Congo-Zaïre : l’empire du crime permanent : les frères ennemis Congolais et les «Conférences»

0
58

Zemanta Related Posts ThumbnailAprès avoir momentanément marqué une parenthèse dans l’affaire de l’assassinat de Lumumba, en ouvrant ses colonnes à d’autres dossiers ficelés il y a plus de 20 ans par la «Commission des crimes et assassinats» de la CNS (Conférence Nationale Souveraine), Le Phare revient à la charge. Fidèle à sa ligne de conduite fondée sur la lecture  correcte et sans complaisance de l’histoire nationale, le quotidien de l’avenue Lukusa laisse parler les documents. Dans le témoignage sous examen émanant du chef d’Antenne de la CIA en 1960 à Léopoldville (Kinshasa), la thèse du complot international ourdi contre Patrice Emery Lumumba est évidente. La volonté de grandes puissances d’empêcher le jeune Etat congolais de se contruire en vue de faire le bonheur de ses filles et fils ne fait l’ombre d’aucun doute. Le décor de 1960, avec des Congolais incapables de gérer leurs ambitions politiques et agissant sous la dictée de leurs parrains des blocs Ouest et Est, fait penser à celui du Congo du 3ème millénaire, prisonnier des mêmes maîtres.

L’histoire semble se répéter 50 ans après, avec des troupes onusiennes qui dépassent la barre de 20.000 hommes mais qui peinent à protéger les civils et à rétablir une paix durable dans les zones troublées de l’Est. Pendant que les malentendus se multiplient entre Congolais quant à la vision de l’avenir du pays, les mouvements rebelles et groupes armés soutenus par des pays voisins créent et recréent des «Républiquettes» qui plantent le décor de la balkanisation. Le passé ne semble pas instruire les Congolais, visiblement décidés à ne pas baliser la voie de la réconciliation nationale. Comment réaliser la «cohésion nationale» dans un contexte où les uns revendiquent la direction unilatérale des affaires publiques au nom de leur triomphe électoral et les autres continuent à leur contester la légitimité institutionnelle ? Est-il possible de s’entendre quand certains autres, fatigués de ne pas être écoutés, ont choisi le langage des armes ? Comme en 1960, le démon de la division a repris son travail de sape au sein de la maison «Congo», pour un nouveau feuilleton de marche à reculons sur tous les plans.

2. La conférence de Tananarive

 Quelques jours avant l’ouverture de la Conférence de Tananarive, l’hostilité croissante des Congolais à l’égard de l’ONUC connue une concrétisation assez brutale qui mit en échec la Force internationale : le 27 février, le président Kasavubu proclamait sur les antennes de Radio-Léopoldville : « Notre pays est menacé d’être placé sous la tutelle de l’ONU. L’ONU nous a trahi… Congolais, Congolaises, soldats de l’armée nationale, debout et avant : que le léopard, symbole du Congo, sorte ses griffes et fasse entendre sa grosse voix, qu’il saute sur l’ennemi. « L’ennemi », l’ONUC, reçut le jour même, de la part de l’armée nationale congolaise, le contrecoup de cette déclaration : des véhicules furent stoppés à Léopoldville, des officiers et soldats de la Force internationale furent arrêtés et molestés, une secrétaire des Nations Unies fut violentée. Dès le 3 mars, de véritables batailles rangées opposaient les forces de l’ONU à l’ANC dans le grand port congolais de Matadi et dans le petit port de Banana où étaient cantonnés des détachements de I’ONUC. Le 6 mars les «  Casques bleus » devaient évacuer Matadi et Banana, après avoir négocié un accord de cessation des hostilités avec leurs « adversaires ». A la suite de ces engagements, le gouvernement soudanais, se joignant aux gouvernements marocain et indonésien qui avaient déjà retiré leurs troupes, décidait de retirer ses contingents de la Force internationale. Ces contingents avaient  supporté le plus clair des heurts avec les militaires congolais.

