Conditions carcérales précaires pour les pensionnaires de Makala : la ministre de la Justice placée devant ses responsabilités

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Zemanta Related Posts ThumbnailLes dernières pluies diluviennes qui se sont abattues sur toute la ville de Kinshasa et ses environs, tard dans la nuit de samedi 26 au dimanche 27 octobre 2013, continuent de faire parler d’elles. Aujourd’hui, on se rend compte bien tard d’ailleurs que les bâtiments de la Prison centrale de Makala, construits il y a plus de cinq décennies, et longtemps non entretenus, réclamaient une totale réhabilitation, afin de les rendre viables. Sa capacité d’accueil largement dépassée, ce centre pénitentiaire ne pouvait plus abriter un nombre élevé des détenus et des condamnés. Car, on y étouffe.

Les détenus y vivent dans une promiscuité inimaginable, favorisant la propagation des maladies contagieuses. Il est vrai que les machines répressives  de la police, de la justice militaire, des parquets, ainsi que des cours et tribunaux, ont produit en quantité industrielle, les pensionnaires de Makala au rang desquels on retrouve quelques innocents, victimes des injustices de puissants de notre pays.

 On se rappellera qu’à l’époque de Laurent-Désiré Kabila, quelques coups de lifting ont été administrés à cette « forteresse » qui a accueilli la plupart de ses proches collaborateurs de l’AFDL et les anciens mobutistes restés au pays. On n’avait pas résolu en même temps l’épineux problème des conditions d’hébergement, de restauration et de soins médicaux en cas de maladie. Plusieurs années plus tard, la Prison centrale de Makala érigée passagèrement en Centre pénitentiaire et de rééducation de Kinshasa, n’a pas répondu aux attentes de ses gestionnaires, avant de retrouver ses anciennes prérogatives d’un lieu d’enfermement ne répondant pas aux standards de prisons modernes où le minimum vital état assuré. Force est de constater qu’aujourd’hui, seuls les pavillons V.I.P. sont  quelque peu confortables et souvent entretenus grâce aux contributions des P.D.G. de sociétés privées, des mandataires publics. Et les autres  pavillons 2, 3, 4, 5, 7 et 11, pour ne citer que ceux-là sont réputés de véritables mouroirs où les pensionnaires délaissés par les membres de leurs familles, tous très amaigris, ne vivent plus que d’un aliment au nom sinistre de « vungu ley », un met fait de haricots, de maïs séchés et de riz. Ce mélange est servi dans une mesurette de boîte de tomates.

Les ONG de défense de droits de l’homme en ont profité pour recommander aux gestionnaires de la Prison centrale de Makala et aux autorités judiciaires, la réfection des toitures endommagées par la tempête et celles en état de délabrement.  Car, si ces travaux de réhabilitation des pavillons de Makala ne sont pas vite réalisés, les prochaines pluies seront plus incommodantes pour les prisonniers. Et l’on sait que dans tout Etat de droit, le respect des droits de l’homme, particulièrement ceux des détenus ou des condamnés, doit être de stricte application.

         L’autre problème qui requiert une attention particulière des autorités judiciaires, consiste en l’administration des soins médicaux aux pensionnaires de Makala. Cette prise en charge des malades devrait démarrer par un contrôle médical régulier, des examens médicaux périodiques  et des soins appropriés pour chaque cas. A une certaine époque, l’on avait enregistré des cas de malaria, de vers intestinaux, et la gale, les mycoses et les poux régnaient en maîtres. La Croix-Rouge  dépêchait régulièrement ses délégués pour distribuer des savons de toilette et administrait quelques petits soins, alors que le centre médical de la Prison était dépourvu des produits pharmaceutiques de première nécessité.

         Et les malades étaient obligés d’acheter le strict nécessaire comme les seringues, l’alcool, les pommades antibiotiques, les compresses et les anti-inflammatoires. Que pouvait faire le pauvre personnel médical dépourvu de tout, malgré sa disponibilité ?

L’affaire de la disparition d’un prisonnier malade dont on allègue qu’il est mort, continue à hanter les esprits et requiert qu’une enquête soit ouverte pour savoir où est partie sa dépouille mortelle ?

         Tous ces cas ainsi évoqués interpellent la ministre de la Justice qui doit faire la lumière sur ce cas de disparition du cadavre d’un détenu, et sur la lenteur des travaux de réfection de certains pavillons dont on ignore comment ils sont financés et exécutés ?

Dans le cadre de leur devoir de redevabilité, les gestionnaires de la Prison centrale de Makala doivent agir en toute transparence et toute responsabilité pour redonner un visage plus humain, à ce centre pénitentiaire totalement à réhabiliter.

J.R.T. 

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