Congo-Zaïre : l’empire du crime permanent : le massacre de Bakwanga

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689Ce que votre Commission appelle massacre du Sud-Kasaï concerne les cas d’assassinats et de massacres qui ont eu lieu en trois vagues, dans l’Etat autonome du Sud-Kasaï. Il s’agit de :

A. Massacres des civils par l’ANC

B. Les assassinats des Nationalistes par les autorités de Bakwanga avec la complicité de la Sûreté Nationale de Léopoldville (Mobutu, Nendaka, etc.)

C. Massacres et assassinats inter-luba.

Ces vagues se sont découlées de 1960 à 1962 au moment de la proclamation de la sécession de l’Etat minier, du Front commun Anti-Lumumba et de la fin de la sécession.

a) La sécession de l’Etat minier du Sud-Kasaï

La lutte Lulua-Luba déclenchée en 1959 avec la complicité de l’administration coloniale avait atteint son point culminant malgré les accords de Bruxelles entre les représentants de ces deux peuples, au moment et après les élections générales de mai 1960. Elle donne lieu à un exode massif des Baluba dans le territoire de Bakwanga.

Minorisés à l’Assemblée et au Gouvernement provincial du Kasaï, les Ministre Baluba présentés dont Monsieur Ngalula Joseph réclamèrent la création d’une province au Sud-Kasaï et se rendirent à Bakwanga où les rejoignit Monsieur Kalonji Albert.

A la demande des parlementaires originaires de cette région et sur recommandation du Président Kasa-Vubu et du Premier Ministre Lumumba, une Commission parlementaire dépêchée au Kasaï déposa une proposition de répartition de la province. Mais le Parlement fut fermé sans avoir examiné ladite proposition.

Sur ces entrefaites, Messieurs Kalonji et Ngalula réclamèrent unilatéralement la province minière du Sud-Kasaï, le 3 août 1960, qui devint l’Etat autonome ou Royaume du Sud-Kasaï.

Déjà aux prises avec la sécession katangaise, le gouvernement central décida de mettre fin à la dissidence du Sud-Kasaï par les armes. C’est au cours des opérations militaires des troupes en provenance de Léopoldville et de Stanleyville qu’eut lieu la première vague, celle des massacres des Baluba par l’ANC.

 

b) Le front anti-Lumumba

Le jeu politique au Congo s’était vite transformé en conflit entre deux camps : celui des nationalistes autour de Lumumba et celui des Fédéralistes-sécessionnistes autour de Kasa-Vubu, Kalonji et Tshombe.

Ce dernier camp tut momentanément ses différends pour s’attaquer à Lumumba et aux Nationalistes. Ils formeront l’axe Léo-Elisabethville-Bakwanga. A cet effet, une réunion des leaders des trois fractions se tint à Brazzaville le 28 novembre 1960, avec le Président Fulbert Youlou.

Il y fut décidé le transfert de Lumumba et des Lumumbistes à Bakwanga et à Elisabethville pour leur élimination physique, une alliance militaire vint sceller le front le 28 février 1961.

 

c) La fin de la sécession du Sud-Kasaï

 

Après l’élimination de Lumumba et des Nationalistes, les différends et les antagonismes ressurgirent entre le pouvoir de Léopoldville et les Sécessionnistes. La décision est prise de réduire les sécessions, à commencer par la plus faible, celle du Sud-Kasaï.

L’élimination de l’Etat Autonome est facilitée par les conflits internes à celui-ci, conflits qui opposent Kalonji allié de Monsieur Tshombe, à Ngalula, plus proche du Groupe de Binza.

Le Gouvernement Adoula, qui avait fait voter une loi créant la province du Sud-Kasaï, le 14 août 1962 fit occuper Bakwanga sans coup férir, le 29 septembre 1962. Sous le gouvernement Ngalula, s’engagent des luttes internes entre les Kalonjistes et les pro-Ngalula, les Bena Mukuna et Bena-Tshibanda (les gens d’en-haut et d’en-bas). Ce fut la troisième vague.

 

A. Le massacre des populations civiles par les troupes de l’ANC

I. Les victimes

Massacres : – plus ou moins 70 prisonniers fusillés à Tshimbo

–           Plus ou moins 1.200 personnes à Benzola

–           5.000 personnes à Kasengulu (source Kalonji).

