Concertations nationales : Majorité-Opposition : l’épreuve de force !

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AAA4Le fossé qui s’était creusé entre la Majorité Présidentielle et l’Opposition au lendemain de la publication, en juin dernier, de l’Ordonnance présidentielle convoquant les « Concertations Nationales », s’est davantage élargi cette semaine. La goutte d’eau qui est sur le point de faire déborder le vase est l’annonce, par le présidium de ce forum, des thématiques et de la composition du Secrétariat technique de la structure susvisée.

Hormis l’UDPS qui ne se sent pas concernée par des « Concertations nationales » initiées par des institutions et animateurs dont elle conteste la légitimité depuis novembre 2011, toutes les autres sensibilités de l’Opposition exigent la mise en place d’un « Comité préparatoire paritaire mixte » Majorité-Opposition-Société Civile avant tout dialogue entre Congolais. Réagissant aux dernières décisions de Léon Kengo et Aubin Minaku portant fixation des thématiques et nomination des membres du Secrétariat Technique des « Concertations nationales », elles viennent de faire connaître leur refus de prendre part à des assises dont les modérateurs, le format, les thématiques, la durée, le budget ont été fixés par la Majorité Présidentielle seule, sans avoir au préalable consulté ses partenaires politiques et sociaux ni obtenu leur quitus.

En voulant opérer un passage en force dans la phase cruciale des préparatifs d’un forum national de tous les enjeux et de tous les dangers, la Majorité Présidentielle vient d’ouvrir un large front contre toutes les forces politiques opposées à un audit complaisant de l’état de la Nation et au recours aux palliatifs qui ne régleraient rien. Dans le contexte actuel des menaces généralisées de boycott, l’on se demande si la Majorité présidentielle va persister dans sa volonté d’opérer un passage en force. L’épreuve de force est en tout cas engagée et nul ne sait de quelle manière elle va se terminer. On sent l’ensemble de l’Opposition prête à faire bloc pour empêcher le camp adverse d’appliquer son agenda politique de conservation du pouvoir.

La crise congolaise reconnue par tous

 Pourtant, la crise multiforme qui secoue la RDC est reconnue par tous. La famille politique du chef de l’Etat ne nie pas cette réalité. C’est du reste après avoir évalué les conséquences du déficit de cohésion nationale que Joseph Kabila, dans son diagnostic sur l’état de la Nation dressé en décembre 2012 devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, avait levé l’option d’offrir aux Congolais l’opportunité de dialoguer en vue d’évacuer les zones d’ombre de la « maison commune ».

La communauté tant nationale qu’internationale s’accordent du reste sur l’impératif d’un dialogue interne inclusif entre les citoyens de ce pays si l’on veut qu’ils se reconnaissent dans les institutions de la République et leurs animateurs ; que les guerres récurrentes dans la partie Est du pays cessent ; que toutes les énergies nationales soient canalisées vers les projets de développement ; que la Nation congolaise redevienne une et indivisible.

Même si les cadres et militants de la Majorité Présidentielle soutiennent qu’ils n’entrent pas dans leurs intentions de perpétuer le statu quo, d’aggraver la fracture politique et sociale interne, de fragiliser le pays face aux ennemis de sa paix, de sa souveraineté et de son progrès socio-économique, leur discours ne convainc plus grand monde. Le doute quant à la volonté de Kinshasa de privilégier une solution pacifique de la crise est perceptible dans les propos de certains décideurs de la planète.

Tout dernièrement à Nairobi, lors du Sommet extraordinaire des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CIRGL (Conférence Internationale de la Région des Grands Lacs), le Secrétaire Général de l’ONU, Ban ki-moon, avait insisté sur le retour à un processus politique crédible comme condition sine qua non à la construction d’une paix durable dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Un tel message sous-entend que ceux qui sont appelés à organiser le nouveau dialogue intercongolais et à y participer ne devraient pas prendre les choses à la légère, au risque de sacrifier l’avenir et le devenir de tout un peuple.

Kimp

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