Conférence internationale sur Simon Kimbangu : le comité Elikia Mbokolo fin prêt

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J-10 avant l’ouverture officielle de l’un des plus importants événements scientifique et socioculturel depuis l’indépendance du Congo : la Conférence internationale sur Simon Kimbangu. Président du comité organisateur de cet événement, le professeur Elikia Mbokolo a, à l’occasion d’une conférence de presse tenue hier mardi 12 juillet au centre d’accueil kimbanguiste à Kasa-Vubu, confirmé sa tenue à Kinshasa du 24 au 28 juillet prochain.

Entouré de ses homologues, Sabakinu Kivilu de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) et Masamba Nkazi a Ngani, recteur de l’Université Simon Kimbangu( USK), l’historien congolais a tenu personnellement à rassurer l’opinion congolaise et internationale des derniers réglages sur lesquels s’attèle son équipe. « Nous sommes en train de lancer des invitations, d’imprimer des affiches destinées à être collées tant à Kinshasa que dans des villes proches telles que Brazzaville et Luanda etc. » a-t-il souligné. Confirmant par ailleurs la participation des nombreux chercheurs et scientifiques (américains, européens et africains), le Pr Elikia Mbokolo a indiqué avoir reçu le feu vert des autorités de l’Eglise kimbanguiste afin que le sujet de la conférence, Simon Kimbangu, ainsi que son œuvre soient examinés sans complaisance. 

« Nous avons reçu carte blanche pour choisir nos invités sur fond des critères scientifiques. Les responsables de l’église n’ont pas cherché à savoir quel invité dira quoi. Et tous les invités ont accepté avec enthousiaste de venir à Kinshasa et d’aller à l’intérieur du pays, en dépit de la mauvaise réputation collée à notre pays par l’extérieur. Anthropologues, sociologues, historiens etc. viendront du Rwanda, Afrique du sud, Tanzanie, Chili, Belgique, Angola, Congo-Brazzaville, France… ».

Il faudrait noter qu’outre les conférences scientifiques, il est prévu des expositions photos, des livres et autres objets artistiques liés non seulement à cette église, mais surtout à l’histoire de la traite négrière, de l’esclavage et de la déportation dans le monde.

Quoi de neuf ?

Face aux interrogations de l’opinion sur la nécessité d’une telle conférence, le Pr Elikia a fait noter qu’il y sera abordé la question cruciale des sources relatives à l’histoire et à l’actualité de Simon Kimbangu. En effet, selon lui, ces sources forcément dispersées, trop longtemps difficiles d’accès, s’offrent bien plus généreusement désormais. Il ne s’agit pas seulement des archives « externes » (de l’administration coloniale, celles des missionnaires chrétiens, catholiques et protestants, celles de l’Etat congolais indépendant et celles des institutions religieuses internationales. Il s’agit aussi, et plus encore, des multiples sources « internes » propres à l’église kimbanguiste (publications officielles, iconographie, vidéogrammes, témoignages oraux, sources matérielles…). « Ces dernières sources, trop peu exploitées s’avèrent d’autant plus précieuses que les différents acteurs associés de prêts ou de loi aux gestes de Simon Kimbangu se disent résolus à témoigner », a conclu l’historien.
De manière concrète, la conférence ambitionne d’aborder l’ensemble des problèmes et des questionnements liés à la vie, à l’action et à l’œuvre de Simon Kimbangu, dans une perspective à la fois pluridisciplinaire.

Né le 12 septembre 1887 à Nkamba près de Mbanza-Ngungu et décédé le 12 octobre 1951 à Élisabethville (actuelle Lubumbashi), est un religieux congolais. Né dans l’État indépendant du Congo (futur Congo belge), il devient prédicateur dans les années 1920 et commence son ministère de prédication et de guérison le 6 avril 1921 à Nkamba. Connu pour ses enseignements qui donneront par la suite naissance au kimbanguisme.

Fils de Kuyela et Luezi Kimbangu, Simon Kimbangu est baptisé par la Baptist Missionary Society en 1915 et devient alors catéchiste. C’est à cette époque qu’il dit recevoir une vision divine, qui lui ordonne d’aller prêcher et guérir les malades. L’histoire veut qu’il ait alors guéri une jeune femme dénommée Nkiantondo au nom de Jésus-Christ, dans son village natal de Nkamba. Il acquiert vite la réputation de ressusciter les morts, de rendre la vue aux aveugles, de faire parler les sourds et muets, de marcher les paralytiques et de chasser les esprits démoniaques. C’est ainsi qu’il attire à ses prêches des milliers d’auditeurs et qu’il cause la méfiance des autorités belges. On le surnomme Ntumua ya Nzambi’a Mpungu, traduction en kikongo d’« envoyé de Dieu tout puissant ».

Bien que la prédication de Kimbangu n’ait pas de contenu politique affirmé, il prédit néanmoins la libération de l’homme noir sur un plan spirituel et physique, l’indépendance du Congo et la reconstitution de l’Empire Kongo, prophétisant la «deuxième indépendance» (dipanda dianzole en kikongo). Il ajoute qu’un jour l’homme blanc deviendra noir et l’homme noir deviendra blanc. Les autorités belges, alertées par les missionnaires catholiques et protestants, le font arrêter, ainsi que ses plus proches fidèles, le 12 septembre 1921 et l’accusent de sédition. Il est condamné à mort avant d’être finalement gracié par le roi Albert Ier de Belgique ; il voit sa sentence commuée en détention à perpétuité accompagnée de 120 coups de fouets.

Durant ses trente ans d’emprisonnement, Kimbangu continue d’être considéré comme un leader spirituel malgré l’absence de contact avec ses fidèles. Il devient également un symbole du nationalisme congolais. Il meurt finalement à la prison d’Élisabethville (actuelle Lubumbashi) en 1951.

  Héritage

En 1959, son Église est reconnue par le gouvernement belge et autorisée à exercer ses activités. En août 1969, elle devient membre du Conseil œcuménique des Églises, lors de la réunion de son comité exécutif à Canterbury en Angleterre.

De nos jours, l’Église kimbanguiste est établie dans plusieurs pays à travers le monde. À la mort de Kimbangu, c’est son fils Joseph Diangienda qui prend la tête de l’Église jusqu’à sa mort survenue le 8 juillet 1992, avant d’être remplacé par son frère Dialungana Kiangani (1992-2001) puis par son petit-fils Simon Kimbangu Kiangani.

Préceptes

A l’instar de Jésus-Christ, Simon Kimbangu choisit sept apôtres, pour l’accompagner dans sa mission, et édicte trois règles morales : l’abolition des symboles religieux traditionnels ; la suppression des danses érotiques et des tambours de danse ; l’abolition de la polygamie. Il s’oppose également aux pratiques magiques et à la sorcellerie.

Tshieke Bukasa

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