Assassinats connus et déclarés de :

–           Odia Badiv, Président du Mouvement Sol. Muluba

–           Kadima-Nzuzi Pierre, agent territorial

–           Kashala Bonzola

–           Tshibangu Mpanya Lumuna

–           Mbuyi Kapunzula

–           Kapena Ambroise

–           Ilunga Patrice, agent territorial

– Katujudi Ambroise, Moniteur

– Mukendi Alphonse, Moniteur

– Kambala Philippe

– Ntambala Léon

– Kasedia wa Kasema

– Mbuyi Tshibaka et autres…

– Sekele Mutombo (manchot à Bonzola)

– Mgr Nkongolo, arrestation et sévices.

 

II. Les plaignants

01. Kalonji Ditunga Albert

02. Kalenga Ntabala Sylvain

03. Bekele Mutombo

04. Mulaja André Maurice

05. Kayamba Oscar

06. Famille Ilunga Patrice

07. Kabila Katujudi

08. Tshiamala Ntumba Patrick

09. Ntumba Jérôme

10. Mbombo Anne

11. Kabeya, Ch.cout.

12. Kamunga

13. Famille David Odia

14. Lumbala Mbayi Adolphe

15. Mme Lonji

16. Kanyeba Astrid

17. Mukendi Jacques

18. Banza Tshimbolela.

 

III. Faits incriminés

Les troupes de l’ANC en provenance de Luluabourg sont arrivées à Bakwanga le 24 août 1960. Elles sont accueillies sans incident. Mais d’Elisabethville où il s’est réfugié la veille, Monsieur Kalonji appelle les Baluba à repousser les envahisseurs.

Les 29 août, 70 prisonniers sont embarqués dans un camion benne à destination de Luluabourg. Mais à la suite d’un coup tiré par un franc-tireur au village Bena Makala sur la route de Tshimbombo, les militaires de l’ANC mitraillent le camion et tuent la majorité des passagers et passants. Les quatre notables sont ramenés à Bakwanga. Deux seront tués ; Odia David et Kadima Nzuji Pierre.

Le 31 août 1960, les militaires s’introduisent dans les écoles de Bonzola et bombardent la cathédrale où s’étaient réfugiés des milliers des personnes : adultes et enfants. Ces derniers sont tués au fusil ou à l’arme blanche.

Le 4 septembre, les militaires se déploieront en dehors de Bakwanga en direction de Miabi, Tshilenge et Ngandajika. A Kasengulu, les troupes de l’ANC attaquées par la jeunesse Kalonjiste, massacrent les civils venus au marché de la localité.

A Tshilenge, ils enferment les habitants dans leurs cases, auxquelles ils mettent le feu.

 

IV. Témoins

– Monsieur Kalonji Ditunga Albert

– Ntumba Jérôme

– Colonel Loso

– Monsieur Omonombe

– Famille Odia David

– Monsieur Christophe Ggenye, alors ministre de l’Intérieur du Gouvernement Lumumba.

 

V. Avis et considérations

Pour monsieur Albert Kalonji, son peuple était en péril. Les troupes de l’ANC se sont comportées comme dans les expéditions punitives de l’époque coloniale. Comme le corroboraient les observateurs de l’ONU et le Secrétaire général, monsieur Dag Hammarskjöld, ces expéditions échappèrent à leurs autorités.

En effet, le 9 septembre 1960, dans un témoignage, monsieur Hammarskjöld déclara : « J’ai, en ce qui concerne l’évolution dans la région du Kasaï, déjà mentionné l’état d’une partie des unités militaires de l’armée nationale congolaise. Il convient d’ajouter qu’il y a des preuves que les soldats ont cessé d’obéir à leur commandement, qui n’a pu contrôler leurs actes. Quels qu’aient été les motifs d’amener les troupes dans la région et quel que soit le rôle que l’on a pu se proposer de leur faire jouer dans le conflit intérieur, elles ont, bien entendu, par tels manquements à la discipline et une fois que les autorités ont perdu le contrôle, cessé d’être des éléments d’une armée responsable ».

