Concertations ou dialogue intercongolais : lettre ouverte aux participants

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Après la pluie, le beau temps, dit-on. Cependant, le paradoxe, c’est que, par temps de sécheresse prolongée, une interversion des rôles s’impose et fait de la tombée de la pluie, du beau temps.

En fait, la sécheresse a longtemps et depuis lors sévi en République Démocratique du Congo car, les cultures ont vu leurs plantes asséchées et en conséquence de cette catastrophe non naturelle, les ménagères ont vu leurs casseroles s’oxyder.

Le Peuple congolais a connu une sécheresse qui a perduré et, c’est pour cette raison qu’il réclame une tombée de la pluie. Sa pluie à lui, c’est la tenue immédiate et effective d’un dialogue ou des concertations ; l’appellation lui important très peu. Ces rencontres destinées à faire redémarrer son pays selon les normes de la bonne gestion, constituent un dernier recours auprès du génie de ses acteurs politiques pour explorer de nouvelles pistes de solutions aux problèmes innombrables qui se posent en rapport avec la marche de la République Démocratique du Congo.

Ceci est un appel du Peuple Congolais, usant de sa souveraineté, à son personnel politique, non pas pour le sanctionner, mais plutôt pour obtenir de lui que, sous la forme la plus patriotique qui soit, à savoir, qu’il procède à une évaluation franche, sincère et emprunte d’objectivité, des acquis depuis les dernières rencontres du même genre, notamment celles de Sun City, en Afrique du Sud.

Il est pressant d’attirer l’attention sur le fait que la mise en route du dialogue n’est nullement une faveur accordée au Peuple souverain à qui revient légitimement, et à lui seul, le droit d’accorder des privilèges et ce, n’en déplaise à l‘imposture.

Le Peuple Congolais ressemble, dans ce cas d’espèce, à un collectif d’actionnaires qui réclame du Conseil d’Administration de leur entreprise la tenue d’une Assemblée générale pour réexaminer la méthode de gestion de la société.

En ce qui concerne la légitimité de la tenue de ces assises, celles-ci ne peuvent, en aucun cas, être considérées comme une prise d’armes de deux factions congolaises défendant chacune, avec hargne, des intérêts partisans; mais plutôt, une confrontation des idées patriotiques, dans une atmosphère apaisée et bon enfant, en vue de changer, aussi bien la façade que le contenu de notre belle nation.

Qu’il soit dit sans crainte de se tromper qu’en République Démocratique du Congo, nantie par la nature d’un sol et d’un sous-sol regorgeant de fabuleuses potentialités, qu’il est inacceptable que dans le partage du revenu national, revenu dont le volume est, du reste, inconnu des héritiers du 30 juin 1960, seul est réservé au Peuple le privilège d’un total dénuement et d’une pauvreté criante.

En matière de partage du revenu et ce, en rapport avec la tenue des concertations projetées, il est aberrant d’entendre prononcer, avec une facilité déconcertante et, à la limite, avilissante, des phrases du genre; « Aux concertations ou dialogue à venir, il ne doit, en aucun cas, être question du partage du gâteau ».

De quel gâteau parle-t-on ? 

A-t-on réduit l’Etat Congolais ainsi que le pouvoir qu’on exerce sur lui aux dimensions d’un gâteau? De quels ingrédients est-il composé? Ne s’agit-il pas d’un GATEAU aux attraits du fruit interdit du Jardin d’EDEN dont la consommation est aujourd’hui à la base des tares que traîne I’incontinent être humain ? Quelle qualité exigent les friands insatiables du délice à tout celui qui serait attiré par l’odeur si alléchante de ce gâteau?

            Si le fameux gâteau, invisible mais sensible, est digeste, les Congolais attendant des concertations, que les participants fassent preuve de leur génie en matière pâtissière en fabriquant un méga gâteau aux dimensions de la République Démocratique du Congo, de sorte que chaque Citoyen, là où il se trouve et, sans devoir lever son pied, puisse en goûter une bonne portion.

Lorsqu’on ne peut avoir pitié de personne, il faut au moins avoir la honte; sans cela, on ne peut pas témoigner de son appartenance à l‘espèce humaine.

