Conclave de l’Opposition : des absences de taille et des zones d’ombres

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udps-logoL’Opposition congolaise prête une fois de plus le flanc aux critiques, en abordant la question des concertations nationales en ordre dispersé. Annoncé plusieurs fois par un certain nombre de leaders de cette famille politique, un Conclave s’est ouvert samedi à Limete. En attendant son atterrissage, le débat est lancé autour de son caractère non inclusif. Car, contrairement à ce que soutiennent ses organisateurs, ce forum ne regroupe pas les principales forces politiques de l’Opposition.

         Des absences de taille y sont constatées, notamment celles de l’UDPS (Union pour la Démocratie et le Progrès Social), des Fonus (Forces Novatrices pour l’Union et la Solidarité), du G.14, de la Démocratie Chrétienne… pour ne citer que cet échantillon. Il s’agit, si l’on veut bien jeter un regard critique sur ces absences, du groupe des partis qui posent comme préalable à tout dialogue avec le pouvoir en place le retour à la vérité des urnes.

         S’agissant des zones d’ombres qui couvrent ce Conclave, certains opérateurs politiques s’interrogent sur l’origine de son financement. L’un d’entre eux, en l’occurrence Joseph Olenghankoy des Fonus, a tenu à clamer tout haut ce qui se chuchote dans les salons politiques de Kinshasa. L’enfant terrible des années CNS, avec leurs « journées villes mortes », cherche à connaître la provenance des frais d’organisation de cette rencontre.

Il est d’autant surpris de son organisation qu’aucune collecte des fonds n’a été en direction des partis et membres de l’Opposition, comme cela arrive souvent en pareilles circonstances.

         Rendu sage par le vieil adage qui renseigne que la main qui donne, c’est aussi celle qui contrôle, il craint que le Conclave de l’Opposition ne se transforme en une chambre d’enregistrement des idées et stratégies de son bailleur. Pour le besoin de la transparence de ce Conclave, il voudrait connaître l’identité de celui qui a pris en charge la facture de son organisation matérielle.

         Ce qui intrigue aussi Olenghankoy, c’est la double carapace qu’affichent de nombreux politiciens congolais qui se font passer pour des opposants radicaux le jour alors que chaque nuit, ils traversent la rue pour aller vendre la mèche à la Majorité présidentielle, exactement comme à l’époque de Mobutu. De son point de vue, les faux opposants devraient avoir le courage de se déterminer politiquement plutôt que de continuer à jouer aux taupes.

         Le numéro un des Fonus s’étonne de voir s’activer sur les plates-bandes de l’opposition des acteurs politiques qui prétendent faire bouger les choses en 2016, grâce à leurs prétendues entrées au Département d’Etat américain, alors qu’ils étaient incapables de faire débloquer la crise de légitimité au sommet de l’Etat congolais en 2006 et 2011.

KIMP

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