Congo-Zaïre, l’empire du crime permanent : Dossier docteur Kitimini

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Zemanta Related Posts ThumbnailLe peuple congolais a le droit de connaître, dans le moindre détail, sans ajout ni retrait, tous les faits liés à son «Histoire» passée, présente et à venir. S’agissant singulièrement de son passé, il se trouve des individus visiblement décidés à falsifier des pages pourtant infalsifiables de l’histoire nationale.

C’est dans le souci de replacer les faits dans leur vrai contexte que «Le Phare» s’est résolu à mettre le holà à l’entreprise de tripatouillage des «vérités» historiques. Compte tenu des circonstances et des attentes actuelles des millions de compatriotes, les pages d’histoire ainsi rouvertes ont eu pour point de départ l’assassinat de Lumumba, Mpolo et Okito. Et la restitution de la longue série des crimes politiques qu’a connus le pays depuis les années’60 va se poursuivre jusqu’à l’épuisement total des archives à la portée du quotidien de l’avenue Lukusa. Sa démarche ne vise qu’un objectif : amener les générations présentes et futures à connaître leur «Histoire», la vraie.

Docteur Kitimini Lungungu Mudipanzi est un exploitant technique du Cresama (Centre de recherche et d’éducation sanitaire en milieu africain) qui a résidé à Kisangani.

En date du 08 mai 1990, il fut violement frappé par un détachement des Faz alors qu’il venait de raccompagner un ami venu lui rendre visite. Dans  un effort ultime de se sauver, il s’approcha de la résidence du professeur Kamabo, un de ses collègues où, l’ayant reconnu l’épouse de celui-ci, tente d’expliquer au commando que l’homme qu’ils brutalisaient était réellement médecin.  Contre toute attente, les commandos se sont également rués sur cette dame à qui ils assenèrent des coups et la blessèrent grièvement.

Alertée, la famille de Kitimini est venue chercher un homme presque mort gisant au sol. Elle l’amènera à la Maison Médicale vers 12h00’. Devant la gravité de son cas, le gouverneur Samba Kaputo ordonna son transfert à Kinshasa sous surveillance du docteur Kamanga, le 11 mai 1990, il fut admis à l’hôpital Mama Yemo.

Il n’a quitté son lit de malade qu’après 45 jours sans être totalement remis. L’altération de son état général n’a fait que s’empirer au point que des démarches ont été initiées auprès de la Présidence de la République et du premier Ministre Lunda Bululu pour une évacuation sanitaire à l’étranger. Toutes ces tentatives se sont soldées par un échec, du 19 octobre 1990 au 20 avril 1991.

Ne s’étant pas découragée, la famille à poursuivre ses efforts en saisissant la Ligue Zaïroise des Droits de l’homme, laquelle intercédera auprès du Premier Ministre Mulumba Lukoji. Aucune réaction de ce dernier jusqu’à son départ de la Primature. Cette situation sera inchangée jusqu’au 03 mai 1992, date de la mort du docteur Kitimini Lungungu.

Plaignants :

– La Famille Kitimini représentée par la veuve Kitimini Kahungu,

– La Société Civile de Bandundu.

Personnes entendues

– Veuve Kitimini Lungungu

– Professeur Lunda Bululu, ex-Premier Ministre

– Professeur Mulumba Lukoji, ex-Premier Ministre.

Avis et Considérations

            Le cas Kitimini soulève un coin de voile sur le problème d’évacuation sanitaire à l’étranger.

            Etant victime d’une agression par les éléments des Forces Armées Zaïroises à Kisangani, feu Kitimini est acheminé à Kinshasa sur décision du gouverneur de Région suite à la gravité du traumatisme.

            Face à une altération progressive de son état général et suite au diagnostic posé par trois de ses confrères, l’état de santé du docteur Kitimini nécessitait un suivi dans un centre spécialisé à l’extérieur du pays.

            Feu Kitimini vivait dans la pauvreté malgré de nombreuses années de loyaux et nobles services rendus à la nation et ne peut donc compter sur lui-même pour son transfert à l’étranger. La lettre qu’il adresse au Chef de l’Etat, le 02 octobre 1990 initie la réaction du cabinet de celui-ci par la lettre n°C.P.R./DC/02.TK/4495/90 du 18 octobre 1990 adressée au Premier Ministre Lunda Bululu. Ce dernier et son successeur, le Professeur Mulumba Lukoji n’ont pu réserver une quelconque suite aux démarches du défunt qui a du, en date du 15 avril 1991, adresser une lettre directement au Premier Ministre et plus tard à la Ligue des Droits de l’homme.

            Questionnés à ce propos, les deux hommes d’Etat intéressés ne se rappellent pas de ce cas. Selon eux, beaucoup de cas similaires leur ont été présentés et ont eu une suite favorable si, tous les avis techniques étaient donnés.

            Il est quand même étonnant que pour un cas dont le transfert de Kisangani est décidé par l’exécutif et dont l’écho est largement diffusé par l’ordre des médecins et la Ligue Zaïroise des Droits de l’homme, les Premiers Ministres concernés n’aient gardé aucun souvenir à ce propos.  

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