Le gouvernement indien, déjà pressenti, mit aussitôt â la disposition de M. Hammarskjöld 3.000 hommes armés, dont les  premiers détachements débarquèrent à Léopoldville. M. Bomboko, ministre des Affaires étrangères  du gouvernement  de Léopoldville, présenta en des termes catégoriques les combats  de Matadi comme « la conséquence directe des décisions au conseil de sécurité », qui, selon lui, sous couvert de dépolitiser l’armée congolaise, auraient visé à la désarmer, et à placer le Congo «  sous tutelle », plus précisément « sous une nouvelle forme d’esclavage », allégua le ministre.

Dans cette atmosphère extrêmement tendue entre l’ONU et le Congo, eut lieu à Tananarive du 8 au 12 mars 1961 la conférence convoquée par les soins de M. Tshombe. Elle réunit 9 délégations groupant 18 représentants, dont les plus notables étaient MM. Kasavubu, Iléo, Tshombe et Kalondji. On attendait  M. Gizenga : au dernier moment, il fit savoir qu’il ne viendrait pas ; il récusait en effet la compétence de la conférence de Tananarive, « véritable table d’assassin », selon lui, dont les vraies visées étaient de désintégrer le Congo en une multitude de « Républiques d’opérettes ». Selon ses dires, il représentait le gouvernement légitime du Congo, le Parlement, qu’il fallait réunir, avait seul qualité pour « décider souverainement de la destinée du peuple congolais ».

C’est plus contre l’ONU que contre les « gizingistes » qu’entendait œuvrer la conférence de Tananarive, véritable  continuation, sur le plan politique, du front commun déjà constitué le 28 février. L’ONU avait toujours, dans ses résolutions successives, défendu l’unité du Congo, et la résolution du 21 février 1961 avait demandé « instamment la convocation du Parlement » qui, selon l’Organisation, représentait la légalité, avec M. Kasavubu.

M. Tshombe, dès le début de la conférence, en véritable animateur de celle-ci, marqua son hostilité à l’ONU en préconisant l’adoption d’une résolution par laquelle tous les dirigeants de l’ex-Congo belge proclameraient un front commun pour mettre en échec la dernière résolution du Conseil de sécurité qui, dit-il violait la souveraineté congolaise. « Le cas échéant, poursuivit-il nous exigerons le retrait des forces de l’ONU ». En même temps il préconisa le maintien du statu quo et la reconnaissance de différents Etats constitués en fait (Léopoldville, Katanga, Sud-Kasaï et Province Orientale, un organisme de coordination étant établi entre eux ».  La « congolisation » aurait reçu ainsi la consécration juridique autour d’une table de conférence. La politique d’incitation onusienne qui visait à reconstruire un Congo morcelé aurait donc été tenue en échec par la stabilisation de multiples Etats de fait. La conférence visait à assurer à plus ou moins brève échéance le retrait des troupes de l’ONU.

 On perçoit ce qui serait advenu dans cette hypothèse : non seulement l’œuvre d’édification en cours du Congo eût été anéantie, mais la « neutralisation » du Congo, résultat de la politique ferme et patiente de M. Hammarskjöld, eût été définitivement atteinte. Une véritable « guerre chaude », à laquelle auraient participé les grandes puissances, se serait installée sur le territoire congolais, et dans le monde.

L’ONU voulait à tout prix éviter le désastre : le 7 mars 1961 la veille du jour où s’ouvrait la conférence de Tananarive, reprenaient à New York les travaux de XVème session de l’Assemblée générale, au cours de laquelle M. N’Krumah, président du Ghana accorda publiquement son soutien à Dag Hammarskjoëld et la politique onusienne sur le Congo : il mit particulièrement l’accent sur la «nécessité impérieuse de relever le Congo sur la base des résolutions du Conseil de sécurité». Il reçut immédiatement un télégramme de joseph Kasavubu : «La conférence de Tananarive proclame ne pas vous reconnaître le droit de parler au nom de toute l’Afrique et vous dénie le droit de parler au nom du Congo». En même temps, dans un message adressé à M. Boland, président de l’Assemblée générale de l’ONU, et M. Hammarskjoëld, M. Kasavubu, au nom de la Conférence de tananarive dont il avait été désigné président, comme personnifiant la seule «autorité de droi» présente, déclarait : «J’ai l’honneur de vous annoncer que la conférence réunissant les autorités de droit et de fait de l’ex-Congo belge, vient de commencer ses travaux ce jour 8 mars, à Tananarive. Cette conférence répond au désir souvent exprimé par les Congolais, par le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale de l’ONU de voir la crise congolaise résolue par les Congolais eux-mêmes… Je me permets de vous transmettre les décisions prises par cette conférence que je préside :