Le constat universel est que la République Démocratique du Congo est ancrée dans une mauvaise passe.

En peuple vilipendé, le Peuple Congolais encaisse des coups de toutes part.  Il accueille des invités dits «de marque» qui, dans des discours de remerciements, ils vantent, sous des applaudissements nourris de ceux à qui ils s’adressent, son unique performance, la musique qui, disent-ils, fait danser toute I ‘Afrique et le Monde. Est-ce que notre CONGO à nous, n’a pas vocation à développer d’autres performances élévatrices de la valeur de son peuple ?

Les Organismes internationaux n’ont de cesse de rappeler dans leurs rapports d’activités le classement dans le domaine du développement humain qui placent le gâteau, ou pour mieux dire, notre Congo à la queue de manière immuable.

Dans les médias étrangers, on peut lire ou entendre: «Le Congo, Capitale mondiale du viol et de I‘institutionnalisation de la violation des droits humains».

 

L’enseignement est totalement au rabais

            A ce propos, l’attention est attirée par le fait qu’en 2011, un organisme international qui fait autorité en matière d’évaluation de la qualité de l‘enseignement supérieure, a publié un classement de 500 Universités du monde selon leur capacité à dispenser un enseignement supérieur dans le vrai sens du mot, sans qu’aucune congolaise n’y figure.

Récemment, en Mai 2013, I’UNESCO s’est prêtée au même exercice en mettant en exergue 100 Universités Africaines; encore une fois, même dans un format réduit, aucune Université congolaise n’est citée. Cette situation si alarmante qui hypothèque gravement l’avenir intellectuel de notre pays aussi bien que sa relève par une élite fiable et en plus qu’elle affecte le mythe qui entoure notre Corps professoral, exige qu’une main soit plongée, sans crainte ni complaisance jusqu’au plat du puits afin d’extraire la solution à nos innombrables problèmes qui y loge.

Ne sont pas rares ceux qui disent que les Congolais apprennent beaucoup mais connaissent très peu !!!

REVOLUTION DE LA MODERNITE; QU’EST-CE A DIRE ?

Il s’agit ici d’un thème qui ne doit contenir aucun filigrane politique car, c’est connu, une belle femme sans maquillage et parure ne peut participer au concours de beauté.

Des routes modernes, pour quels usagers? Des maisons modernes, même au style américain, pour quels résidents ? Des bureaux modernes, pour quels employés et pour quelle qualité de service ?

Des routes modernes, des maisons modernes et des bureaux modernes contribuent à moderniser le paysage urbain, mais font surtout penser au jouisseur naturel qui est I ‘homme. Est-ce qu’il ne faut pas commencer, simultanément, à construire un Congolais et une Congolaise modernes?

Par Congolais moderne, nous entendons celui ou celle qui pratique la vertu; qui se reconnait redevable vis-à-vis de l’autre qui se tient près de lui; celui qui, à quelque rang social ou professionnel qu’il appartienne adopte la tenue de serviteur et non de maître.

La modernité doit se manifester dans les rapports entre l’Etat et les Citoyens, à travers le respect strict des droits humains et tous ses contenus, notamment la justice.

La Révolution de la modernité qui échauffe tant les esprits; va-t-elle enjamber une plus grande Révolution de la modernité dont on parle moins, mais qui, pourtant, constitue un handicap majeur à la réalisation d’une modernité dans les rapports entre patriotes, d’une part, et I ‘exercice du pouvoir, d’autre part? Un fléau éludé mais qui fausse tout le jeu démocratique et annihile tout effort vers l’achèvement d’une cohésion nationale digne de ce nom: il s’agit de la lutte pour l’éradication du TRIBALISME et du REGIONALISME, aussi sournois soient-ils.

La Révolution de la vraie modernité doit inclure aussi l’obligation d’offrir une sépulture digne aux personnes que l’on dit aimer. Ceci consiste à dépouiller les cimetières du paysage actuel de sites aux immondices.

Enfin, pour clore ce chapitre consacré à la lutte pour atteindre la modernité dans sa diversité, il faut faire preuve d’humilité et de modestie pour reconnaitre que beaucoup est à faire.

