent du Rodhecic, le jésuite Minani, la projection des sketches et le débat sur la parité et les violences faites à la femme ont constitué les temps forts de la rencontre.

« Droits égaux, opportunités égales, progrès pour tous » et « Le progrès pour la parité, homme et femme dans un Congo cinquantenaire » sont les thèmes international et national de la 33ème édition de la Journée Internationale de la femme.

Dans le souci de « réconciliation », on a adopté «  Légalité, parité, mêmes opportunités pour les 50 ans à venir », a indiqué Rigobert Minani. L’élément commun à tous ces thèmes est le progrès. Et de relever qu’après un demi-siècle  de marginalisation de la Congolaise, le progrès futur de notre pays sera fonction du respect de la parité telle que stipulée dans l’article 14 de notre Constitution.

Question cruciale

«Que doit alors faire la femme pour que les 50 ans à venir  soient différents  de ceux du passé ? », s’est-il interrogé. Tout au long de la journée, la section féminine du Rodhecic et ses hôtes ont cogité autour de  cette question ainsi que des problèmes qui se posent dans leurs milieux et constituent des freins à leur épanouissement.

S’agissant de la journée de la femme en RDC, laquelle semble se confiner plus en folklore (défilés, discours, la vente des pagnes), il a été constaté qu’une fois la date du 8 mars passée, on revient au train train habituel. Dans la foulée, il a repris la réflexion spontanée d’une gamine sur la date du 8 mars : « Ezali feti ya maputa » (Ndlr : C’est la fête des pagnes).

 Cette fillette n’a pas tort, a-t-il indiqué. L’attention se focalise effectivement autour des pagnes : « Le 8 mars est devenu la fête des femmes riches, capables de débourser 25 dollars sans déséquilibrer le budget familial.. Ces femmes sont peu nombreuses », a-t-il souligné. Au nom des droits égaux, j’attends que la section féminine du Rodhecic prenne le leadership pour changer la perspective que prend aujourd’hui la fête de la femme en RDC » , a conclu le permanent du Rodhecic.

 Des débats passionnés

 La parité, les violences physiques et psychologiques faites à la femme sont les intitulés des sketches projetés au Cepas. Ils ont été réalisés par les comédiens Odia,  Yandi Mosi, Shako…grâce à l’appui du Rodhecic.

 L’animatrice de la section féminine du Rodhecic, Marcelline Kisita, a demandé à ses consoeurs et aux hommes présents dans la salle de commenter ces sketches.

Les « téléspectateurs » ont relevé la mauvaise lecture que font les femmes du concept « parité », du passage biblique relatif à la soumission de la femme, des conséquences des mariages contractés à la hâte, de l’attachement aux coutumes, de l’irresponsabilité de certains pères de famille. Une dame s’est signalée en affirmant qu’il est difficile d’atteindre la parité car les femmes ont de la peine à s’entendre. D’autres ont fait observer que parité est synonyme de méritocratie et ne peut être perçue comme un moyen de se venger sur les injustices subies. La femme est appelée à se battre pour espérer voir la parité être effectivement d’application en RDC.

Jean-Pierre Nkutu

LEAVE A REPLY

*