1° A l’unanimité  les membres de la conférence prient l’Assemblée générale de l’ONU de bien vouloir s’abstenir de toute prise de position concernant le Congo avant d’avoir connu les résultats de la présente conférence.

2° Vu la tension qui règne actuellement au Congo à la suite de la résolution du Conseil de sécurité prise en date du 21 février, les membres de la conférence attirent particulièrement l’attention de l’Assemblée générale de l’ONU sur le fait que toute prise de position nouvelle et tout exécution ou début d’exécution de ladite résolution qui ne tiendrait pas compte de l’opinion congolaise exprimée par la présente requête seraient de nature à aggraver très sérieusement la situation au Congo».

            Les travaux de la conférence aboutirent le 12 mars à la confirmation de l’accord militaire conclu le 28 février 1961 entre les trois leaders. Surtout, était établie une confédération dont le président était M. Kasavubu. Cette confédération avait ceci d’original que le nombre d’Etats qui la composaitent était indéterminé; en effet elle incluait des «Etats existants ou à constituer» (Résolution n° 3). La création et la reconnaissane des «Etats à constituer» seraient subordonnées aux critères fondés sur l’importance numérique de la population et le potentiel économique de la région (réolution n° 1). La ville de Léopldville serait érigée en ville neutre régie par un statut spécial. La mission du gouvernement central provisoire de Léopldville prendrait fin dès la constitution de l’Organisme de coodrination chargé d’appliquer les décisions arrêtées par le Conseil des Etats composé du président de la confédération et des présidents des Etats membres.

            Un nouveau télégramme fut adressé par la conférence à M. Hammarskjoëld et au président de l’Assemblée générale de l’ONU pour lui demander «l’annulation de la résolution en date du 21 février dernier du Conseil de sécurité sur le Congo, celle-ci n’ayant plus sa raison d’être étant donné que l’union est refaite entre les autorités de l’ex-Congo belge». On sait ce qu’il faut penser d’une telle union : les participants à la conférence n’avaient pu se mettre d’accord sur le nombre d’Etats que comporterait la confédération : les uns parlaient de cinq, d’autres de seize Etats. Finalement, pour ne mécontenter personne, on s’était entendu sur une formule prudente qui réservait le présent et l’avenir, les vrais et les faux chefs d’Etats, en parlant des «Etats existants ou à constituer».  Cette condération n’aurait pu fonctionner : les décisions du Conseil des Etats devaient être prises à l’unanimité des membres, ce qui assurerait un droit de veto absolu à chacun des chefs d’Etats. Aucun Parlement élu ne devait être institué. Singulière «confédération» que celle-là qui aurait conduit à un «katanguisme généralisé», selon l’expression de M. Périn, professeur à l’université de Liège. L’anarchie la plus complète se serait installée sur l’immense territoire; la guerre aurait été allumée entre les grandes puissances, se faisant les champions des leaders qui auraient défendu la politique de leurs aînés.

