Confusion à l’Assemblée provinciale de Kinshasa : silence gêné de Shadary

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Ramazani Shadari de la majorité présidentielle, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo
Ramazani Shadari de la majorité présidentielle, lors de travaux du dialogue national inclusif à Kinshasa, le 15/12/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

Une grande confusion règne à l’Assemblée provinciale de la ville de Kinshasa depuis l’éviction en toute illégalité de son président, Roger Nsingi. Le dernier incident en date est la tentative fragrante opérée le vendredi dernier par deux députés provinciaux, à savoir Makelele et Itoka. Ils ont tenté de manipuler les huissiers de la Cour Constitutionnelle pour casser les bureaux du président de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa.
Il a fallu  l’intervention du Procureur General de la République et
son collègue près la Cour Constitutionnelle rappelant les huissiers de
justice à l’ordre pour barrer la route au   gangstérisme de ces deux
députés précités.
En principe, l’assemblée provinciale devrait surseoir toutes les
activités parlementaires jusqu’à ce que la Cour constitutionnelle se
prononce à cet effet.
Face à cet imbroglio ayant élu domicile à l’organe délibérant de
ville-province de Kinshasa, l’on perd son latin face au silence du
vice premier ministre et ministre  en charge de l’intérieur qui se
montrait pourtant très actif dans les crises qui se sont succédées
dans les autres Assemblées provinciales du pays.  Shadary assiste
passif au sabotage de la Cour Constitutionnelle par les députés
provinciaux de Kinshasa qui continuent à opérer le forcing en dépit du
fait que la plus haute juridiction du pays a été régulièrement saisie
de la requête en inconstitutionnalité introduite par Nsingi, le numéro
1 de l’Assemblée provinciale relative à son invalidation en tant que
président élu et à l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée
provinciale en violation de toute règle de droit et des procédures en
la matière.
Quid  du caractère exécutoire, impératif et opposable à tous de
l’arrêt de la Cour Constitutionnelle sur l’interprétation de l’article
70  de la constitution brandi par l’actuel ministre de l’intérieur et
ses camarades du PPRD ?
Dans l’entourage du président de Roger Nsingi, l’on dénonce la main
noire du gouverneur de la ville de Kinshasa qui cherche à avoir la
tête du président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa à n’importe
quel prix. « Le président de l’Assemblée provinciale de Kinshasa reste
serein en attendant  la décision de la justice face à l’agitation de
ses détracteurs » a déclaré un proche de l’Assemblée provinciale de
Kinshasa sous le sceau de l’anonymat.
La même source a également fait Etat du blocage du salaire du mois
mars dû au président de l’Assemblée Provinciale de Kinshasa, un droit
pourtant inaliénable pour les députés provinciaux.
Rappelons qu’en 2010, Roger Nsingi avait été réhabilité par la cour
Suprême après sa déchéance en violation du règlement intérieur. Cette
jurisprudence donne des insomnies aux députés provinciaux qui
redoutent le retour en force de Roger Nsingi au perchoir de
l’Assemblée grâce à l’arrêt de la Cour Constitutionnelle qui sera
rendu incessamment.

Eric WEMBA