Faire la modernité, c’est opérer notre PERESTROIKA (Remise en question globale et reconstruction d’une nouvelle société) et notre GLASNOST (Transparence dans la gestion des affaires de l’Etat).

Un Citoyen moderne, c’est celui qui mange à sa faim; qui possède un abri digne; qui boit l’eau potable qui vit dans un milieu éclairé et use de l’électricité chaque fois qu’il en a besoin; qui vit dans une Cité sécurisée au maximum. Enfin, un Citoyen qui jouit de tous ses droits constitutionnels.

A vous tous qui allez avoir voix au chapitre au cours du Forum tant attendu par le Peuple Congolais, celui-ci vous demande instamment qu’après votre accès dans la salle de réunions qui sera désormais, par la volonté du Peuple qui pardonne, une chambre de lustration, penchez-vous sur la recherche du Bonheur pour votre Peuple.

Il n’existe pas un seul Citoyen heureux en République Démocratique du Congo. Par contre, en regardant bien les choses, les imitateurs du Bonheur, donc des menteurs, sont dans toutes les rues et dans toutes les maisons.

Le Bonheur étant décrit comme un choc en retour, par conséquent, si vous ne l’avez pas envoyé en direction de la société, aucun vrai sourire ne peut vous revenir. Alors, il n’y a plus que le mensonge pour jouer le jeu. Et voici ce qu’un Sage a dit du mensonge :

« La Vérité n’est pas aussi amusante que le Mensonge; sans cela, tout le monde la dirait ».

Vous, la Classe Politique, référez-vous un instant, mais souvent, a l’Hymne National Congolais, serment collectif par ailleurs, surtout à son paragraphe qui invite à œuvrer tous pour la grandeur et la dignité du Congo, et rassurez le Peuple qu’il n’y a pas parjure.

Travaillez à la grandeur de la République Démocratique du Congo en ayant toujours présent à l‘esprit que la grandeur d’un pays n’est pas en rapport direct avec sa superficie ni avec son importance démographique.

Par contre, la grandeur d’un Peuple se définit comme fonction de la capacité de son Citoyen, doué d’une intelligence bien cultivée et éclairée; intelligence exercée à la recherche du vrai et du juste, du beau et du bon, et nantie d’une volonté ferme de mettre le meilleur de soi-même au service de son Pays.

Dernier appel pathétique du Peuple Congolais aux participants:

Accordez un soin particulier à notre bien précieux et unique, notre Pays, dit-il.

A la sortie des échanges escomptés fructueux, offrez au Pays une Classe Politique Nouvelle, épluchée de faux concepts de l’exercice du pouvoir qu’il a reçu du Peuple pour le servir, du mieux qu’elle peut; un personnel politique conscient que le chantier qui l‘attend est immense et exige un outillage bien aiguisé pour percer, sans merci, les nombreux écueils qui ne manqueront pas de se dresser sur le terrain de la remise en état de la RDC.

Avec insistance, le Peuple exhorte la Nouvelle Classe Politique, purifiée et recyclée, qu’après avoir emprisonné ses envies personnelles de ses acteurs, elle s’attèle à parfaire l’émergence d’un Congo où il fait beau et bon vivre et où il règne la justice sociale et la règle de l’égalité des chances.

Enfin, pour conclure et en guise de dernier rappel; à tous et à chacun des participants, nous disons qu’un bon père ou une bonne mère de famille, même en régime de responsabilité passive du géniteur (cas du Matriarcat), c’est celui ou celle qui surpasse son égocentrisme pour ne pas léguer en héritage à sa progéniture, un PASSIF ONEREUX, car, au plan matériel, les biens mal acquis ne profitent jamais; au plan moral, toutes les inimitiés créées font partie du lot et, enfin, aussi, pourquoi pas, au plan spirituel. Avoir omis de parler à son affection du Paradis et de l’Enfer, c’est-à-dire, du bien et du mal, est une abomination.

QUE DIEU BENISSE LA REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO

Le 20 Juillet 2013

Honoré KABENGELE MUZEMBA

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