Cependant, l’appel de Kalonji à la résistance et à la chasse aux lumumbistes à partir d’Elisabethville où il avait fui, a hérissé la population contre l’ANC et provoqué les heures.

Les massacres de Makala, de Bonzola et de Kasengulu ont dû être considérés comme « génocide » ce qui aurait motivé la révocation de monsieur Lumumba comme Premier Ministre.

Bien qu’il n’a pas été possible pour votre commission d’accéder au contenu du message du Premier Ministre ordonnant l’ANC de réprimer la sécession sud-kasaïenne et d’entendre les autorités militaires de Léopoldville de l’époque, en l’occurrence le chef d’Etat-major de l’ANC, le colonel Mobutu, il lui a été donné de constater avec Brassine que : « En réalité, la principale responsabilité du massacre repose probablement sur Mobutu, qui était chef d’Etat-major. Certes, il n’a pas ordonné les massacres, mais c’est lui qui a organisé l’opération, se vantant d’ailleurs de l’avoir fait seul, en dehors de tout conseiller militaire. Mais la seule responsabilité est celle d’une troupe indisciplinée qui va d’ailleurs se mutiner à nouveau après la reprise de Bakwanga ».

Pierre Davister, confident privilégié du colonel Mobutu, avait confié à l’époque à l’un des auteurs de ce livre, Jean Kastergaart, que Mobutu lui avait dit avoir organisé tout seul, l’opération (entendez, la Boucherie de Bakwanga). A quoi Davister répondit : « … Joseph ne te vante jamais de cela ». Le conseil fut entendu.

Monsieur Christophe Gbenye, ministre de l’Intérieur déposera devant votre Commission qu’en rapport avec ce génocide une ordonnance de révocation du colonel Mobutu avait été préparée mais hélas ! les événements se sont rapidement précipités. Toutefois, c’était pendant que le Premier Ministre était en visite officielle aux Etats-Unis d’Amérique qu’une décision du Conseil des ministres fut prise pour mettre fin à cette sécession.

 

VI. Responsabilités

 

a) Responsabilités individuelles

1) Monsieur Kalonji qui, sans mesurer les rapports de force, a poussé la population devant la machine de la mort et en connivence avec monsieur Cravate, Président-Délégué Général de la Miba proclama illégalement un Etat autonome du Sud-Kasaï.

2) Monsieur Joseph-Désiré Mobutu, pour avoir organisé cette expédition à Bakwanga.

 

b) Responsabilités collectives

 

1. Les troupes de l’Onu pour non-assistance aux personnes en danger conformément à la mission des Nations-Unies face au génocide ;

2. Les troupes de l’ANC en opération pour indiscipline ;

3. Les commandants troupes pour abus du pouvoir et massacre par vengeance de la population civile. Il s’agit de messieurs Loso, Tshatshi et Somao

4. Le Gouvernement central pour n’avoir pas arrêté le massacre et sanction les coupables.

 

VII. Recommandations

 

De ce qui précède, votre Commission recommande :

1. Que toutes les personnes impliquées dans ce massacre soient déférées devant la justice pour crime contre l’humanité.

2. Que tous les coupables soient frappés d’interdiction d’exercer un mandat pendant deux législatures.

3. Privilégier le dialogue dans tout conflit politique dans notre pays et éviter le recours aux armes.

 

B. Assassinat des Nationalistes à Kasengulu le 12 février 1961

 

I. Plaignants :

1. Mutombo Otshsudi Godefroid

2. Lumbala Mutanta Maurice

3. Kasongo Muzungu

4. Muzungu Kabemba Christophe

5. Kabongo Tshitenge

6. Finant Marie-Josée

7. Tshiala Mbala Muloway

8. Nzuzi Mbombo

9. Famille Nzuzi

10. Mukonkole Mukaya André

11. Veuve Mbuyi Ntumba Katalayi

12. Nsomwe Tshiswaka

 

II. Victimes :

 

1. Finant Jean-Pierre, président provincial à Stanleyville

2. Lumbala Jacques, Secrétaire d’Etat à la Présidence (Conseil)

3. Nzuzi Emmanuel, Secrétaire général JMNC/L

4. Muzungu Christophe, Adm en chef de la Sûreté nationale

5. Major Fataki Jacques, Commandant gendarmerie à Stanleyville

6. Elengesa Pierre-Léopold, étudiant à l’ULB et Moscou (1959)

7. Yangara Camille, commissaire de district à Paulis

8. Ndele, commandant ANC à Bakwanga (août-septembre 1960)

 

