Conférence de Genève : la RDC fait la politique de l’autruche

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Que représente 100 millions de dollars Us par rapport à un milliard que la Conférence de Genève promet de libérer en faveur des populations congolaises, surtout celles qui habitent là où les guerres font rage régulièrement ? C’est le cri d’alarme d’un activiste des ONG
de développement ou des Droits de l’Homme approché par Le Phare dès l’annonce du boycott que le gouvernement de la République promet d’observer.

En effet, le vice-Premier ministre et ministre des Affaires Etrangères, Léonard She Okitundu, a confirmé ce refus de son gouvernement de ne pas faire le déplacement de Genève pour protester contre le classement de la RDC dans la catégorie L3, où l’on retrouve des Etats comme la Syrie, le Yémen, la Somalie, qui vivent des guerres
récurrentes depuis des décennies. Ce prétexte qui ne résiste pas à la moindre critique donne à croire que certains décideurs congolais ne connissent les réalités du pays profond, s’est exclamé un activiste d’une ONG de développement et des droits de l’Homme qui ne comprend pas pourquoi l’on peut se permettre de rejeter une telle assistance évaluée à un milliard des dollars Us.
Et cerises sur le gâteau, le même gouvernement se permet d’opposer à
ce milliard des dollars la modique somme de cent millions qui sera
répartie sur 24 mois ! Autrement dit, le gouvernement de la RDC crache
sur le milliard d’assistance humanitaire en promettant de libérer par
mois quelque chose comme 42 millions des dollars US pour ses millions
de citoyens sinistrés par l’insécurité et la pmauvreté.

Ce comportement du gouvernement est étonnant, révoltant et
antipatriotique. Tout d’abord, le gouvernement n’a pas pris
suffisamment en compte la situation alarmante qui prévaut  dans les
provinces comme les deux Kasaï, le Nord et le Sud Kivu, le Katanga du
Nord, l’Ituri,  où vivent des millions des déplacés internes privés
d’eau potable, de nourriture, de logements de vêtements, de
couvertures, de routes, de médicaments. .

Programme PPTE sous Muzito

Quelle honte y-a-t-il à être assisté quand l’on est incapable de se
prendre en charge ? Avec le recul du temps, l’on se demande pourquoi
pendant le mandat du Premier Ministre Adolphe Muzito, la RDC avait
adhéré au PPTE ou Initiative Pays Pauvres Très Endettés en vue de
favoriser la réduction de la dette extérieure évaluée à l’époque à
plus de 14 milliards des dollars Us ? Condition qui avait permis au
pays de bénéficier des soutiens financiers provenant des Organismes du
Système de Breton Woods, notamment la Banque Mondiale et le Fonds
Monétaire International ?
Cette colère affichée par les dirigeants congolais remonte à la
guéguerre avec le Royaume de Belgique, qui avait exclu le gouvernement
congolais de la gestion de l’aide humanitaire estimée à la somme de
150 millions d’Euros. La RDC avait alors déclenché une crise
diplomatique qui s’est soldée par la fermeture des consulats belges à
Lubumbashi et Goma  et de la Maison Schengen, obligeant des milliers
des voyageurs à reporter leurs déplacements vers les Etats de l’Union
Européenne. En plus de la mise au chômage des centaines de nos
compatriotes œuvrant dans ces différentes institutions diplomatiques.
En réalité, le gouvernement de la République boude l’aide
internationale alors que des millions des Congolais en ont besoin,
surtout ceux qui habitent dans des zones de conflit tout comme
ailleurs, essentiellement là où ont apparu des épidémies pourtant
éradiquées partout ailleurs, telles le choléra, la fièvre jaune, la
malaria, etc.

Le Congo profond dit non au gouvernement

Comme à ses habitudes, le Cardinal L. Monsengwo a été le premier à
élever la voix pour condamner ce comportement irresponsable et
antipatriotique. On ne rejette pas une aide extérieure alors que l’on
ne dispose pas des moyens pour palier au plus pressé, a-t-il souligné
au cours d’un entretien avec  des jeunes catholiques. Ces propos ont
été relayés par d’autres organisations caritatives, notamment la
CENCO, l’Eglise du Christ au Congo, la Société Civile dont les
délégués sont présents à Genève pour défendre la cause de la RDC. Le
gouvernement n’a même tenu compte de la modicité de ses moyens à tous
les niveaux de la vie courante. Proposer cent millions des dollars Us
pendant 24 mois, soit deux ans, c’est insignifiant pendant que la
communauté internationale qui maitrise mieux la situation humanitaire
des populations congolaises est prête à délier la bourse à hauteur
d’un milliard des dollars Us. Soit dix fois ce que Kinshasa promet.
Hier, c’était la fièvre Ebola dans une localité de la province de
l’Equateur. Depuis deux mois, le choléra fait rage dans certains
quartiers populeux de la capitale. Demain, l’on risque de verser des
larmes face à la fièvre jaune qui s’annonce à l’horizon au regard de
l’insalubrité, de la famine et du manque d’eau potable qui ont envahi
les 24 communes de la capitale.
F.M.