COMMUNIQUE DE PRESSE N°003/RDC/VSV/CE/2014

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 EXPLOSION DU DEPOT D’ARMEMENT A MBUJI-MAYI : L’ABSENCE DU CHEF DE L’ETAT SUR LE LIEU DUREMENT RESSENTIE PAR LA POPULATION

La Voix des Sans Voix pour les droits de l’homme (VSV) est choquée et consternée par les pertes en vies humaines ainsi que de nombreux cas de blessés et autres dégâts matériels causés par la énième explosion  d’une poudrière d’armes en République Démocratique du Congo (RDCongo), vendredi 24 janvier 2014 vers 13 heures, au camps Brigade militaire Nyongolo, sis dans la commune de Kanshi, à Mbuji-Mayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental.

Selon des sources officielles, ladite explosion d’armement survenue au cours d’une forte pluie qui s’abattait sur la ville aurait été provoquée par une foudre tombée sur le dépôt d’armement.

Un bilan lourd et provisoire fait état de plus de vingt morts (dont trois  corps en décomposition découvert au camp Brigade Nyongolo ce mardi 28 janvier 2014), des dizaines de blessés dont de cas graves. Des maisons résidentielles et bâtiments situés à proximité et aux alentours du camp Brigade militaire Nyongolo ont été soit incendiés, soufflés ou détruits par la forte intensité de déflagrations successives des munitions, obus et autres engins explosifs.

Les informations parvenues à la VSV font état d’environ quatre vingt-six (86) maisons détruites, jetant à la belle étoile de centaines de personnes dépourvues des moyens de subsistances.

Ce drame rappelle celui de l’aéroport international de N’djili où une poudrière construite dans les installations aéroportuaires a causé en avril 2000 la mort d’une centaine de personnes et provoqué la destruction des infrastructures.

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L’explosion de la poudrière du camp militaire Nyongolo repose avec acuité le problème de la gestion de dépôts d’armes et de leur installation à proximité des cités résidentielles en RDCongo.

La RDCongo aurait en principe dû tirer les leçons des tragédies semblables vécues à Kinshasa et en provinces ainsi que dans certains pays africains en prenant des mesures appropriées dont la délocalisation et l’éloignement des habitations de tous  les domaines militaires et les sites de stockage d’armement.

Tout en fustigeant le déficit des mesures appropriées pour la sécurisation des personnes et leurs biens, la VSV s’associe à la douleur qui a frappé de nombreuses familles endeuillées, les blessés, les rescapés et les sans abris à Mbuji-Mayi.

De même, compte tenu de l’ampleur de la tragédie et les nombreuses pertes en vies humaines, la VSV déplore le fait que le Chef de l’Etat n’ait pas personnellement effectué le déplacement de Mbuji-Mayi en vue de compatir au malheur ayant frappé une partie de la population congolaise comme cela se fait sous d’autres cieux.

En définitive, la VSV invite les autorités congolaises à :

–      ouvrir une enquête réellement indépendante sur les circonstances ayant occasionné ce drame en vue d’établir les responsabilités ;

–      mettre en place une commission ad hoc en y associant la société civile du Kasaï-Oriental pour identifier sans faille toutes les victimes;

–      assurer une prise en charge complète (soin médical et psychosocial) en faveur de toutes les victimes et indemniser ces dernières et/ou leurs familles pour tous les préjudices subis.

 

Fait à Kinshasa, le 28 janvier 2014.

 

LA VOIX DES SANS VOIX POUR LES DROITS DE L’HOMME (VSV)

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