III. Personnes retenues pour être entendues

1. Mobutu, chef d’Etat-major général

2. Monsieur Bomboko Justin, président du Collège des Commissaires généraux ;

3. Monsieur Ndele Albert, Vice-Président du collège des Commissaires Généraux ;

4. Nendaka Victor, Administrateur en chef de la Sûreté nationale

5. Monsieur Matuba Joseph, Administrateur en chef-adjoint de la Sûreté nationale

6. Monsieur Kalonji Albert, président Mulopwe, Sud-Kasaï

7. Monsieur Ngalula Joseph Mpandadjila, Premier ministre Sud-Kasaï

8. Monsieur Kadima Honoré, ministre Intérieur Etat Sud-Kasaï

9. Monsieur Kabeya André et Katanga Paul (Ministre de l’Etat du Sud-Kasaï)

10. Yangar Robert,

11. Nzuzi Mbombo, fille de Nzuzi

12. Madame veuve Mbuyi Joseph

 

IV. Les faits incriminés

 

1. La chasse aux Lumumbistes

 

Après la révocation et surtout la mise en résidence du Premier Ministre, ainsi que l’attentat sur le Commissaire Général Albert Ndele, survenu à l’Hôtel Régina à Léopoldville, le pouvoir de Léopoldville entreprit une rafle des Lumumbistes et des Nationalistes à travers toute la république ; et plus particulièrement à Léopoldville et à Stanleyville.

A Stanleyville, le colonel Lukusa, commandant du 3ème Groupement de l’ANC obéissant aux ordres du chef d’Etat-major général à Léopoldville, procède à l’arrestation de Finant Elengesa,  Yangara et du major Fataki, qu’il fait acheminer à la prison de Luzumu.

A Léopoldville, M. Nendaka fait arrêter son prédécesseur monsieur Muzungu Christophe le 20 septembre après l’attentat sur Ndele, messieurs Emmanuel Nzuzi et Jacques Lumbala (arrêté le 14/2/61), Kamanga Grégoire, ministre de la Santé Publique de Lumumba et d’autres nationalistes sont gardés dans la prison de Makala, Ndolo et Luzumu ou au camp Hardy à Thysville.

 

2. Le transfert à Bakwanga, le 17 février 1961

Le 15 février, les prisonniers sont ramenés par monsieur Joseph Matuba de la prison de Luzumu et rassemblées à la prison de Makala. Il s’agit de Finant, Nzuzi, Muzungu, Fataki, Elengesa, Yangara Camille, Yangara Robert, Kamanga, etc.

 

Le 17 février, à 3 heures du matin, ils sont tirés de prison par monsieur Matuba qui les amène chez le commissaire Général Kazadi Ferdinand où un café leur est servi. De là, les conduira à l’aéroport.

Il faut signaler que selon la déclaration de monsieur Albert Kalonji, « Joseph Matuba, adjoint de Nendaka, fut provisoirement détaché à Bakwanga pour organiser la réception et les exécutions de prisonniers qu’on y transféra, et surtout pour y préparer une somptueuse mise en scène (voir Congo 1960, 1961 et « la vérité sur la mort de Patrice Lumumba », par Kalonji, in vérité, le dossier du mois, n° 4/5 avril-mai 1964, p. 7).

Selon le rescapé, monsieur Robert Yangar, interrogé par votre Commission, onze prisonniers seulement furent embarqués à bord de l’avion DC 4 d’Air-Congo. Monsieur Grégoire Kamanga, son frère et lui-même furent soustraite grâce au pilote belge qui le reconnut et déclara ne pouvoir prendre que 12 personnes.

Cependant, selon monsieur Nendaka, Grégoire Kamanga était amené à Bakwanga et ne sera sauvé que sur son intervention. Une autre version attribue le salut de Kamanga à monsieur Paul Katanga Mukete comme lui (selon Congo 60 P. 93). Ayant participé à la Conférence de Léopoldville en janvier 1961, Grégoire fut arrêté le 14 février 1961 et transféré à Bakwanga le 16 février. Sauvé, il sera condamné à 5 ans de prison le 17 février. Libéré mi-mars 1961, il devint président de la province  de l’Unité Kasaïenne en avril 1961. Il participe à la Conférence de Coquilhatville.

