Complicités internes ?

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 Les observateurs estiment que ce n’est pas le fait du hasard si la Monusco a tenu à signaler, au cours de son point de presse d’hier mercredi, la présence supposée des rebelles Enyele dans un village perdu de la province de l’Equateur. Une telle information porte à croire qu’il existe des indices en rapport avec la renaissance de la nébuleuse Enyele. A ce propos, plusieurs questions se bousculent dans les esprits.

            La première est celle de savoir si les nouvelles livrées en son temps par des officiels, civils comme militaires, à l’échelle nationale comme provinciale, à la population de Mbandaka en particulier et de l’Equateur en général quant à l’anéantissement total de ces insurgés étaient fondées. Leur gourou, un certain Adjani alias Etoko, annoncé comme arrêté tantôt à Dongo (RDC), tantôt à Ipmfondo (Congo/Brazzaville) parait s’être volatilisé dans la nature. Au regard du flou qui a entouré le dossier des Enyele, l’on devrait s’interroger sur le mécanisme utilisé par ceux-ci pour ressurgir du néant, quelques mois seulement après leur déroute militaire à Dongo et Mbandaka.

            D’aucuns sont tentés de croire que nombre d’insurgés Enyele auraient échappé au travail de nettoyage entrepris par les FARDC et la police dans toutes les contrées où ils s’étaient implantés à moins qu’un nouveau recrutement soit en cours. Dans ce cas aussi, on peut déplorer la fracture apparue entre les autochtones et les forces de l’ordre ou de sécurité, en raison notamment de nombreuses dérives constatées dans les opérations de sécurisation de Mbandaka et de Dongo, au lendemain des attaques de ces hors-la-loi.

            Les Enyele, selon plusieurs sources militaires et civiles, seraient des paysans dont l’arsenal militaire était rudimentaire, qui comptaient plus sur les fétiches que sur l’art de la guerre pour conquérir quelques villages et s’aventurer à Mbandaka. Que l’on apprenne aujourd’hui qu’ils seraient en train de battre le rappel des troupes ne peut qu’intriguer. D’où cette question : qui les parraine, les armes et les finance ?

            Logiquement, sans appui politique ou diplomatique, sans armes et sans argent, les Enyele auraient dû cesser définitivement d’xister, après la « gifle » leur donnée par les FARDC en octobre 2009 à Dongo et en avril 2010 à Mbandaka.

            De nombreux compatriotes sont en droit de se demander s’il n’existerait pas un complot visant la déstabilisation de la RDC avant le nouveau round électoral de 2011-2013, avec le concours des complicités internes et externes. A propos des cas de traîtrise, on rappelle qu’ils avaient constitué la trame du procès organisé en avril 2010 à  Mbandaka, avec de lourdes condamnations prononcées contre des ennemis de la paix, civils comme militaires.

            Mais, manifestement, la patrie est toujours en danger. Alors que Le Phare s’interrogeait hier sur la participations des millions de compatriotes du Maniema, du Sud-Kivu, du Nord-Kivu et de la Province Oriental aux opérations de révision du fichier électoral et aux élections, en raison du climat d’insécurité permanente, l’Equateur est en passe d’allonger la liste des provinces non « partantes » pour le nouveau processus électoral.

            Ce qu’il faut souhaiter à présent, c’est que l’alerte de la Monusco soit prise au sérieux par les gestionnaires des dossiers sécuritaires de la République, au niveau tant du gouvernement central que de l’Etat-major général des FARDC. C’est maintenant ou jamais de prévenir l’effet de surprise, comme on l’avait vécu l’année dernière à Dongo et il y a 5 mois à Mbandaka.                         Kimp

 

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