Comptes de la CENI : Nangaa doit lever les vraies équivoques

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Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI
Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI
Corneille Nangaa, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale indépendante que les confessions religieuses, sauf les Catholiques, proposent pour succéder à Apollinaire Malumalu. Photo CENI

L’affaire des comptes de la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante) logés à la BGFI et présentés comme avoir été tripatouillés par un réseau maffieux continue de faire couler encre et salive. Révélée par le quotidien belge « Le Soir », dans son édition du vendredi 28 octobre 2016, elle n’a pas encore fait l’objet d’un éclairage suffisant de la part de l’équipe dirigeante de cette institution d’appui à la démocratie. Le président de la CENI, Corneille Nangaa, présente comme ligne de défense une campagne de dénigrement menée contre son institution ainsi que le pouvoir en place à Kinshasa par des milieux politiques et financiers belges, qui seraient mécontents de l’attribution du marché de la fabrication des kits électoraux à la firme française Gemalco, au détriment de la belge ZTES, bénéficiaire du même marché pour le processus électoral de 2011.

Qu’à cela ne tienne ! Le doute persiste dans de nombreux esprits. Ce qui fait le plus tiquer, c’est son explication relative à la contrainte représentée par la présence des francs congolais dans le compte évoqué par Jean-Jacques Lumumba, ancien cadre de la BGFI, qui auraient constitué un élément de blocage dans des transactions que la CENI devait conclure en monnaie étrangère, ce qui aurait contraint son staff à contracter un prêt de 25 millions de dollars et ouvrir un troisième compte dans la même banque en vue d’un accès plus aisé à ce fond.
La question que les observateurs se posent est de savoir si la BGFI n’était pas en mesure de débiter le compte de la CENI à l’équivalent des montants en dollars, euros ou autre monnaie étrangère indispensable à ses transactions avec ses partenaires. A ce propos, le premier cambiste du coin vous dira qu’il n’y a rien de plus simple que de convertir des francs congolais en dollars ou en euros au taux du jour ou vice versa, selon la volonté du client, surtout si ce dernier est liquide. Ce type d’opérations est courant non seulement sur le marché parallèle mais aussi dans le secteur bancaire.
            Dès lors, l’on ne peut que s’étonner d’entendre le président de la CENI évoquer la difficulté de mouvementer le compte libellé en francs congolais. Si le fameux compte existe réellement et s’il est suffisamment approvisionné, c’est-à-dire à hauteur de 54, 1 millions de dollars américains, le problème de la parité Franc/Dollar ne devrait pas à priori se poser. Il appartient à Corneille Nangaa d’apporter un nouvel éclairage à l’opinion congolaise et internationale pour que l’on saisisse la raison fondamentale ayant contraint son institution à s’endetter alors que son compte n’était pas au rouge.
            L’on ne cesse également de s’interroger au sujet des francs congolais logés à la BGFI et devenus subitement inaccessibles alors que le personnel de la CENI est payé en monnaie nationale. Fallait-il également recourir aux devises pour  assurer la rémunération des cadres et agents de cette institution d’appui à la démocratie ? Il y a là quelque chose qui cloche dans le dossier relatif à l’utilisation des fonds électoraux et qui exige visiblement une enquête parlementaire.              Kimp

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