Les infortunés sont accueillis à Bakwanga par monsieur Ngalula, Katanga Paul, Kadima Honoré, Katombe et Kabeya André, membres du gouvernement.

Quant à la présence de monsieur Albert Kalonji à Bakwanga, il y a deux versions qui s’affrontent. La première, celle de Robert Yanga nie. La seconde issue d’autres sources l’affirme. De toute façon pour votre Commission Kalonji, était à Bakwanga et les prisonniers lui furent présentés.

Le jour même de leur arrivée, ils sont exécutés au camp de Gendarmerie, en présence des précités. Leurs corps furent enfouis dans une fosse commune à Kasengulu, à 12 kms de Bakwanga où eurent les massacres des Baluba par l’ANC en septembre 1960. Il s’agissait, pour les autorités de Bakwanga, de venger des massacres.

 

V. Avis et considérations :

 

Ces massacres se situent dans la ligne logique du complot ourdi contre Lumumba et les nationalistes. Le but visé est clair : liquider tout mouvement nationaliste. Cela explique la coalition de toutes les forces réactionnaires et la collaboration entre les sécessionnistes et le pouvoir de Léopoldville.

Connaissant la haine des messieurs Albert Kalonji et Joseph Ngalula contre monsieur Patrice Lumumba, il est ressorti aux yeux de Léopoldville que Bakwanga fut le lieu indiqué. En effet à maintes reprises, ils se sentirent frustrés par Patrice. Votre Commission a retenu pour mémoire la scission du MNC en juillet 1959, l’échec du MNC/Kalonji au Kasaï où il devint minoritaire suite au Front commun lumumbiste, le refus d’accorder un poste important à Kalonji qui exigeait le ministère de l’Intérieur alors qu’on lui confia celui de l’Agriculture.

 

VI. Une zone d’ombre : elle est relative à la date de l’exécution de ces prisonniers. Suivant les déclarations de monsieur Kalonji, les 12 détenus auraient atterri à Bakwanga le 17 janvier 1961 dans l’après-midi ; après qu’il ait refusé l’avion transportant Lumumba et ses deux compagnons.

Or, pour monsieur Yangara, la nouvelle du transfert et de l’assassinat de Lumumba lui était parvenue pendant son incarcération à Luzumu. Ils avaient été acheminés, ses codétenus et lui à Ndjili, le 17 février 1961.

Par ailleurs, si l’on tient compte des propos du Mulopwe selon lesquels il aurait ordonné à son ministre qui a suivi peu après et de la déclaration du Secrétaire général de l’Onu au Conseil de sécurité, la thèse du 17 février est plus plausible.

 

VII. Responsabilité individuelles

 

A Léopoldville : Mobutu, Nendaka, Matuba, pour complot et décision d’arrestation, enlèvement et envoi à la mort.

A Bakwanga : Kalonji, Ngalula, Katanga, Kadima, Tshona, Katombe et Kabeya André, pour tortures corporelles et exécution sommaire.

 

VIII. Recommandations

 

De ce qui précède, votre Commission recommande :

1. L’ouverture du procès pour des crimes contre l’humanité pendant ce temps

2. les personnes impliquées ne peuvent briguer aucun mandat public ni pendant la transition, ni après la transition pour deux législatures.

Période allant de 1963 à 1965

 

Période allant de 1963 à 1965

 

Marquée par la fin de la période de la tumultueuse épopée de l’Etat autonome du Sud-Kasaï et celle du Katanga, le retour aux commandes des affaires de l’Etat de monsieur Moïse Tshombe, revenu d’exil, faisant suite à la chute de Gouvernement Adoula, le conflit Kasa-Vubu et Tshombe exacerbé par le refus du premier à reconnaître l’éclatante victoire électorale de l’autre en 1965, cette période est dominée par des mouvements insurrectionnels qui finissent par s’étendre sur les trois-quarts de la superficie nationale.

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