            La résolution n° 5 était entièrement consacrée aux «relations avec les Nations Unies» et, à cet effet, était dirigée contre «les résolutions» du 21 février :

            «Après avoir examiné le problème des relations avec l’Organisation des Nations unies :

Considérant que des dispoisitions communes ont été prises en vue du maintien de l’ordre dans les limites de la confédération;

Considérant que les autorités présentes s’engagent à  mettre tout en oeuvre pour respecter les Etats voisins et s’abstenir de toute intervention armée susceptible de provoquer une guerre civile;

            Les autorités de droit et de fait de l’ex-Congo belge, réunies à Tananarive le 12 mars 1961 :

            Considérant comme inapplicables et innaceptables, dans toute leur rigueur les résolutions du 21 février 1961 du Conseil de sécurité qui violent les principes de la Charte et portent atteinte à la souveraineté de la confédératioon et à la volonté exprimée par la Conférence de Tananarive qui consacre l’intégrité du territoire;

– réitèrent avec force les termes des diverses déclarations faites par le président de la confédération et les autres autorités de l’ex-Congo belge rejetant ces résolutios du Conseil de sécurité;

– réaffirment toutefois la volonté de la confédération de collaborer avec l’ONU à la condition que soient respectées les prérogatives de la souveraineté».

            Cette dernière phrase qui contrebalançait la rigueur des autres dispositions fut ajouté sur la suggestion de la délégation de Léopoldville. L’entente fut loin d’être parfaite à la Conférence de Tananarive : M. Kasavubu se vit en effet, au cours des travaux, vertement critiqué par M. Tshombe qui l’accusait d’être «le père spirituel de la balkanisation et de l’éclatement du Congo», et responsable avec Patrice Lumumba, de la présence de l’ONU. Il était difficile au chef de l’Etat de renier sa reconnaissance par l’ONU. Malgré les prises de position spectaculaires du chef de l’Etat congolais à l’encontre de la politique onusienne, il faut bien reconnaître que des négociations étaient en cours au mois de mars 1961 entre lui et les autorités de l’ONU de léopldville. Ces derniers voulaient l’amener à collaborer définitivement avec l’Organisation internationale afin que celle-ci pût continuer dans une atmosphère pacifique l’oeuvre de construction qu’elle avait amorcée.

Chapitre IV

 

La Rupture du Front Commun

            La Conférence de Tananarive consacrait la victoire de Moïse Tshombe qui, sous couvert d’une pseudo-confédération, pouvait se croire assuré de la consolidation définitive de la sécession du Katanga, du moins aux yeux des autres leaders congolais. Ceux-ci pouvaient être censés avoir reconnu de jure celle-ci, comme celle du Sud-Kasaï ‘ailleurs, par leur acceptation des résolutions adoptées en fin de conférence. Or, à son retour à Léopoldville, M. Kasavubu fut l’objet d’une mise en garde, de la part de M. Justin Bomboko, qui n’avait pu assister à la Conférence pour des raisons de santé, à l’égard des résolutions de Tananarive : le ministre des affaires étrangères attira particulièrement l’attention du chef de l’Etat sur le fait que leurs dispositions étaient contraires à la Loi fondamentale du 19 mai 1960 par les structures qu’elles préconisaient. Faut-il aussi ajouter que l’absence de représentants du gouvernement de Stanleyville n’assurait à la table ronde, pas plus qu’à l’accord  militaire du 28 février, aucun caractère de véritable représentativité, non seulement sur le plan intérieur, mais sur le plan international. L’ONU n’avait-elle pas, dès le début de l’affaire congolaise ? Au surplus, on voit mal comment les décisions prises, qui, finalement, étaient toutes dirigées contre la résolution du 21 février 1961, pouvaient enrayer l’application de ladite résolution. Car c’est un principe du Droit international que les actes internationaux priment les actes des autorités internes, en cas de conflit. Ce principe se trouve plus spécialement confirmé depuis qu’il existe des organisations internationales, qui, par leur existence même, consacrent la primauté du droit international sur les multiples doits internes. Dans une lettre en date du 23 févier 1961, M. Hammarskjöld attira l’attention e tous les Etats membres sur le « caractère juridique de la résolution du Conseil de sécurité, en date du 21 février, qui comme les précédentes résolutions relatives au Congo, doit être considérée come une décision obligatoire que tous les Membres de l’Organisation des Nations Unies sont juridiquement tenus d’accepter et d’exécuter conformément à l’Article25 de la Charte ». Le Congo était membre des Nations Unies et, à ce titre, soumis aux obligations rappelées par le secrétaire général. «  Je crois donc pouvoir présumer que les Nations Unies peuvent compter sur le concours de toutes les autorités congolaises compétentes », écrivit le 27 février Dag Hammarskjöld à Joseph Kasavubu. Le 8 mars, le secrétaire général écrivait à nouveau au chef de l’Etat : « Les considérations régissant les relations entre la République du Congo et l’ONU par conséquent ne doivent pas être envisagées uniquement compte tenu de la demande du Gouvernement et de ce qui en découle. Le statut, les droits et les fonctions de l’ONU sont essentiellement déterminés par le fait que l’action en question a été entreprise pour lutter contre une menace internationale à la paix… Les relations entre l’ONU et le gouvernement de la République du Congo ne sont pas de simples relations contractuelles permettant à la République d’imposer ses conditions en tant qu’Etat hôte et, par là, de décider les conditions dans lesquelles l’ONU exerce son activité. Il s’agit plutôt de relations régies par des décisions obligatoires du Conseil de sécurité. De ce fait, aucun gouvernement, y compris le gouvernement hôte, ne peut déterminer par une action unilatérale comment des mesures prises par le Conseil dans ces conditions doivent être exécutées.  La situation au Congo n’était pas seule en cause : l’Onu avait décidé d’intervenir, dès le 14 juillet 1960, parce que le problème posé au cœur du territoire africain constituait une menace à la paix et à la sécurité internationale. La demande d’assistance de la part du gouvernement congolais s’effaçait devant cette appréciation souveraine.

