Congo-Zaïre : l’empire du crime permanent : massacre des 16 février et 1er mars 1992

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Mobutu seseLe peuple congolais a le droit de connaître, dans le moindre détail, sans ajout ni retrait, tous les faits liés à son «Histoire» passée, présente et à venir. S’agissant singulièrement de son passé, il se trouve des individus visiblement décidés à falsifier des pages pourtant infalsifiables de l’histoire nationale.

C’est dans le souci de replacer les faits dans leur vrai contexte que «Le Phare» s’est résolu à mettre le holà à l’entreprise de tripatouillage des «vérités» historiques. Compte tenu des circonstances et des attentes actuelles des millions de compatriotes, les pages d’histoire ainsi rouvertes ont eu pour point de départ l’assassinat de Lumumba, Mpolo et Okito. Et la restitution de la longue série des crimes politiques qu’a connus le pays depuis les années’60 va se poursuivre jusqu’à l’épuisement total des archives à la portée du quotidien de l’avenue Lukusa. Sa démarche ne vise qu’un objectif : amener les générations présentes et futures à connaître leur «Histoire», la vraie.

1. Exposé des faits

 Les massacres du 16 février et du 1er mars 1992 ont eu lieu à Kinshasa lors des marches pacifiques organisées par les chrétiens, toutes confessions confondues.

En effet, à la suite de la suspension, le 19 janvier 1992, des travaux de la Conférence nationale souveraine par le gouvernement Nguz, divers mouvements de grève généralisée se succédèrent à Kinshasa jusqu’à aller aux journées dites des villes mortes.

Après ces grèves, les chrétiens de Kinshasa avaient décidé d’organiser une marche le 16 février 1992 et une seconde le 1er mars 1992 pour manifester leur mécontentement au refus opiniâtre du gouvernement Nguz qui s’opposait à rouvrir les travaux de la Conférence nationale souveraine.

            La coordination laïque de Kinshasa avec à sa tête monsieur Lumbi Pierre, avait adressé en date du 08 février 1992, une lettre par laquelle elle demandait l’autorisation de la marche auprès du gouverneur de la ville de Kinshasa, à l’époque, monsieur Kibabu Madiata Nzau. Celui-ci avait répondu le 10 février 1992 en interdisant la marche projetée pour la date du 16 février 1992. Cette interdiction fut suivie d’un communiqué radiotélévisé.

            Sans coup férir, les Chrétiens avaient maintenu leur décision d’organiser la marche. Ainsi, le 16 février 1992, à la sortie de la messe ou du culte, les chrétiens formèrent des colonnes et s’ébranlèrent vers les différents points de ralliement, ayant entre leurs mains, des Bibles et des Chapelets et chantant.

            Mettant à exécution sa décision de réprimer sauvagement la marche, le Gouvernement, par le biais du gouverneur, de la ville de Kinshasa donna l’ordre aux militaires de tirer avec des armes à feu, semant la mort et la désolation parmi les foules. La liste des personnes tuées, parmi lesquelles des enfants, est reprise à l’annexe…

            En ce qui concerne la marche du 1er mars 1992, il y a lieu de signaler qu’il y a eu un mort.

2. Responsabilités

            Le major Nguato Kusombi du 1er détachement régional de paix – ville de Kinshasa, a révélé qu’il y a eu des gens qui circulaient dans des véhicules Pajero et Niva et qui tiraient dans la foule.

            Les manifestants n’étant pas armés, la responsabilité des massacres incombe collectivement au gouvernement Nguz et individuellement au commissaire d’Etat à l’Administration du territoire, monsieur Mandungu Bula Nyati et au gouverneur de la ville de Kinshasa, monsieur Kibabu Madiata Nzau.

            Plusieurs personnes avaient été arrêtées lors de la marche du 16 février 1992 et gardées au cachot pendant plusieurs jours.

            Le lieutenant Moba Powa, officier des renseignements de la 11ème circonscription militaire, a reconnu la pratique qui consiste à garder les personnes arrêtées au cachot plus de 48 heures, délai imparti par la loi, endéans lequel le détenu doit être dirigé devant un officier du ministère public. Il a également déclaré qu’il n’est actuellement permis à un officier (OPJ) de transmettre le dossier d’un prévenu sans l’avis de la hiérarchie.

Recommandations

            La Commission propose à la Conférence nationale souveraine de prendre une résolution instruisant tous les Officiers de police judiciaire à compétence générale ou restreinte tant civile que militaires à transmettre leurs procès-verbaux à l’Officier du ministère public compétent sans avis de quelque autorité hiérarchique.

            Une loi devra également sanctionner toute autorité hiérarchique d’un OPJ qui contreviendrait à cette recommandation.

            Une autre loi devra aussi autoriser une action directe en faveur de la victime d’une arrestation arbitraire.

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