Commentant la pièce « La guerre ou l’amour ? » : Mitendo , «Il faut parfois oser !»

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Les Intrigants ont procédé le mercredi 8 septembre 2010  à Ndjili  sur l’avenue Africain numéro 43,   à  la présentation en grande première de la pièce : « La guerre ou l’amour ? ».  Ecrite  au 4 ème siècle avant Jésus Christ par un poète de l’antiquité du nom d’Aristophane, «Lysistrata» vient d’être adaptée par le suisse Michel Faure et le dramaturge congolais, Kulumbi Nsin Mbwelia».de la troupe des Intrigants.

Le public clairsemé venu mercredi soir  au siège des Intrigants, est rentré satisfait mais s’est senti interpellé

            Dès l’entame du spectacle, on voit une dame du nom de Lisette s’impatienter. «Mais pourquoi les femmes ne prennent pas à cœur leurs problèmes ?  Si elles se joignent à nous, on ne parlera plus de guerre. Elles arrivent enfin sur le lieu. Non sans peine, Lisette leur fait comprendre qu’elles ont intérêt à contraindre les hommes à ne plus faire des guerres. Comment allons nous s’y prendre ? Nous ferons  la grève du sexe, répond Lisette. Dora, Lisette… scellent leur alliance autour d’un bidon de malafu.  Des femmes d’autres régions du pays , ne pouvant non plus supporter la tyrannie des hommes, se rallient à leur thèse.

Et quand le commissaire de police apprend cela, il est estomaqué. Il demande à deux de ses subalternes de se saisir de la cheftaine.

         Ils n’osent défier cette brave dame qui , ô comble de l’ironie, parvient même à ridiculiser le commissaire. Elle s’assied même sur son dos. Entre temps, les femmes ont barricadé la banque centrale et se sont emparées de la station de radio et de télévision publique.

         Ne voulant pas céder devant ces « gardiennes » de la maison, les hommes résistent.  Les revendications de la gent féminine sont claires : Les hommes se servent des guerres pour piller le trésor public. Les marchands des armes y trouvent aussi leurs comptes. En outre, elles réclament leur droit à participer à la gestion politique et économique du pays.

         De leur côté, Dora  , ne pouvant se passer longtemps de  Chaulapin , son mari, use du mensonge pour regagner son foyer. Lisette finit par lui demander de tenir bon.

Du côté des hommes, la situation devient intenable. En rut, ils viennent implorer la fin de la guerre de sexe. Leurs interlocutrices feignent de revenir à la raison. Et en profitent pour durcir leur position. Ne pouvant plus, longtemps supporter l’abstinence, ils  vont capituler. 

 Mitendo : « Il faut parfois oser »

         La pièce se termine par une réconciliation entre les hommes et les femmes. Chaulapin et consorts vont même danser en couple.

         Pour l’honorable Mitendo Mwadi, l’une des têtes pensantes de la Compagnie Théâtre des Intrigants, l’artiste doit parfois  oser. Et cela même si on est dans un pays où la religion tient une place importante dans la vie des gens.  Effectivement, les images projetées au public hier jeudi sont à la limite de la décence. Pour amener Chaulapin à « rentrer » dans le bon chemin, Dora ne s’est pas privée de se déshabiller à moitié.

         Revenons à l’honorable Mitendo qui a évoqué le drame survenu chez les Intrigants avec la disparition de la fille de leur directeur artistique. Mais par  respect pour  le public, Kulumbi s’est vu obligé de monter sur les planches le mercredi 8 septembre. Le monde du théâtre classique  a connu plusieurs cas analogues dans le passé, a-t-il souligné.

         Mitendo a dit aussi qu’ils apprêtent « Apnée ». Cette pièce sera présentée au public le 22 septembre 2010. Entretemps, ils ont redémarré leur partenariat avec Faure leur collaborateur depuis une vingtaine d’années.

         Scénographe, éclairagiste et metteur en scène, le Genevois Faure et les Intrigants ont mis au point les pièces comme « Misère », «  Le Président »…

         Lysistrate, bien qu’il choque certaines consciences  , est un sujet d’actualité. Il  nous  rappelle quelque peu la grève de sexe initiée par les Kenyanes en mai  2009. En outre, il se raconte que Pinochet aurait été poussé indirectement par son épouse à éjecter Salvator Allilende de la présidence du Chili. En effet, madame Pinochet aurait fait voir à son époux, officier de haut rang à l’époque dans l’armée chilienne, la nécessité qu’il y avait de faire quelque chose. D’autant plus qu’au début des années 70 la situation était chaotique  au Chili. 

      Jean- Pierre Nkutu

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