            La convocation du parlement congolais, institution établie par la loi fondamentale du 19 mai 1960, convocation demandée au surplus par la résolution des neutralistes, et l’investiture par ce parlement du gouvernement provisoire de Léopoldville, mesure envisagée par la Commission de conciliation, ne pouvaient être que les seuls moyens et les seuls objectifs pour réaliser la cohésion du Congo. Les presses américaines et soviétiques ne ménagèrent pas leur scepticisme, sinon leur opposition, à l’«accord » intervenu à Tananarive. « Les délégués des Nations Unies, écrit le New York Times du 13 mars 1961, se montreraient, parait-il, sceptiques au sujet de l’accord qui serait intervenu à la conférence des dirigeants congolais réunis à Tananarive.

            Le problème semblait être de savoir si le gouvernement envisagé par huit tribus fédéralisées, gouvernement dont le siège serait Léopoldville, capitale « neutre », pourrait rétablir la loi et l’ordre et les maintenir. » Le New York Herald Tribune du même jour écrit : « Le président Kasavubu a agi prématurément en informant les Nations Unies que le danger de guerre civile était évité et que la résolution du Conseil de sécurité donnant aux troupes de l’Onu le droit d’user de la force devrait être rendue inopérante. » La Pravda, quant à elle, fit montre de véhémence, comme à l’accoutumée ; le 12 mars 1961 elle note : « Un tel démembrement est une violation des décisions du Conseil de sécurité qui stipulaient le maintien de l’intégrité territoriale et de l’indépendance du Congo. Les décisions des fantoches de Tananarive ne règlent en rien le problème congolais. Elles ont été prises contre la volonté du peuple congolais et elles sont contraires à ses intérêts vitaux. »

            La politique onusienne de reconstruction du Congo devait s’assurer, pour réussir, le concours de M. Kasavubu, seule autorité reconnue alors légale par l’Organisation. La collaboration du chef de l’Etat avec l’ONU fut assurée par la conclusion d’un accord entre les deux « parties » le 17 avril 1961. Deux jours auparavant, l’Assemblée générale avait réaffirmé purement et simplement les mesures d’ordre envisagées par le Conseil de sécurité le 21 février. Dans ces conditions, la table ronde de Coquilhatville qui se tint du 24 février au 28 mai consacra la rupture définitive entre M. Kasavubu et M. Tshombe et constitua l’amorce lointaine d’une réintégration du Katanga.

LEAVE A REPLY

*